
Une forte réplique de 6,1 sur l'échelle de Richter a secoué Haïti mercredi 20 janvier 2010, semant la panique une semaine après la secousse tellurique, qui aurait fait entre 100 000 et 200 000 morts. L'aide humanitaire continue d'arriver dans la capitale haïtienne où l'armée américaine s'apprête à ouvrir une nouvelle piste d'atterrissage, à une quarantaine de kilomètres de la ville, pour soulager l'unique aéroport de la capitale. Les Etats-Unis se donnent encore une à deux semaines pour réhabiliter le port d'Haïti.
Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron
Il était à peu près 06H00 du matin à Port-au-Prince. C’est cette nouvelle réplique qui nous a réveillés. La secousse a été très courte, quelques secondes seulement mais d’une intensité jamais connue depuis le séisme de mardi 12 janvier.
Sur la place Saint-Pierre à Pétionville, dans les hauteurs de Port-au-Prince, les milliers de réfugiés qui campent toujours dans des conditions très précaires ont eux aussi été réveillés en sursaut comme en témoigne Toussaint Jeff, un étudiant de 19 ans.
« Cela a tremblé un peu ici. Tout le monde a pris la fuite. J’étais aussi sur la place, j’étais encore en train de dormir. J’ai été réveillé par le séisme. Et tout le monde était inquiet. Parmi les tremblements de terre qui se sont produits depuis celui de mardi 12 janvier, c’est le plus choquant ».
Prières, appels à Dieu, la ferveur religieuse a immédiatement gagné le camp, mais rapidement la tension est retombée. Déjà les Port-au-Princiens se renseignent sur les dégâts qu’à causé cette réplique et dans les heures qui ont suivi, les déplacés ont regagné leurs installations de fortune attendant toujours aide médicale et nourriture.
AFP / Nicholas Kamm
Jean-Philippe Chauzy, porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations
Huit jours après le séisme qui a frappé Haïti le 12 janvier, plus de 300 campements improvisés regroupent environ 370 000 sans-abri à Port-au-Prince. Ce sont des chiffres publiés mercredi 20 janvier 2010 par l'OIM (Organisation internationale pour les migrations).
Un afflux important de déplacés en provenance de la capitale est également signalé dans différents départements haïtiens, notamment dans ceux de Nippes, de Grand‘Anse et du Plateau Central.
Pour mieux venir en aide à ces déplacés, les organisations humanitaires réfléchissent actuellement à l'installation de camps d'accueil. C'est le cas dans la localité de Croix-des-Bouquets, à environ 13 kilomètres de Port-au-Prince.
Le porte-parole de l'OIM, Jean-Philippe Chauzy :
« Actuellement, il y a un contingent brésilien de la Minustah (Mission des Nations unies pour la Stabilisation en Haïti) qui est en train de préparer le terrain, donc on aura une installation de personnes déplacées sur ce terrain au cours des prochains jours, des prochaines semaines avec une capacité qui pourrait peut-être aller jusqu’à 100 000 personnes.
L’avantage, c’est qu’on pourra acheminer une aide et éviter l’éparpillement des efforts puisque, à l’heure actuelle, 300 et quelques campements spontanés qui se sont créés à Port-au-Prince et dans la périphérie de Port-au-Prince, ça complique énormément l’acheminement de l’aide humanitaire. Et là, avec un site à la Croix-des-Bouquets, au moins on pourrait faciliter l’acheminement de l’aide et faire en sorte que cette aide soit régulièrement acheminée auprès des personnes qui seraient donc dans ce camp de la Croix-des-Bouquets.
Il est bien évident qu’il faut aussi avoir une approche plurielle, par exemple essayer d’apporter une aide matérielle pour que les personnes puissent essayer de reconstruire les logements, notamment avec des bâches pour leur permettre de rester si possible. Et puis éventuellement, il s’agira de construire des abris temporaires, voire même des abris permanents, puisque la Banque interaméricaine de développement envisage de construire dans les prochains mois des logements pour abriter à peu près 30 000 personnes sinistrées ».
Strauss-Kahn appelle à un « plan Marshall » pour Haïti
Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a déclaré mercredi 20 janvier 2010 qu'il travaillait « avec tous les donateurs pour essayer d'effacer toute la dette haïtienne », appelant à « quelque chose qui soit beaucoup plus vaste pour traiter la reconstruction du pays : une sorte de plan Marshall ».
La reconstruction d'Haïti dévasté par le séisme du 12 janvier pourrait prendre au moins 25 ans, a déclaré mercredi l'ambassadeur de ce pays en Espagne, Yolette Azor-Charles.
La reconstruction d'Haïti sera notamment un des thèmes majeurs de la 40e édition du Forum économique mondial de Davos prévue la semaine prochaine en Suisse le gotha international des affaires et de la politique.
Par Stefanie Schüler