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Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.

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AFFAIRE MAMBE, MENACE DES JEUNES DU RHDP...: Blé Goudé : « Soro doit être plus courageux et démettre Mambé »

blegoude charlesLe PM n’a plus confiance en Mambé •On ne m’appelle pas dans la rue •On a posé un problème clair, on attend une réponse claire.
M. Blé Goudé, l’affaire de fraude à la Commission électorale indépendante chauffe à nouveau le pays et les jeunes de l’opposition veulent en découdre avec le pouvoir. A quoi faut-il s’attendre ? Mais à quoi voulez-vous vous attendre ? A ce que je réponde aux enfantillages des KKB (Kouadio Konan Bertin, président des jeunes du PDCI : ndlr), Yayoro Karamoko (président des jeunes du RDR : ndlr) et autres ? Vous savez, il y a des silences qui sont des silences, de responsabilité. C’est un appel que je lance à travers mon silence à mes camarades KKB, YAYORO et autres. Mais je vois que c’est KKB qui s’agite le plus. Après avoir frappé de hauts responsables du PDCI, après s’être levé contre certains membres de son bureau de la jeunesse du PDCI, KKB dit aujourd’hui qu’il attend la jeunesse de La Majorité Présidentielle (LMP) dans la rue. Mais moi, je lui répondrai autrement. Cela dit, jusqu’à ce jour, j’en suis à me demander ce que KKB revendique.

KKB et ses camarades protestent notamment contre la caporalisation de la RTI par le pouvoir et ses satellites. Souvenez-vous que c’est le PDCI qui bâillonnait la RTI en son temps. KKB et le PDCI sont donc mal placés pour parler de caporalisation de la RTI. Souvenez-vous que Ali Coulibaly, qui est aujourd’hui au RDR, a été renvoyé de la RTI par le PDCI parce qu’il avait reçu Laurent Gbagbo, alors dans l’opposition, à une émission à grande audience. Il faut rappeler à KKB les pratiques antidémocratiques de son parti. La journaliste, Odette Sauyet, avait été renvoyée de la RTI parce qu’elle avait déclaré son appartenance au FPI. Le journaliste Paul Dokui, parce qu’il est du FPI avait été bâillonné par le PDCI en son temps. Mais aujourd’hui, sous Laurent Gbagbo, tous les journalistes, déclarés ou non cadres du PDCI, sont encore à la RTI. Il y en a même que nous soupçonnons d’être du RHDP et qui ont de hautes responsabilités à la RTI sous Gbagbo. De quoi parle - t- on ? Le PDCI n’a pas de leçon de démocratie à faire à qui ce soit sur la libéralisation ou l’ouverture de la presse d’Etat à toutes les tendances.

Ce qui choque, c’est que M. Gbagbo, alors dans l’opposition, dénonçait la caporalisation de la RTI et aujourd’hui au pouvoir, lui et ses partisans ont pratiquement fait main basse sur les médias d’Etat. Pourquoi ? Mais de quoi vous parlez-là ? Dites-moi qui de l’opposition a voulu faire passer un message à la RTI et il lui a été refusé l’antenne. Dites-moi. C’est un mauvais procès que le PDCI et le RDR font à la RTI. Bédié et Ouattara restent, en effet, dans leur logique de coup d’Etat permanent. Sinon, ils n’ont qu’à s’informer auprès du Conseil national de la communication audiovisuelle (Cnca) pour voir si ce qu’ils pensent ou ce qu’ils croient de la RTI est fondé. C’est de la manipulation politique et nous ne tomberons pas dans ce piège.

Mais vous, Blé Goudé, vous êtes permanemment à la télévision nationale pour faire passer des messages, au contraire des jeunes de l’opposition qu’on ne voit pas souvent. Pourquoi deux poids deux mesures ? Vous voulez dire que, parce que je suis partisan du président Gbagbo, donc du côté du pouvoir, lorsque j’ai un message à passer à la RTI, je ne dois pas le faire passer, sous prétexte que je caporalise la RTI ? Vous voulez dire que si moi Blé Goudé, Dnca de Gbagbo chargé de la jeunesse, j’ai un message à passer à la télévision nationale, je dois d’abord attendre que KKB et Yayoro aient aussi leurs messages pour que tous, nous passions nos messages au même moment, à la même heure, voire au même endroit ? Vous voulez dire que je dois aller au même rythme d’activité politique que ces jeunes du RHDP ? Non, soyons sérieux. Je crois que la RTI a une feuille de route en cette période de paix, qui lui permet de diffuser tel ou tel message ou de ne pas diffuser tel ou tel autre fait. Aucune opinion n’a bloqué la télévision dans ce pays. Nous faisons les activités que la RTI juge utiles pour l’Etat. Donc la RTI fait passer nos messages. Nous sommes en train de construire la paix, donc nous faisons des activités de paix. La RTI les fait passer. Ceux qui viennent menacer l’Etat, ne peuvent pas menacer l’Etat à travers les instruments de communication de l’Etat, c’est tout. C’est aussi simple à comprendre.

S’agissant de la fraude à la CEI, pour laquelle vous réclamez la tête de Mambé, tout se complique avec la pression des jeunes de l’opposition sur le terrain...Les jeunes du PDCI et du RDR ne réussiront pas à faire plaisir aux directions de leurs partis à travers moi. On ne m’appelle pas dans la rue. Mes amis et moi allons dans la rue quand nous estimons que cela est utile. Nous avons dépassé cela. Ce stade de défis à lancer à l’endroit de celui-ci, à l’endroit de celui-là, nous avons dépassé cela. Il y a un temps pour manifester dans la rue et un temps pour construire la paix. Si KKB n’a pas compris cela, c’est qu’il n’est pas prêt à faire de la politique. Celui qui n’a pas tiré les leçons de cette guerre, c’est qu’il n’est pas prêt à faire de la politique, ou n’aime pas la Côte d’Ivoire. En tout cas, mes amis et moi, nous faisons nos déclarations, nous faisons nos meetings éclatés, mais nous ne prendrons pas la rue, parce que nous estimons que ce n’est pas le moment.

N’est-ce pas vous qui, le premier, avez menacé de descendre dans la rue ? Moi je n’ai jamais menacé, dans cette affaire de fraude, de descendre dans la rue. Je le dis et l’assume. J’ai posé un problème clair. Beugré Mambé s’est permis, en dehors de toutes les procédures légales, en dehors du mode opératoire, de faire des croisements parallèles qui ne répondent à aucune norme. Il a été dénoncé en interne à la Commission électorale indépendante (CEI), il a été dénoncé à la Primature. Idem par la jeunesse de La Majorité Présidentielle. Nous lui demandons simplement de démissionner, parce que nous voulons une CEI crédible pour cette élection de sortie de crise. C’est ce que l’opposition devait vouloir aussi. Maintenant que Bédié et Ouattara mettent les jeunes dans la rue pour défendre Beugré Mambé, que défendent-ils ? Défendent-ils un fraudeur, veulent-ils tricher ? Moi j’ai posé un problème clair et le problème que j’ai posé, je me rends compte que la Primature est en train de travailler à cela.

Justement, parlant de la position de la Primature, Guillaume Soro souffle le chaud et le froid et donne finalement raison à tous les camps. Comment l’expliquez-vous ? Les 429000 cas litigieux en question n’ont pas été inscrits sur la liste électorale. Mambé a été pris la main dans le sac, parce que l’opérateur technique Sagem n’a pas été associé à cette opération frauduleuse de Mambé. Quand Soro dit que Beugré Mambé a fait des croisements parallèles pour sa propre gouverne, mais on ne fait pas un croisement parallèle pour sa propre gouverne avec les moyens de la CEI. Un croisement parallèle pour sa propre gouverne pour quoi faire ? Voilà la question qu’on se pose. Alors pour sa propre gouverne, Beugré Mambé envoie 70 Ingénieurs à l’intérieur du pays avec des CD Rom, des ingénieurs dont les frais de mission sont payés par les moyens de la CEI. Mais pourquoi ? La CEI n’est pas un instrument personnel à la disposition de Beugré Mambé. Il ne faut pas que les gens nous prennent pour des idiots. On ne peut pas défendre l’indéfendable. Je pense que tout ce que je tire du discours du Premier ministre Soro Guillaume, c’est qu’il reconnaît que Beugré Mambé a fait du faux. S’il ne le reconnaissait pas, quel est le sens du comité de suivi que Soro a mis en place ? La mise en place même du comité de suivi est la preuve que Soro n’a plus confiance en Beugré Mambé. Donc il confirme notre position. Mais, que le Premier ministre soit un peu plus courageux et qu’il démette Beugré Mambé.

Mais le président de la CEI refuse de démissionner... Cela est un problème d’éthique. Un fraudeur, un tricheur comme Beugré Mambé, qui a été pris la main dans le sac mais qui dit qu’il ne démissionne pas, cela veut dire que c’est un monsieur de peu d’honneur ; c’est un monsieur de peu de dignité qui s’accroche à un poste qu’il n’avait jamais imaginé avoir dans sa vie. Mais une chose est claire, c’est que le monde entier sait aujourd’hui que Beugré Mambé est un tricheur et qu’il ne mérite pas d’organiser les élections en Côte d’Ivoire. C’est tout.

M. Mambé réclame d’ailleurs une enquête de l’ONU pour tirer les choses au clair. Qu’en pensez-vous ? Pourquoi en Côte d’Ivoire, lorsqu’il se pose un problème, on veut jouer les gens qui sont colonisés dans l’esprit. Mambé a un problème dans son pays, c’est l’Etat de Côte d’Ivoire, au nom duquel il travaille, qui a diligenté une enquête à l’effet de clarifier les choses. Mais ce n’est pas l’ONU qui a nommé Beugré mambé président de la CEI et qui le paye à ce titre. L’argent qu’il reçoit pour travailler provient des caisses du trésor ivoirien et non des caisses de l’ONU. Il faut que cela soit su, parce qu’on ne peut pas vouloir une chose et son contraire à la fois. En réclamant une enquête de l’ONU dans cette fraude, Mambé est en train de nous dire que c’est cette organisation mondiale qui l’a envoyé en mission pour tricher. Mambé est certainement convaincu que, quand les enquêteurs de l’ONU arriveront, ils le blanchiront. Il est en train de nous révéler ceux qui l’ont mandaté. Mais il doit comprendre qu’il fait la honte de la Côte d’Ivoire et de la CEI et qu’il doit démissionner de lui-même. Ce serait encore mieux.

Les jeunes du RHDP projettent une marche le 26 janvier. Que craignez-vous ? Que voulez-vous que je craigne ? Il n’y a rien en face qui puisse nous effrayer. D’ailleurs, nous n’avons pas de riposte à porter à la jeunesse du RHDP. Cette jeunesse ne marche pas contre nous, elle marche contre l’Etat de Côte d’Ivoire. Elle aura en face d’elle l’Etat de Côte d’Ivoire. Vous savez, les KKB et autres, qui ont des problèmes dans leurs partis, veulent se faire voir. Mais quelqu’un qui prend une lame et qui déchire son habit, comme KKB l’a fait la dernière fois, juste pour dire que la Police l’a molesté en vue d’attirer l’attention des gens sur sa personne, c’est un plaisantin. KKB veut qu’on le mette en prison, mais je crois que personne ne le mettra en prison, parce que Gbagbo Laurent ne met pas les gens en prison. KKB et autres veulent défier Blé Goudé pour qu’on dise d’eux qu’ils sont forts. Moi j’ai dépassé tout ça, tout cela est derrière moi. Si la marche des jeunes de l’opposition est autorisée, si elle est légale, mais l’Etat va autoriser qu’ils marchent. Moi, cela ne me gène pas du tout que les jeunes du RHDP manifestent. Tout ce que je demande aux jeunes patriotes et à la jeunesse de La Majorité Présidentielle, c’est de s’abstenir de tout mouvement de rue. Cette jeunesse a posé un problème clair de tricherie dont Mambé s’est rendu coupable. La jeunesse de La Majorité Présidentielle veut une commission électorale qui soit véritablement indépendante. Cette jeunesse demande que le scrutin à venir soit un scrutin transparent pour que les résultats ne soient pas contestés. Cette jeunesse a utilisé les canaux qu’elle estimait être les meilleurs pour pouvoir se faire entendre. On voit que les religieux sont au four et au moulin. En tout cas, l’Etat de Côte d’Ivoire est en train de travailler pour clarifier cette affaire. On a vu la mise sur pied d’un comité de suivi, tout cela est nouveau. Pour nous, la rue n’est pas le seul moyen de pression. Ceux qui veulent prendre la rue, qu’ils la prennent. Mais en tout cas nous demandons à la jeunesse de La Majorité Présidentielle de s’abstenir de tout mouvement de rue.

Vous étiez à Abengourou, le week-end dernier, où vous auriez humilié le grand planteur Bléoué Aka. De quoi s’agit-il ? Il faut demander aux auteurs de ces articles de dire aux Ivoiriens de quoi ils parlent exactement. Sinon moi, j’ai été effectivement invité par les planteurs de Côte d’Ivoire, à Abengourou. J’ai été invité par les doyens Bléoué Aka, et Sansan Kouao, et j’ai été accueilli par eux dans la Cour royale à Abengourou. J’ai été reçu par le Roi d’Abengourou en présence du ministre de la Défense Michel Amani, du ministre d’Etat Bohoun Bouabré, en présence des députés Assoa Adou et Appiah Kabran et de toutes les autorités du monde agricole dont j’étais l’invité spécial. J’ai tenu un meeting comme il se devait. Et je pense que la manifestation d’Abengourou a été une réussite. Informez-vous auprès du doyen Bléoué Aka. Je vous demande de l’appeler, il vous dira que Blé Goudé ne l’a jamais humilié à Abengourou. Ce sont des fadaises que des gens racontent. J’ai été invité par les planteurs à Abengourou et J’ai été reçu par le Roi. Que les planteurs, ceux-là mêmes qui font la fierté de l’économie de la Côte d’Ivoire m’invitent, c’est un honneur pour un jeune que je suis. Honneur qui rejaillit sur l’ensemble des membres de la Dnca de Gbagbo chargée de la jeunesse. C’est peut-être cela qui fait mal.

Comment voyez-vous la suite des événements politiques qui secouent à nouveau le pays avec l’affaire de la CEI ? Vous savez, toute action politique s’inscrit dans un concept bien précis. Toute activité politique est sinusoïdale et s’adapte au moment précis. En politique, il n’y a pas de bonne décision, tout comme il n’y a pas de mauvaise décision. Il y des décisions opportunes ou inopportunes. Au moment où, en 2002, on avait appelé les Ivoiriens dans la rue pour sauver le pays, mes amis et moi nous y étions. Nous n’avions pas rempli que des salles, nous n’avions pas rempli que des terrains de quartiers. Mais nous avions rempli tout le pays. Dans toutes les rues, dans tous les coins et recoins de la Côte d’Ivoire, nous avions manifesté et nous avions fait reculer une grande armée qui est l’armée française avec des chars et des hélicoptères. Mais ce temps-là est passé. Donc je ne suis plus à ce stade. Je suis à un stade où, avec mes amis, nous sommes en train de construire la paix, de rapprocher les esprits, de rendre la Côte d’Ivoire aussi comme chez les Européens où la démocratie règne, où les commissions électorales ne trichent pas. Donc j’ai posé un problème clair, je veux une réponse claire. C’est pourquoi je demande à Soro d’aller un peu plus loin et d’être courageux. Moi j’ai connu Soro à la Fesci. A la Fesci, on est courageux, on n’est pas à la fois à gauche et à droite. Pourquoi il a donc mis en place un comité de suivi qui, aujourd’hui, a voix délibératrice et qui intègre toutes les autres structures électorales. Cela veut dire que la confiance avec Mambé est rompue. Quand la confiance est rompue avec le premier responsable en charge de l’organisation des élections, on le démet. Soro ne doit pas caresser Mambé. C’est cela que nous demandons. Quant à KKB et consorts, laissez-les jouer dans la poubelle, laissez-les jouer avec les enfants. On ne joue plus sur le même ring.

Par TRA BI Charles L.
http://www.linter-ci.com
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