Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Boycotté par l’Anc et le Car et largement dominé par les partisans du statut quo, cooptés par le pouvoir, le Cpdc fait du surplace. Après plus de deux mois de travaux, aucun consensus n’a été trouvé sur les sujets inscrits à son ordre du jour.
Le rythme des séances arrêté par rapport à l’urgence des réformes constitutionnelles et institutionnelles à mettre en œuvre dans la perspective de la tenue des élections législatives à l’horizon d’octobre 2010, est suffisamment symptomatique du manque de volonté du pouvoir de parvenir à un consensus qui garantisse la tenue d’élections consensuelles, transparentes et apaisées. « L’évolution des travaux ne montre aucune ouverture politique de la part du Pouvoir RPT/AGO emmuré dans des calculs politiciens qui font fi de l’exigence accrue de liberté, de démocratie directe et de prospérité partagée de notre peuple », vient de constater le président de Obuts dans une lettre ouverte adressée au peuple togolais, le 19 novembre 2011.
Dès l’entame des travaux, le parti de Agbéyomé Kodjo et celui de Dahuku Péré ont élaboré une plateforme dans laquelle ils ont proposé une chronogramme visant à crédibiliser les travaux au sein du cadre et à permettre d’entamer la réalisation des réformes en tenant compte de la cruciale échéance électorale de 2012. Plus d’un mois plus tard, ces propositions n’ont jamais fait l’objet de discussions au Cpdc. Ce que déplore dans sa lettre, l’ancien Premier ministre. Après un constat d’échec sur le choix d’un régime politique, les membres du Cpdc ont entamé les échanges sur les conditions d’éligibilité du Président de la République.
« Le débat de fond sur les questions cruciales telles que la limitation avec effet immédiat à 10 années successives du mandat présidentiel dans l’esprit de la Constitution de 1992, le redécoupage électoral sur des critères démographiques, une CENI technique et administrative, les conditions de transparence électorale pour garantir la vérité des urnes, les mesures sociales d’allègement de la vie chère et du panier de la ménagère, le droit de vote de la diaspora entre autres , sont ainsi occultées et risquent d’être évacuées à en juger par le piétinement actuel des travaux », constate Agbéyomé Kodjo dans sa lettre ouverte avant d’avertir, « dans ce contexte, et conformément à notre ligne politique de n’épouser que ce qui va dans l’intérêt supérieur de la Nation, nous nous réservons le droit de suspendre notre participation aux travaux du CPDC rénové étant donné le refus délibéré de Faure GNASSINGBE et de la Nomenklatura de prendre en considération les légitimes aspirations des Togolais et l’environnement géopolitique mondial actuel. Notre décision mûrie sera à l’aune de la qualité des travaux lors des prochaines séances du CPDC ».
L’ancien cacique du système-Rpt et ministre de la sécurité au moment des massacres du Fréau Jardin, Agbéyomé Kodjo a également saisi cette occasion pour donner son appréciation sur le travail de la Commission Vérité, Justice Réconciliation (CVJR) qui vient de boucler la phase de ses auditions publiques. « Comme il fallait s’y attendre malgré les preuves établies, la CVJR censée être une justice transitionnelle, n’a pu assumer avec le courage nécessaire sa mission première de rétablissement de la vérité. Elle aurait dû auditionner la Haute hiérarchie militaire de l’époque, notamment le Ministre de la Défense Nationale, le Chef d’Etat major des Armées, de même que les leaders du Haut Commandement des Associations et Mouvements Estudiantins (HACAME) au moment des faits ; ceux-ci étant incriminés sans équivoque dans des rapports » établis par des organisations internationaux ainsi que la Commission Nationale des Droits de l’Homme sur cette tragédie. « La CVJR n’a pu apporter des réponses claires à la triple interrogation de la Nation, à savoir qui est le commanditaire du carnage et quelle en est la motivation, et qui sont les tueurs ! », a-t-il regretté réitérant une fois encore sa compassion aux familles éplorées après avoir reconnu sa responsabilité morale en sa qualité de ministre de la sécurité d’alors.
« Dans un souci de cohésion des forces de l’alternance et du changement démocratique, je ne répondrai pas à la diversion et aux provocations du Professeur GNININVI. Toutefois, l’histoire retiendra qu’en ce funeste jour pour notre pays, je n’ai pas été un spectateur impassible mais que j’ai pris le risque d’avertir le Professeur GNININVI des graves choses que fomentaient certains individus du camp auquel j’appartenais », a-t-il souligné. Dans l’opinion, se dégage l’impression que les différents acteurs se contentent de vérités partielles et partiales ou d’interrogations tendancieuses, au mépris de la souffrance des togolais et au détriment de la nécessité de la vérité pour que justice soit faite en vue de parvenir à une réconciliation sincère.
Aghu,KOACI.COM LOME