Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres nous dit un adage populaire et bien connu sous les tropiques, particulièrement à Abidjan. En effet, pendant que dans les foyers les familles cris leur ras-le-bol face au manque d’eau qui s’ajoute aux coupures régulières de courant, quelques opportunistes voient en cette situation, une véritable aubaine pour se faire du sou.
A quelque chose malheur est bon dit-on souvent. Et c’est le cas en ce moment pour certains ivoiriens résidant à Abidjan. Le déficit en eau potable qui frappe toutes les communes de la capitale depuis Cocody jusqu’à Yopougon profite à plusieurs qui voient en cette circonstance, l’occasion rêvée de faire des affaires juteuses. En effet, plusieurs jeunes profitent du malheur des populations qui souffrent pour trouver de l’eau potable pour se faire de l’argent. Au titre de ceux qui voient leur business prospérer en ce temps de crise d’eau
figurent les vendeurs de bidon et de barrique. Qui des vendeurs Haoussa qu’on retrouve à "Yop City la belle" au carrefour zone ou encore tout au long de la clôture qui longe le cimetière ne se frotte les mains dans cette conjoncture. Tous les jours, ce sont des dizaines de client qui arrivent qui pour une barrique de 200 litres, un bidon de 20 litres ou encore pour un fût de 2000 litres.
Généralement, la préférence des clients porte sur les bidons de 20L dont le prix est à la portée de tous (entre 400 et 700 f Cfa). Le plus avantageux aurait été certainement de pouvoir se procurer un fût de 1000 ou 2000. Mais à ce niveau, il faut débourser entre 60.000 et 100.000 f CFA, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Pour les hôtels, les boulangeries et les cliniques, ce type de contenant convient compte tenu de leur grande capacité de réserve d’eau.
Au niveau des barriques, les prix varient entre 5000 f CFA et 20.000 f CFA selon le type (métal, caoutchouc), la capacité (50, 60, 80, 100 jusqu’à 240) et la commune de résidence. Si vous faite un tour dans les communes comme Abobo ou Yopougon, vous n’aurez aucun mal à vérifier que ce business a le vent en poupe. Dans chaque maison, des piles de bidon de 20 L et une ou deux barriques font partie intégrante des ustensiles de premier ordre.
S’il y’a une autre catégorie de personnes qui gagne dans cette affaire, ce sont bien les porteurs. Pour la majorité, ce sont des jeunes au chômage qui n’ont pas hésité à concurrencer les étrangers qui sont nombreux dans ce métier occasionnel mais rémunérateur. Pour être porteur d’eau, il suffit juste d’avoir une brouette, une charrette ou un pousse-pousse communément appelé wotro en Côte d’ivoire. Le reste est question de gabarit et de courage. Pour percer dans ce domaine, il faut au préalable faire de la prospection, c’est-à-dire répertorier les cours et les familles dans le besoin et s’engager à leur fournir régulièrement à domicile de l’eau potable en raison de 100 francs le bidon de 20L ou 1500 à 2000 f CFA la barrique d’eau. Une fois la liste des clients dressée, le reste consiste à trouver un point d’eau pas très loin et ravitailler ses consommateurs. A yopougon, les porteurs sont visibles dans toutes les rues derrière leur poussette.
En ces temps difficiles où trouver un emploi équivaut à chercher une aiguille dans une botte de foin, les jeunes ivoiriens ont compris qu’il ne fallait pas rester les bras croisés et attendre que la manne tombe du ciel. Aussi sont-ils de plus en plus nombreux à s’orienter vers ce secteur, né avec la pénurie d’eau potable en sur les bords de lagune Ebrié. Reste à ces jeunes d’y mettre un minimum de sérieux et d’organisation pour être d’avantage utiles aux ménages.
SOURCE: HTTP://WWW.KOACI.COM