Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Les femmes qui ravitaillent le marché abidjanais en vivres, communément appelées « Lôgô-dougou », sont de grosses victimes de la situation post-crise que vit la Côte d’Ivoire. Elles sont obligées de braver les coups de canon pour se rendre en brousse (à l’intérieur du pays) à la recherche de marchandises pour nourrir les populations abidjanaises, parfois au prix de leur vie.
La crise que traverse la Côte d’Ivoire met dans une situation inconfortable les dames qui approvisionnent le marché abidjanais en vivriers. « Nous avons beaucoup de difficultés en ce moment. On ne peut pas aller en brousse régulièrement à cause de la situation du pays. Même lorsqu’après maintes difficultés, nous réussissons à partir, les propriétaires de camions remorques refusent d’aller nous chercher à cause des tracasseries routières qui se multiplient. Or, nous n’avons pas, pour la plupart d’entre nous, nos propres camions. Conséquence, les marchandises déjà achetées pourrissent comme c’est généralement le cas. Ce qui constitue pour nous une grande perte », explique Mme Cécile Kouakou, grossiste au grand marché de Koumassi.
Une autre préoccupation de ces dames est qu’elles ne peuvent plus prendre les marchandises à crédit comme par le passé. « Avant, on achetait à crédit (à défaut du cash flow) auprès des producteurs et on ne leur reversait l’argent qu’après vente ; mais avec la situation de crise et surtout avec la fermeture des banques, tout le monde a besoin d’argent liquide et aucun producteur ne veut accorder du crédit », indique Mme Yaba Djénébou. A cela s’ajoute le fait que ces « pauvres » femmes ont d’énormes difficultés pour entrer dans leurs fonds après la vente. « Nos clients qui prennent les produits avec nous pour les vendre en détails ont des problèmes pour payer leur dette ; car rien ne marche actuellement. En plus, les marchés sont très souvent fermés à la moindre manifestation de sorte que parfois le produit livré, soit n’est pas vendu soit ne peut être vendu à temps ». Une situation qui, évidemment, a des répercussions sur ces grossistes.
Notons par ailleurs que certains produits qui constituent une part importante de leurs marchandises, notamment la graine, la banane plantain qui sert à faire de l’alloco (mets prisé par les Ivoiriens), n’ont plus assez de clients ; car le prix du charbon de bois et de la bouteille de gaz est en hausse.
Eugène YAO - ekyci1@yahoo.fr
Source: http://www.fratmat.info