Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Le président Compaoré qui avait quitté la capitale dans la nuit du 14 au 15 avril 2011 pour sa ville natale est rentré en fin de matinée à Ouagadougou, selon son entourage. Mais des dizaines de soldats étaient encore dans les rues à Ouagadougou ce vendredi matin. Des témoins signalent encore des tirs en l'air, d'autres des pillages.
Selon les témoins joints par RFI, des soldats écumaient encore ce vendredi matin les rues de Ouagadougou. Certains arrêtent et volent des véhicules, d'autres tirent en l'air et pillent. Des magasins d'électroménager, de téléphonie, et de deux roues ont notamment été visés. Le grand marché s'est vidé, toutes les boutiques ferment.
Le mouvement a commencé jeudi soir dans une caserne de la garde présidentielle située dans l'enceinte du palais du président Compaoré. Des éléments ont tiré à l'arme lourde et légère. De source bien informée, ils étaient une centaine à l'origine, et le chef de l'Etat a dû être conduit vers sa ville natale, à une trentaine de km de la capitale, par mesure de sécurité.
Selon des sources militaires, ils réclament le paiement d'indemnités de logement, mais leurs revendications sont encore floues.
Des discussions auraient débuté
Quoi qu'il en soit, le mouvement s'est étendu dans la nuit à une autre caserne de la garde présidentielle. Là, le domicile du chef d'état-major particulier du président, le général Diendéré, a notamment été incendié, de même que celui de deux autres officiers.
A partir de là, ces éléments de la garde présidentielle en colère sont sortis en ville, rejoints ensuite par des militaires de trois autres camps de la capitale : Guillaume Ouédraogo, Sangoulé Lamizana et le camp 11-78.
A la mi-journée, des discussions auraient débuté entre la hiérarchie militaire et les mutins de la garde présidentielle. Le chef de l'Etat, Blaise Compaoré, est de retour en son palais. Selon une source à la présidence, il devait y rencontrer le représentant de Ban Ki-moon en Côte d'Ivoire en début d’après-midi. Les deux hommes avaient rendez-vous.
Le malaise profond du régime de Compaoré
Hier soir, les fidèles de Blaise Compaoré, ont cherché à minimiser les évènements. Interrogé, un officier affirmait que ce sont de jeunes militaires « qui sont en train de faire n’importe quoi », et d’ajouter que « ces jeunes tirent pour protester contre le non-paiement d’une indemnité de logement ».
Il faut cependant rappeler que les éléments du régiment présidentiel sont choyés et les mieux payés des militaires burkinabè.
A la fin du mois de mars, c’est plusieurs garnisons dans le pays qui étaient rentrées en mutinerie, un mouvement qui avait été précédé par des manifestations d’étudiants réprimées. Plus près de nous, le 8 avril dernier, des dizaines de milliers de Burkinabé ont manifesté à travers le pays.
Entre ce front de la société civile et ce front ouvert au sein même de la garde présidentielle et de l’armée, le régime de Blaise Compaoré n’a jamais été aussi fragilisé et vacillant.
Source: rfi.fr