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Les ministres des affaires étrangères du "groupe de contact" sur la Libye se réunissent, mercredi 13 avril à Doha, afin d'évoquer la situation diplomatique et militaire dans le pays, où les affrontements entre partisans de et opposants à Mouammar Kadhafi font rage depuis près de deux mois. Constitué lors de la conférence de Londres, le 29 mars, ce "groupe de contact" doit piloter l'aspect politique de l'intervention alliée.
Les rebelles libyens, invités pour la première fois à ce sommet au sein du Conseil national de transition (CNT), tenteront d'y obtenir une reconnaissance internationale, tandis que certains membres de la coalition, notamment la France et la Grande-Bretagne, auront à cœur de négocier une participation plus importante de l'OTAN aux frappes aériennes. Le ministère des affaires étrangères italien a d'ores et déjà indiqué que son pays souhaitait fournir des armes aux rebelles.
Peu avant l'ouverture de la réunion, le ministre des affaires étrangères britannique, William Hague, a annoncé que les pressions pour obtenir le départ de Kadhafi allaient "s'intensifier" : "Il est impossible pour quiconque d'envisager un avenir viable pour la Libye avec le colonel Kadhafi au pouvoir", a-t-il aux journalistes. L'Allemagne, elle, a indiqué qu'elle ne "voit pas de solution militaire" à l'horizon.
"PASSER À UNE RECONNAISSANCE LÉGITIME"
La tâche s'annonce délicate pour les insurgés, puisque les Etats-Unis ne seront représentés à Doha que par William Burns, secrétaire d'Etat adjoint pour les affaires politiques. Le CNT n'est pour l'instant reconnu que par trois pays, la France, l'Italie et le Qatar, mais sa délégation conduite par son représentant international, Mahmoud Jibril, devrait être entendue pour la première fois lors de la séance plénière du groupe de contact.
Mahmoud Chammam, membre du CNT, a également appelé l'administration américaine à "libérer les fonds" du régime de Kadhafi, gelés aux Etats-Unis et estimés selon lui à 30 milliards de dollars, "pour soutenir le peuple libyen". Parmi ses objectifs, le CNT attend aussi "une protection des civils libyens bombardés" par les forces loyalistes et "une assistance militaire", a-t-il ajouté.
William Hague a de son côté indiqué que le groupe de contact allait étudier "un mécanisme de financement pour aider à maintenir les services de base dans l'est de la Libye, dans les zones contrôlées par les rebelles, de façon à ce que la vie continue". La Grande-Bretagne n'envisage pas de contribuer à ce fond, mais escompte que les pays arabes, notamment les pays du Golfe y contribueront.
Les rebelles, pour qui le départ du colonel Mouammar Kadhafi et de ses fils de Libye est un préalable à tout règlement politique, ont en outrecritiqué l'OTAN pour "la lenteur des opérations" militaires depuis que l'Alliance atlantique a pris le contrôle le 31 mars.
Source: http://www.lemonde.fr