Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
L'Association des Femmes du Grand Marché de Makola à Accra, condamne l'ancien Président Jerry John Rawlings pour avoir cherché à justifier la flagellation publique subie par les femmes du marché lors de l’insurrection du 4 Juin 1979. Au Campus de l’Université de Legon le vendredi dernier, Rawlings a déclaré aux étudiants qu'il avait cautionné la flagellation publique des commerçantes parce que certaines d'entre elles avaient jeté leur urine contre ses soldats en uniforme.
La rencontre de Rawlings avec les étudiants Ghanéens au temple du savoir le vendredi dernier commence à raviver quelques blessures du passé, en l’occurrence celles des femmes revendeuses du marché de Makola. Quand bien même ce passé est révolu, les cicatrices demeurent dans certains cœurs.
Dans une interview accordée à une radio périphérique de la capitale, la présidente de l'Association des Femmes du Marché de Makola, Mercy Needjane, a déclaré qu’elle ne croit pas les commerçantes du marché aient fait quelque chose d’ignoble pour mériter les représailles de la part des soldats de Rawlings. En substance elle avoue « je ne pense pas que les femmes ont pu jeter l'urine contre des soldats sans raison. Je ne pense pas que si les marchandises avaient été suffisants, quelqu'un fera du ‘‘ kalabule’’. Je pense que si quelqu'un a fait quelque chose de mal il y a un moyen pour punir cette personne ». Pour terminer ses propos, Needjane a fait remarquer qu’elle n’approuve pas les corvées infligées aux femmes à l’époque c'est-à-dire leur flagellation publique et de ce point, toute tentative de justification du châtiment subi ne peut pas convaincre les victimes.
Expliquant les faits qui ont généré ce malheureux incident, Rawlings a fait savoir aux étudiants qu’il avait été peiné par la flagellation des femmes nues, mais il ne pouvait pas arrêter l’incident en raison du préjudice du jet d’urine subi par ses camarades soldats. Cette descente punitive au marché de Makola dira t-il était difficile mais « je l’ai toléré pour un temps ».
Pour l’ex chef de la junte militaire qui avait dirigé le Ghana pendant cette période de révolution, « le jet d’urine contre un soldat en uniforme est un mépris pour nous tous » et la réaction avait été instantanée.
Suite à ces incidents, Rawlings a ajouté qu’il avait ordonné la destruction du marché de Makola pour apaiser un temps soit peu la colère de ses frères d’armes contres les commerçantes et laver l’affront public qu’ils avaient subi.
En somme, la narration de ces événements aux étudiants dont la plupart n’ont pas été témoins des faits mais que peut être leurs mamans, leurs sœurs ou leurs proches auraient enduré est une manière pour éclairer la jeune génération sur le passé du Ghana. Mais avec cette brusque volte-face des femmes, tout semble indiquer que les victimes n’ont pas totalement digéré leur flagellation. Elles rejettent ainsi donc la justification des actes posés par la junte militaire à l’époque.
Mensah; KOACI.COM ACCRA
Source: http://www.koaci.com