Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Ce matin, l'ambassadeur de France a reconnu la réélection de Paul Biya qui célèbre les 30 ans de son pouvoir le 6 novembre prochain. Ce soir Nicolas Sarkozy adresse une lettre de félicitation au vieux président de 78 ans.
Au Cameroun où la France est perçue comme le principal soutien de Paul Biya, ça commençait à paraitre long et suspect que le locataire de l'Elysée n'ait pas encore envoyé sa lettre de félicitation au président Paul Biya, réélu à l'issue du scrutin du 9 octobre dernier. Surtout qu'en 2004, le président français Jacques Chirac avait félicité Paul Biya avant même la proclamation définitive des résultats par la Cour suprême. Il y avait aussi de quoi s'inquiéter après la sortie du parti des Verts en France. Sur RFI le 25 octobre dernier, Yannick Jadot, eurodéputé Vert, membre d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) porte-parole d’Eva Joly(EELV) a critiqué avec une rare virulence, la réélection de Paul Biya :" En Afrique subsaharienne, on continue à soutenir des dictateurs simplement parce qu’on y a de grandes entreprises et que ça nous arrange bien. Paul Biya est un dictateur (…). Un régime dictatorial empêche le Cameroun d’émerger et le plonge dans le sous-développement avec le soutien de la France. La communauté internationale a contesté les élections, a dit à quel point il y avait des irrégularités. Il n’est pas normal que la France s’aligne sur Paul Biya".
La presse s'affole
Après cette sortie, le quotidien camerounais "Ouest Littoral" a titré à sa UNE "la gauche veut chasser Biya du pouvoir". Ce matin, le quotidien "Mutations", l'un des plus influents du pays a publié un article pour indiquer que les grandes puissances ignorent la réélection de Biya. " Présidentielle 2011 : La Chine, la France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ignorent la victoire de Paul Biya. Depuis vendredi dernier, aucun chef d’Etat ou d’une organisation internationale n’a adressé un message de félicitations au président réélu" a écrit le quotidien camerounais. Le journal expliquait même qu'une "crise" couvait au Quai d'Orsay entre le ministre Alain Juppé, chiraquien et vieil ami du président et Bernard Valéro, sarkozyste et porte-parole. Le ministre Alain Juppé avait qualifié les élections "d'acceptables" alors que Bernard Valéro souhaitait que toute la lumière soit faite sur les irrégularités.
La France réagit
Invité ce matin dans une radio privée de la capitale camerounaise, Radio Tiéméni Siantou, l'ambassadeur de France au Cameroun, Bruno Gain a reconnu la victoire "haut la main" du président camerounais. Bruno Gain a indiqué que la France prenait acte des résultats proclamés par le Cour suprême tout en réaffirmant le respect de la France pour le souveraineté du Cameroun. "Nous avons eu tout au long de cette période électorale, une attitude marquée par le plein respect de la souveraineté du Cameroun, le souci de modération, d'équilibre" a dit Bruno Gain. Néanmoins, il a appelé le gouvernement camerounais à "examiner dans quelle mesure les règles électorales et le de fonctionnement d'Elecam (la commission électorale, Ndlr) pourraient être améliorés". Il a aussi plaidé pour "l'amélioration de la démocratie" au Cameroun. Ce soir, Nicolas Sarkozy a adressé cette lettre de félicitation tant attendue dans laquelle il a présenté au dictateur camerounais ses "vœux de succès pour votre nouveau mandat". Nicolas Sarkozy a encouragé Paul Biya, conformément à ses promesses de campagne électorale, à "parachever la mise en place des institutions prévus dans la constitution de 1996" à savoir le sénat, le conseil constitutionnel et la poursuite de la décentralisation. Nicolas Sarkozy a dit que c'est un "gage de la stabilité" au Cameroun. Il a réaffirmé la " disponibilité de la France à accompagner le développement économique et social du Cameroun". Reste attendue, le message de félicitation du président Obama des États-Unis. Les USA ont l'habitude d'être plus directs vis-à-vis du pouvoir de Yaoundé. Mais, les réactions des USA n'émeuvent plus vraiment le locataire d'Etoudi.
Au Cameroun, plusieurs personnes pensent que Paul Biya veut mourir au pouvoir. Le politologue Mathias Eric Owona Nguini s'est dit certain que Paul Biya briguera un nouveau mandat de 7 ans en 2018, à 85 ans, après 36 ans de pouvoir. Une éventualité d'ailleurs évoquée par Jacques Fame Ndongo, porte-parole du RDPC, le parti au pouvoir. "La constitution ne limite plus les mandats présidentiels" avait-il rappelé sur RFI. Pour sa part, le politologue Achille Mbembe a indiqué que l'alternance ne surviendra au Cameroun que de deux manières, soit par la mort de Paul Biya, soit par un coup d’État.
Mh, KOACI.COM YAOUNDÉ
Source: http://www.koaci.com