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Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.

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FICHIER ELECTORAL IVOIRIEN : A qui profite la tambouille ?

leaders reunion ouagaMalmenés depuis un certain temps, les démons ont fini par se réveiller. Ils seront sortis de leur sommeil léger par cette "sale" affaire de fraude sur la liste électorale provisoire, qui n’en finit pas de polluer l’atmosphère politico-sociale en Côte d’Ivoire. Fond de la polémique : Gbagbo sonne la charge contre la Commission électorale indépendante (CEI), l’accusant de "fraude" et de "manipulation". Aussitôt, le Gbagboland se met dans tous ses états et en ordre de bataille. Il s’assigne pour objectif premier d’avoir la tête de Robert Beugré Mambé, patron de la structure. Ce dernier, pour sa part, se défend de toute tentative malsaine. Certes, il reconnaît "un dysfonctionnement". Mais il réfute toute fraude qu’il estime "matériellement impossible", assurant que la liste électorale n’a aucunement été entachée par le fichier litigieux au cœur de l’affaire qui prend littéralement à la gorge la Côte d’Ivoire. Pour dénouer la crise, l’affaire a été portée devant la justice ivoirienne. Mais le hic, c’est que cet arbre à palabres moderne a projeté l’entièreté de son ombre du côté du camp présidentiel, exposant la CEI au soleil cuisant de la claque. De fait, le parquet d’Abidjan vient de confirmer les accusations de "fraude" sur la liste électorale, portées contre Robert Beugré Mambé. On n’aurait rien trouvé à redire sur ce verdict si l’enquête ouverte suite à la polémique qui entoure cette commission, n’avait pas été faite sur instruction de… Désiré Tagro, ci-devant ministre ivoirien de l’Intérieur, très proche du président Gbagbo. Alors, la justice ivoirienne a-t-elle été manipulée ? A-t-elle reçu des ordres de la présidence ivoirienne ? Des questions d’autant plus fondées qu’il est notoire que la Justice, en Afrique, n’a jamais véritablement pu s’affranchir des pressions des gouvernants.
Laurent Gbagbo peut savourer sa victoire après la décision rendue par la Justice ivoirienne. Il peut se réjouir d’avoir obtenu du pouvoir judiciaire ivoirien, la tenue de procès visant la radiation de cette liste électorale, de présumés étrangers. Reste que ces procès ne manqueront certainement pas d’alimenter davantage la bête immonde de l’ivoirité, qui promet encore de faire de nombreuses victimes sur son passage. Déjà à l’intérieur du pays, une série d’incidents ont éclaté autour de ces procès pour radiation, sur fond de violentes échauffourées entre manifestants et forces de l’ordre, faisant plusieurs blessés. Dans la foulée, un tribunal a été saccagé par des manifestants, à l’intérieur du pays. Un signal fort que la Justice ivoirienne devrait être amenée à apprécier.
En tout état de cause, ce grave déferlement de violence ne fait honneur ni à la Côte d’Ivoire ni à son président, encore moins au parti au pouvoir, le FPI. Pour cela, le président Gbagbo devrait trouver les mots justes, qui rassemblent et apaisent. A moins qu’il veuille exploiter cette situation qui se présenterait alors pour lui, comme du pain bénit. Auquel cas, on ne pourrait s’empêcher de penser que le président ivoirien a quelque chose à avoir dans la mauvaise passe que traverse la CEI. Au demeurant, qui dit que le FPI n’a pas travaillé en sous-main pour discréditer la CEI, histoire, comme l’en accuse d’ailleurs l’opposition ivoirienne, de retarder le processus électoral ? Qui dit que le parti ne s’est pas employé à piéger Robert Beugré Mambé, même si ce dernier peut avoir à se reprocher de n’avoir pas été assez vigilant pour se mettre à l’abri de toute manigance du "boulanger" d’Abidjan ? Au total, à qui profite le crime dont on accuse la CEI ? A qui profite cette tambouille qui risque de mener la Côte d’Ivoire très loin ? On l’avait dit dans nos précédentes éditions : Laurent Gbagbo a peut-être un agenda caché, ce qui pourrait l’amener à faire feu de tout bois pour parvenir à ses fins.
Cela dit, autant la responsabilité du président Gbabgo est engagée dans ce que sera la Côte d’Ivoire, demain, autant les manifestants qui ont récemment bandé les muscles, se livrant à des actes de vandalisme, devraient se rendre à l’évidence qu’on ne règle rien par la violence. La Côte d’Ivoire a plus que jamais besoin de paix, gage d’une élection sûre et sereine. Même si celle-ci s’est jusque-là apparentée à un… éléphant blanc sur la côte de l’ivoire.


Par Cheick Beldh’or SIGUE
(Le Pays 08/02/2010)
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