Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Les Togolais sont sortis très nombreux ce matin pour contester l’élection de Faure Gnassingbé et les tentatives de musèlement de la presse. Les révolutions tunisienne et égyptienne, font sensation à Lomé.
« Faure Gnassingbé démission ! Faure Gnassingbé dégage ! », ont scandé ce matin les militants et sympathisants du Front républicain pour l’alternance et le changement (Frac) reprenant le leader du Parti des Travailleurs, Claude Améganvi. Ils étaient près de 10.000 à avoir répondu à l’appel du Frac ce matin et à faire une ovation au peuple égyptien, qui a contraint à la démission Hosni Moubarak, le vendredi dernier.
Claude Améganvi a également demandé une minute de silence à la mémoire des martyrs de la démocratie au Togo. « Le 21 novembre 1966, le peuple togolais s’était levé pour demander la démission du Président Nicolas Grutnisky. Ce dernier était sur le point de démissionner quand l’Ambassadeur de France au Togo, Claude Roustain lui a demandé de rester pour ne pas prêter à une contagion en Afrique », a-t-il rappelé pour dire que le peuple togolais était déjà passé par là et qu’il va rééditer ce scénario.
« Faure Gnassingbé dégage ! », a également repris dans la ferveur générale le Pr. Komi Wolou du PSR. Pour lui, un pouvoir qui n’est pas en adéquation avec les intérêts du peuple, doit démissionner. « Faure Gnassingbé a acheté une voiture à 1 milliard alors que le Centre Hospitalier Universitaire de Lomé n’a pas de scanner. En trois mois, il a dépensé près de 3 milliards dans les voyages, alors que seulement 6 milliards sont prévus dans le budget pour l’augmentation des salaires», a déploré le Pr. Wolou pour justifier leur demande de démission du Chef de l’Etat.
« Les Tunisiens et les Egyptiens ont donné une leçon à tous les peuples, en particulier au peuple togolais », a dit le Secrétaire général du Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR), avant de conclure que « la mauvaise gestion, les détournements de fonds et les injustices sociales vont finir par produire les scénarii tunisien et égyptien au Togo », a affirmé le Pr. Wolou. « Je demande à ceux qui disent que les marches ne peuvent pas faire changer les choses, d’ouvrir les yeux ou s’ils sont des aveugles, d’ouvrir largement les oreilles pour entendre ce qui se passe », a dit le Pr. Wolou.
Le Secrétaire général de l’Alliance pour la Démocratie et le Développement Intégral (Addi), Alphonse Kpogo, s’est insurgé contre le déploiement ce matin d’un cordon de policiers, pour dévier la trajectoire de la marche de protestation. En effet, le nouveau Ministre de la Sécurité, le Col. Latta-Gnama a déployé un cordon de policiers pour bloquer la marche du Frac au niveau du carrefour Deckon. « Cet officier est un extrémiste et un tribaliste », a dit un ancien officier des FAT, au lendemain de sa nomination en lieu et place du Gal. Atcha Titikpina, un autre extrémiste. « C’est la preuve que Faure Gnassingbé, malgré ses annonces bienveillantes, garde la ligne dure », conclut l’ancien officier.
Au Frac, on se dit déterminé à en découdre à la prochaine provocation. « Il nous faut mettre un terme à notre soumission au pouvoir », a indiqué Alphonse Kpogo.
Le meeting qui a sanctionné la marche de ce matin, a été clôturé par le leader de l’opposition togolaise, Jean-Pierre Fabre. Ce dernier a dénoncé les tentatives de musèlement de la presse. « Nous ne devons pas laisser les journalistes seuls dans cette lutte », a dit M. Fabre qui a salué le travail de la presse togolaise. Le président de l’ANC a particulièrement insisté sur l’illégalité de la mesure de fermeture de trois radios privées. Une mesure prise par l’Agence des Postes et Télécommunications, à la place de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC).
Jean-Pierre Fabre est revenu sur l’historique de la situation politique en Egypte, et appelé les Togolais à tenir le cap. « C’est ce que vous envier aux Tunisiens et aux Egyptiens que nous faisons ici », a dit M. Fabre. Les manifestants exigent que les marches de protestations s’organisent également en semaine.
Aghu, correspondant de Koaci.com à Lomé
Source: http://www.koaci.com