Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
En provenance de l’Amérique du Sud selon nos informations, le trafic de drogue passe de plus en plus par Cotonou, capitale, économique du Bénin. Heureusement les organes de lutte contre ce commerce illicite veillent au grain.
Depuis quelques semaines, la Police et la douane béninoise se succèdent au devant de la scène pour annoncer des prises spectaculaires d’importantes quantités de drogues, en l’occurrence la cocaïne. Il y a eu d’abord le coup de filet de la douane qui a saisi en mai dernier un peu plus de 200 kg de cocaïne au port de Cotonou. Moins de deux semaines après, elle réédite son exploit en arrêtant le 04 juin dernier environ 28 kg de drogue qui a pris par le Ghana puis le Togo. Cette fois-ci la quantité n’est pas aussi importante que la première, mais la prise révèle que le trafic s’intensifie au Bénin. A la suite de la douane, c’est la Police nationale à travers l’Office central de répression du trafic illicite des drogues et des précurseurs (Ocertid) qui annonce une nouvelle prise de cocaïne au port de Cotonou. Des centaines de Kg du produit prohibé soigneusement camouflées dans des valves de canalisation d’eau embarquées dans un conteneur de 20 pieds échouent dans les filets de la police. Le trafic est parti du Brésil, avant de passer par l’empire Turc d’Ottoman, l’Espagne puis le Togo. L’annonce le 07 juin dernier de cette nouvelle prise, soit 03 jours après le second exploit de la douane béninoise, met en relief un réseau de trafiquants non encore identifiés qui opèrent en bande organisée. Sur deux des trois coups de filet, il apparaît clairement que le trafic passe par le Togo avant d‘arriver au Bénin, précisément à Cotonou. « Il quitte l’Amérique du Sud, transite par plusieurs pays dont ceux de l’Europe et de l’Afrique de l’Ouest avant le Bénin », a confié un haut gradé de la Police nationale. En dépit de ces différentes saisies opérées en un temps record, il est de plus en plus clair que Cotonou est apparu aux yeux des trafiquants qui multiplient les points d’entrée en Afrique de l’Ouest, comme un maillon faible de lutte contre les drogues. Même si l’on doit parler d’exploit de la Police et de la Douane, il ne faut pas perdre de vue ce que ces succès produisent comme effet, renvoyant l’image d’un pays où les drogues ont souvent pris avant d’atteindre leur destination finale. La question devient de plus en plus préoccupante et interpelle les différentes autorités en charge de la lutte contre les stupéfiants. Ce qu’il convient déjà de souligner, c’est que sur trois coups de filet, deux ont eu lieu au port de Cotonou. Serait-il devenu la nouvelle porte d’entrée de la drogue dans le pays ? La voie navale serait-elle le canal le plus sûr pour acheminer le produit jusqu’au bout ? Tout porte à le croire. Les trafiquants et leurs passeurs ne sont pas à leurs premiers coups. Les Béninois et plus particulièrement les flics , se souviennent encore du scandale de Docloboé, village situé à Ouidah, où une embarcation contenant de la cocaïne a chaviré en août 2007, provoquant selon les enquêteurs la fuite de plusieurs colis de la marchandise. Le scandale avait décimé la hiérarchie policière. De haut gradés et de simples policiers accusés d’avoir commis de maladresse dans la gestion du dossier ont été maintenus dans les liens de la détention puis libérés sous caution, mais jusqu’à présent, les gros trafiquants n’ont pas été retrouvés. L’expérience risque de se reproduire. En attendant d’y voir clair, le Bénin gagne la triste réputation d’une nouvelle porte d’entrée de la cocaïne. En Afrique de l’Ouest, on a cité le Sénégal, le Cap-Vert, la Guinée-Bisseau ou encore le Togo comme les exemples de couloirs de transit des stupéfiants. La liste s’étend progressivement au Bénin. Le contrôle doit être renforcé à tous les niveaux. Si la douane a pu mettre la main sur le principal auteur du trafic qui a échoué dans ses filets le 04 juin, il reste à rattraper les autres gros trafiquants. Où sont alors les vrais responsables ? Il ne serait pas exagéré de dire qu’ils bénéficient de la complicité au sommet dont ils profitent pour échapper à leur arrestation.
FN
Source: http://www.actubenin.com