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Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.

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Tourmenté par son éventuel transfert à la Cpi: Soro craque et regrette Gbagbo

guillaume_soro1.jpgLes temps sont orageux dans la maison du patron des Forces dites nouvelles. Et Soro ne fait que méditer sur son sort qui le conduira très bientôt dans la prison onusienne. Grande colère dans la maison Soro Guillaume. Et cette colère est tellement grande qu’elle vire par moment, à la tourmente. En tout cas, depuis que les Usa ont officiellement demandé à son patron Ouattara, de le traduire devant la Cpi, l’homme vit des moments difficiles. Au point de craquer. Et fait étonnant, regretter le Président Gbagbo qu’il ne faisait que clouer au pilori avec tous les anathèmes. Selon son entourage, le Premier ministre se dit véritablement déçu de son patron Ouattara. Il ne manque d’ailleurs pas de le confier à des proches. «Un jour, pendant des petites discussions que nous avions, j’ai été étonné d’entendre le Premier ministre dire : «je suis convaincu d’une chose, si c’était Gbagbo, il allait tout faire pour que cette affaire soit réglée entre nous Ivoiriens. Il n’accepterait pas qu’un Ivoirien soit trainé à la Cpi». J’ai été surpris et ce jour là, j’ai vu que le Premier ministre n’était pas loin de craquer. Ça m’a fait mal.
Car je ne l’ai jamais vu dans cet état», révèle l’homme qui fait partie des bras droits du Premier ministre de Ouattara. Et pourtant, c’est ce même Soro qui jubilait après la déportation de Gbagbo à la Cpi. Sûrement qu’il ne savait pas que son tour arriverait un jour. Evidemment, ces propos de l’un de ses proches ne souffrent d’aucun doute, car ce jeune cadre partage presque le quotidien avec Soro Guillaume. En tant que son homme de main, il a effectué plusieurs missions pour le compte du patron des Fn.
La tourmente de Soro Guillaume vient en effet du fait qu’il traverse presque seul cette situation. C’est comme si tout le monde commençait à l’abandonner. A commencer d’abord par son patron qui en comptant sur l’armée française, prend ses distances vis-à-vis de son «petit». Et il n’y a pas que Ouattara. La quasi-totalité des missions diplomatiques Occidentales à Abidjan mettent une grande pression sur le palais pour se débarrasser de l’homme, vu surtout son passé sulfureux acquis en plus dans le maquis. C’est aujourd’hui comme si le sort s’abattait sur Soro qui hier, était accueilli à Paris avec tous les honneurs. «Aucun diplomate à Abidjan ne veut le recevoir. Même la France qui l’a utilisé a pris ses distances vis-à-vis de lui», explique un cadre du rdr très amer contre le Premier ministre. «On ne l’a pas trahit, mais il faut que justice soit faite», tranche-t-il sans ambages.Soit! Mais et Ouattara?
«On ne leur a jamais demandé d’aller commettre des crimes. Chacun doit payer pour ce qu’il a fait», ajoute encore ce proche de Ouattara qui n’a aucun regret à ce que le Premier ministre soit trainé dans le tribunal onusien. «D’ailleurs, ajoute-il, ils disent eux-mêmes qu’ils n’ont pas peur de la Cpi. On les a entendus dire qu’ils sont prêts à aller témoigner partout où on les appelle pour que la vérité éclate. C’est le moment de faire éclater cette vérité que le monde entier attend dans la crise ivoirienne».
Depuis le tête-à-tête entre son patron et la secrétaire d’Etat américaine Hilary Clinton, Soro a le sommeil troublé. Il s’est finalement rendu à l’évidence que ce qu’il prenait jusque là pour de la rumeur est en fait la vérité. Il est sorti de la logique de la fiction abidjanaise. Car il avait encore confiance en son patron. Avec son entourage, il jurait presque par les liens que Ouattara s’est batti au sein du pouvoir français pour se tirer de cette affaire. Mais voilà que manque de pot pour lui, le Président américain qui négocie un second mandat pour la présidentielle prochaine, découvre dans le même temps, la vérité dans la crise ivoirienne. On sait l’Etat américain friand des méthodes parfois brutales. Mais ils sont aussi très pointilleux sur les questions de démocratie et des Droits de l’Homme. Les Usa sont bien conscients de l’ampleur des crimes commis par Soro et ses hommes dans cette crise et même dans les zones qu’ils occupaient.
C’est pourquoi ils font de son départ à la Cpi, un principe de démocratie. On ne sait jamais, en attendant peut-être le transfèrement un jour du grand manitou qui a donné l’arme du crime. Car une chose est de condamner Soro. C’est même bien. Mais une autre chose est de savoir que l’homme n’avait pas d’argent pour s’acheter une simple voiture, à plus forte raison des armes… On sait qu’après la déportation de Gbagbo à la Cpi, Soro presqu’enivré par ce fait, a pris l’avion pour les Usa. Histoire de plaider son cas auprès des responsables de cette prison onusienne. Objectif, être épargné.
Il voulait en effet se contenter d’envoyer juste des moins que rien, à savoir pas même des seconds couteaux. Mais au final, flop total. Il n’a pas eu gain de cause. Il ne savait pas tout le coup qui se joue derrière lui. La France visiblement coincée sur la question, se trouve contrainte de s’aligner sur la position américaine. Pourtant, elle avait présenté le Président Gbagbo comme l’auteur des crimes commis dans cette crise. Soro est alors revenu sans rien obtenir auprès des parrains de son patron. En fait, c’est comme si Ouattara l’avait lâché dans la grande jungle de la mafia qui régente le monde.
Aujourd’hui à la Primature, il compte presque les jours. En attendant fatidiquement, le jour le plus triste de l’histoire de sa jeune carrière politique qui se refermera bientôt si brièvement. Car il sait qu’il n’est pas que Gbagbo qui est victime d’un complot. Et donc, qui bénéficie du soutien d’une grande partie de l’opinion sà l’échelle mondiale. Son arrivée à la Cpi sera même applaudie dans toutes les grandes chancelleries et dans tous les pays africains. Car ce ne sera que début de justice dans la crise ivoirienne. Soro qui sait désormais son sort, garde à dessein le profil très bas. Alors qu’on l’a connu comme Premier ministre friand du spectacle et du m’as-tu vu. On ne le voit plus et on ne l’entend plus. «Où est passé notre Premier ministre ?» S’interroge alors l’Abidjanais qu’on soulait de ses déclarations sur les écrans de la rti, version souple de la Tci, «made in Golf Hôtel». Dans les salons feutrés du petit monde diplomatique ivoirien, son transfèrement à la prison de la Haye alimente bien entendu, toutes les causeries.
Abidjan et Paris qui ne veulent pas commettre les mêmes erreurs avec Gbagbo, s’entourent de toutes les garanties. A savoir, le respect cette fois-ci, des normes de la Cpi. A Abidjan, l’armée française est en alerte en cas de cas. On ne sait jamais, Soro a une armée avec lui. Et Ouattara sait que le petit nourrit d’autres ambitions qui vont au-delà de la Primature. Ce n’est pas pour rien qu’il lorgne avec une forte envie, le poste de Président de l’Assemblée nationale. Déjà dans l’entourage de Ouattara, on soupçonne lourdement le camp Soro d’être à la base des casses qu’il y a eu au meeting du Fpi le samedi dernier à Yopougon. Car au palais, on dit que c’est bien lui qui a intérêts à ce que la situation ne se normalise pas. «Ça lui permet d’être encore le Premier ministre », botte en touche un cadre du rdr. Mais il est clair que les jeux sont faits. Le pouvoir est prêt à liquider ses propres enfants. Après Ib, il sera la seconde grande victime de Ouattara. La seule différence est qu’il va en prison, mais pas dans une tombe comme Ib.

Guehi Brence
gbrence02063193@yahoo.fr
Source: Le Temps

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