Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Fidèle à la discorde et la division installées dans les rangs de ses fils, le Togo a diversement célébré le 51ème anniversaire de son accession à la souveraineté internationale. Trois pôles de célébrations étaient notables ce matin.
Au niveau du pouvoir, la fête a été doublement célébrée. Si Le président de l’Union des Forces de Changement (UFC), Gilchrist Olympio était aux côtés du Chef de l’Etat Faure Gnassingbé pour le rallumage de la flamme de l’Indépendance le 26 Avril au soir, en présence d’une grande foule autour du Monument de l’indépendance, le lendemain, le fils du père de l’indépendance n’était pas au défilé officiel. Sa formation politique participe pourtant au gouvernement.
En effet, pour ce jour de célébration, un grand défilé militaire et civil a eu lieu en présence du Chef de l’Etat, à la « Place de l’Indépendance ». Pour la circonstance, Faure Gnassingbé était entouré du chef de gouvernement, des présidents des institutions de la République, des membres du gouvernement, des officiers de l’armée et des chorales. Le public étant très filtré, l’ambiance était plus à la crispation qu’à la jouissance qui devrait marquer la célébration d’un tel évènement.
Même le passage par le passé très remarqué et salué des éléments du Régiment Para Commando de la Garde Présidentielle (RPCGP), est passé presque inaperçu. Pourtant, à la tête de six pelletons, le Lt-Col Yao Kpéléga était très appliqué dans sa démarche martiale, paradant, les armes de partout, devant un public aux rangs par ailleurs clairsemés. Le battage assourdissant du macadam par les « bérets verts », n’emportera davantage d’enthousiasme de la part du très sélectif public. Seules les figures des « motards » feront un peu bruisser les lieux. Ambiance de piété, dirait l’autre.
« Ce système n’a jamais été à l’aise par rapport à la lutte de l’indépendance dont le prolongement est celle actuellement menée contre lui pour la libération du peuple togolais », explique un confrère guère surpris par la morosité qui prévalait dans la célébration officielle du 51ème anniversaire de l’indépendance du Togo. Aucun leader de l’opposition ni personnalité de la société civile n’était visible dans les tribunes.
Bien loin de la « Place de l’indépendance » située à Lomé II, non loin de la nouvelle Présidence de la république, Gilchrist Olympio avait recruté un petit monde à la plage, en face de l’Hôtel de la Paix. Malgré les moyens déployés (distribution de T-Shirt, convoiement de passants et autres curieux », l’UFC n’a mobilisé qu’un petit monde. Mais bien suffisant pour que le fils de Sylvanus Olympio se donne des raisons de se démarquer de la célébration officielle, présidée par Faure Gnassingbé. A certains égards, celle célébration se confond avec celle de l’ANC, par le port du pagne à l’effigie de Sylvanus Olympio.
L’ANC appelle à la mobilisation
La plus grosse et festive des manifestations en ce jour est venue des responsables et militants de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC). Après une messe à l’occasion dite en la paroisse de l’Eglise Protestante Presbytérienne Salem, une grande marche a été organisée en direction de la « Plage du changement ». Le long de l’itinéraire, les chansons de la lutte pour l’indépendance fusaient. Des drapeaux de toutes sortes dont l’un d’une longueur d’environ 20 mètres et d’une largeur de 4 mètres, étaient déployés.
A la plage, Jean-Pierre Fabre a prononcé un discours d’occasion. Le leader de l’ANC après avoir rappelé le caractère âpre de la lutte pour l’indépendance a invité les Togolais à la mobilisation pour libérer le Togo du joug de la dictature. Un appel solennel à été lancé par Jean-Pierre Fabre à toutes les forces vives de la nation. C’est la seconde fois que le présumé vainqueur de la dernière élection présidentielle lance un appel au rassemblement, aux autres partis politiques et organisations de la société civile, depuis le démarrage de la contestation des résultats de l’élection présidentielle.
Si la célébration est observée aux divers lieux de ralliements des trois pôles, dans les quartiers de Lomé, c’est l’indifférence totale. Soumis au quotidien à des problèmes sociaux de toutes sortes, les Togolais n’ont nullement la tête à la fête. On note cependant des drapeaux accrochés dans certaines rues, notamment dans le quartier de Bè.
Aghu, Koaci.com Lomé
Source: http://www.koaci.com