Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Après auditions de 32 accusés et des témoins, le doute persiste sur la véracité d’un complot visant à porter atteinte à la sureté intérieur de l’Etat togolais. Aucun doute par contre sur les violations des procédures et les tortures subies par les accusés à l’ANR. N’empêche, l’Avocat général Aworou Missité, trouve matière à demander la condamnation de neuf accusés sur les 32.
Il ne reste plus que les plaidoiries des avocats de la défense pour boucler ce que la Ligue togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) a qualifié dans un communiqué de « scandale judiciaire sans précédente ». Au total, on ne retiendra que les principaux accusés dont Kpatcha Gnassingbé et le Gal. Assani Tidjani tous deux anciens ministres de la défense, ont nié en bloc les accusations de coup d’Etat portées contre eux. Tout comme eux, l’ex Commandant Atti supposé préposé aux charges de Président de la République par intérim dans le plan exposé en soutien aux accusations, son collègue de Capitaine d’aviation Lambert Adjinon ainsi que d’autres ont également rejeté les accusations. Ils sont nombreux par contre a dénoncé les séances de tortures auxquelles ils ont été soumis lors de leur détention au secret dans les locaux de l’Agence Nationale de renseignement (ANR).
Un autre fils de feu Gnassingbé Eyadéma également inculpé, Essolissam Gnasingbé a fait des révélations étayant l’accusation. « La situation était devenue difficile. Certains parmi nous n’avaient plus de quoi vivre décemment. On réfléchissait à des initiatives à mettre en œuvre pour assurer nos charges. C’est dans ce contexte que Kpatcha a décidé de dégager Faure du pouvoir. Lui s’occupait des préparatifs militaires pendant que Toyi Gnassingbé avait en charge, le côté spirituel », a-t-il dit sous les regards hagards et désapprobateurs de Toyi Gnassingbé (jumeau de Kpatcha Gnasingbé) présent à l’audience.
Par contre, Kpatcha Gnassingbé a insinué que l’attaque de son domicile dans la nuit du 12 au 13 avril 2009, visait à l’assassiner. Des propos démentis par le Commandant de la Forces d’intervention rapide (Fir) le Col Félix Kadangha, qui a dirigé le commando auteur de l’assaut mais confirmés par le Col Rock Gnassingbé, qui a indiqué avoir vu des douilles de balles y compris sur le matelas de Kpatcha Gnassingbé, la nuit de l’assaut. Contrairement à la police ou la gendarmerie, c’est donc une unité d’élite de l’armée qui a mené l’assaut. Sur la question, le Col Félix Kadangha et le juge Missité se sont contredits. L’officier alléguant que le commando était allé en renfort à la gendarmerie pendant que le magistrat justifiait l’intervention de l’armée par le fait que Kpatcha Gnassingbé disposait d’armes en son domicile.
Également appelé comme témoin à la barre, le Chef d’Etat Major, le Gal Atcha Titikpina, a passé le temps à amuser la galerie. « J’ai toujours prodigué des conseils au Cdt. Atti, mais il ne m’a pas écouté, préférant faire la compagnie d’un traitre de la nation le Cdt. François Boko. Malgré mes conseils, le Cdt. Atti (originaire de la même localité que le Gal Titikpina : Ndlr) n’a rien réalisé au village », a raconté l’ancien ministre de la sécurité, se refusant par contre à répondre aux questions des avocats, arguant le secret professionnel.
Le Col. Félix Kadangha a pour sa part reconnu avoir été sanctionné par son supérieur hiérarchique, le Gal. Gnakoudè Béréna, suite à l’assaut qu’il a mené sans en l’informer. Il a par contre justifié cette sanction par les deux morts enregistrés lors de l’assaut. Faure Gnassingbé a par la suite remplacé le Gal. Gnakoudè au poste de Chef d’Etat Major des FAT.
Seulement neuf accusés poursuivis
Si aux termes des déclarations à la barre on peut retenir que Kpatcha Gnassingbé a certainement été poussé à bout par un malaise persistant dans leur famille, à propos de la façon dont Faure Gnassingbé gérait le patrimoine paternel, un profond doute persiste sur la véracité d’un complot.
Le Col Rock Gnasingbé, l’aîné de la famille a aussi reconnu le malaise ainsi que les sauts d’humeur moult fois manifestés à ce propos par son demi-frère et impulsif Kpatcha Gnassingbé. « Il (Kpatcha Gnassingbé) est certainement victime d’une manipulation de certains officiers de l’armée avec la complicité de la représentation diplomatique américaine », a expliqué un universitaire qui a suivi les débats de bout en bout.
Au final, sur les 32 accusés, seuls 9 ont vu leurs accusations maintenues dans les réquisitions de l’Avocat général qui a requis la libération des autres. Ainsi, si ce dernier a demandé la requalification de l’accusation du sieur Kassiki, désormais poursuivi pour détention illégale d’armes et requis qu’il soit prononcé contre lui une condamnation de 12 mois de prison assortis de 2 avec sursis, les 8 autres ( Kpatcha Gnassingbé, le Gal Assani Tidjani, le Cdt Atti, Sassou Sassouvi, Tombèli Kouma, le Cdt. Tomdéma Tchaa, Esso Gnassingbé et le Libanais Bassam en fuite) font l’objet d’une condamnation à une réclusion criminelle à perpétuité.
A la suite de la réquisition, le juge Pétchélébia Abalo a insisté pour que les avocats de la défense passent pour leurs plaidoiries mais ces derniers ont estimé qu’ils n’étaient pas prêts sollicitant un report qu’ils n’obtiendront finalement que sur une intervention du Secrétaire général du Barreau des avocats.
Les plaidoiries sont donc attendues le lundi prochain. Mais d’ores et déjà, il n’y plus de suspens dans cette affaire. Plus d’une fois cité par les accusés, le Col Yotroféi Massina, n’a pas été écouté lors de ce procès.
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