Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
L’annonce d’un dialogue dans le cadre d’un Cpdc rénové, faite à l’issue d’un Conseil extraordinaire des ministres, suscitent des débats au sein de l’opinion. Huit mois après une précédente annonce du Chef de l’Etat restée sans effet, beaucoup estiment qu’il s’agit d’un nouveau bluff pour gagner du temps. Sur la question, le Ministre Pascal Bodjona devenu peu loquace depuis les rumeurs sur sa disgrâce, tente de rassurer.
Pourquoi un conseil des ministres pour annoncer une simple déclaration d’intention ?
« Il ne s’agit pas d’une simple déclaration d’intention. Il s’agit de plusieurs communications inscrites à l’ordre du jour du Conseil. Le Conseil du mercredi a été très riche, très long et il était question pour le gouvernement de tenir un nouveau Conseil des ministres sur le sujet. Et comme il ne se tient pas habituellement le vendredi, il a été un Conseil extraordinaire.
C’est vrai que nous avons présenté une communication relative à la mise en œuvre du rapport final de la Mission d’observation de l’Union européenne et nous avons également fait l’état des dispositions de l’APG qui restent à mettre en œuvre dans le cadre d’un Cpdc rénové ».
Ce qui a été dit le 12 août dernier, l’a déjà été le 31 décembre par le Chef de l’Etat dans un discours solennel. Mais 8 mois après, rien n’a été entrepris dans ce sens…
« Je pense qu’il convient de recentrer les choses. Je peux comprendre le scepticisme de certains mais, ce n’est pas nécessairement parce que les discussions antérieures n’ont pas abouti à des résultats escomptés que celles qui viendront seraient vouées à l’échec. Je pense qu’au-delà de tout scepticisme et de tout désespoir , il faut avoir le courage de dire que nous devons tous veiller à ce que les discussions annoncées dans le cadre rénové, puissent aider à la recherche d’un compromis et d’un consensus général ».
Beaucoup se demandent s’il faut encore rassembler les acteurs politiques avant de savoir ce qu’il faut pour garantir un processus démocratique qui rassure les Togolais ?
« Dans une situation qui a été celle du Togo, toutes les voies méritent d’être explorées. Nous avons eu les discussions politiques qui ont amené à la signature de l’Accord politique global (APG) à Ouagadougou. Nous avons continué également à faire des discussions au sein du Cadre permanant de dialogue de concertation (Cpdc) qui a connu le départ de certains acteurs politiques, pas des moindres. Aujourd’hui, c’est une autre expérience que nous voulons faire. Dans toutes circonstances comme celles que le Togo a connues, je pense que toutes les initiatives qui vont concourir à la consolidation de l’apaisement politique, doivent être encouragées y compris, celle d’un dialogue ou d’une concertation politique ».
Vous semblez embarrassé quand on parle de réformes constitutionnelles et qu’on insiste sur le mandat présidentiel. Autrement dit, cela ne vous gênerait-il pas si Faure Gnassingbé ne devrait pas participer à l’élection présidentielle de 2015 ?
« Je ne crois pas qu’il faille aller tout droit à des considérations pareilles. Je pense que l’APG en son point 3.2 a précisé la nature du débat sur les points listés à savoir ; le régime politique qu’il conviendrait d’adopter en cas de consensus, les conditions d’éligibilité à la Présidence de la République, les prérogatives du Premier Ministre, la durée et la limitation de mandats… Autant de sujets qui vont être débattus dans un cadre précis.
Je pense qu’on ne doit pas aller trop vite en besogne. C’est notamment des discussions qui sont prévues par l’Accord politique et qu’il faut que chacun puisse avoir le courage de les débattre avec un esprit de recherche de consensus ».
Vous avez parlé de Cpdc rénové. Qu’est-ce que vous voulez dire concrètement par là ? Est-ce qu’on va retrouver des responsables politiques comme dans une classe d’examen avec 20 ou 30 partis politiques pour bavarder ?
Non, pas du tout ! Vous savez tous que l’élargissement du cadre permanent avait provoqué le départ de certains acteurs qui étaient parties prenantes au dialogue et conformément à l’une des recommandations pertinentes et phares de la Mission d’observation de l’UE, il a été convenu d’envisager même l’accès du cadre aux formations politiques ayant obtenu au moins 5% aux élections législatives dernières. Mais ici, quand on met cela en application, on retrouve seulement les partis parlementaires. C’est pourquoi, nous avons estimé qu’il serait vraiment nécessaire et important pour un consensus large, d’intégrer dans le cadre permanent, certains acteurs politiques afin de tenir compte de la réalité née du contexte actuel de notre pays ».
Il semble que les consultations vont s’ouvrir dans les prochains jours en vue de déterminer les participants au dialogue ?
Non, certainement pas dans les prochains jours. Lorsqu’une communication est faite et un engagement du Président de la République manifesté, il faudra qu’on donne le temps de voir les concertations qui pourraient être menées avant de donner les orientations précises. Dans ce cadre, je pense que les discussions peuvent se faire à tout moment, mais il n’y a pas un calendrier précis des consultations mais les temps est un facteur déterminant ».
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