Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Depuis trois (03) semaines, le Front républicain pour l’alternance et le changement (Frac) ainsi que son allié du Parti des Travailleurs intensifient les manifestations pour exiger le retrait du projet de loi sur les manifestations. En face, le pouvoir affiche sa constante attitude de mépris et tente de faire passer vaille que vaille la loi, accompagné en cela par certains partis politiques et organisations de la société civile dont des plus crédibles.
La bataille engagée par le Frac et le Parti des Travailleurs contre la loi sur les manifestations sur la voie publique est maintenue malgré la répression des forces de sécurité et autres miliciens. Les partisans du changement continuent à répondre aux appels de leurs leaders les jeudi, vendredi et samedi. Mais si le pouvoir laisse se dérouler les manifestations de samedi maintenues par le Frac depuis un peu plus d’un an, il réprime dans la violence, celles prévues les jours ouvrables. De fait, le pouvoir de Faure Gnassingbé interdit toute manifestation de protestation les jours ouvrables. Une interdiction de fait qu’il tente de traduire dans la législation.
Lors du meeting traditionnel sanctionnant les marches hebdomadaires de contestation de l’élection de Faure Gnassingbé, le leader de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) Jean-Pierre Fabre, a annoncé que le lieu de départ des manifestations en semaine est déplacé de Kodjindji, sur le carrefour Dékon. Un point névralgique du boulevard circulaire et également haut lieu de business dans la capitale. Un quadrillage de ce lieu comme les agents des forces de sécurité en ont l’habitude à Kodjindji, va entraîner une forte perturbation de la circulation à Lomé.
En dehors du risque d’embrasement populaire que représente une répression d’une manifestation en ce lieu, le transfert du point de ralliement à Dékon va éviter aux habitants des maisons avoisinant le terrain de Kodjindji, les affres des forces de sécurité et autres miliciens qui n’hésitent pas à entrer dans les maisons d’habitation exerçant sans discernement des violences sur femmes, enfants et balançant à l’emporte pièce des gaz lacrymogène. « Ce déplacement du lieu de départ des marches va soulager un peu ma veille car notre maison reçoit souvent la visite des forces de sécurité et la fumée piquante des gaz lacrymogène », s’esclaffe une manifestante qui annonce cependant qu’elle sera bien à Dékon, jeudi prochain.
Le FRAc et le Parti des Travailleurs peuvent toujours compter sur la mobilisation de quelque centaines d’inconditionnels qui bravent les violences policières. Mais cela est loin de produire les effets escomptés sur le système politique qui régente le pays et empêche l’alternance politique. Il en faut donc plus pour faire bouger les lignes et espérer voir le Togo arpenter les voies d’un véritable processus démocratique et d’un Etat de droit, vectrices de développement, de protection des libertés de bonne gouvernance et promotrices du bien-être des citoyens. Les leaders du mouvement de contestation en sont parfaitement conscients. « Nous demandons aux autres partis qui militent en faveur du changement, de nous rejoindre », a déclaré le Prof. Aimé Gogué, samedi à la plage. Un appel relayé par son camarde de lutte et leader du PSR, Me. Abi Tchessa.
L’OBUTS de Agbéyomé Kodjo, le CAR de Me, Dodji Apévon et la CDPA du Prof. Léopold Gnininvi se sont abstenus de participer à un atelier sur le projet de loi en cause. Tous demandent le retrait du projet de loi, quitte à le reverser au « dialogue inclusif » projeté par Faure Gnassingbé, comme le suggère par exemple le CAR. Mais si tous ces partis militent pour le retrait du projet de loi, on est loin du temps où dans les années 1990, organisations de la société civile et partis politiques se mettaient ensemble autour d’une plate-forme pour contraindre la dictature à faire des concessions.
Pendant que certains rechignent à entrer dans la dynamique au risque de déboucher sur une situation qui va à terme profiter à l’ANC au plan électoral, d’autres disent craindre une collusion de certaines formations de l’opposition traditionnelle avec le pouvoir. Pendant ce temps, certaines organisations de la société civile sous prétexte que le problème des Togolais « n’est pas qui sera au pouvoir », accompagnent le pouvoir dans sa fuite en avant, refusant de créer un cadre approprié à la tenue d’un dialogue sincère.
Avec une opposition qui peine à faire enfler véritablement la dynamique contestataire et un Chef de l’Etat adepte d’un autisme politique et d’un atermoiement face à des options politiques, une nouvelle semaine d’incertitude s’ouvre sur la capitale, avec une fine pluie qui a le don d’atténuer la poussière que soulèvent les chantiers des grands travaux ouverts à Lomé.
Aghu, Koaci.com Lomé
Source: http://www.koaci.com