Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Il ne fait pas bon vivre ces derniers jours dans l’enceinte et aux alentours de l’Université de Lomé. Le détonateur, une Assemblée Générale organisée mercredi par le Mouvement pour l’Epanouissement de l’Etudiant Togolais (MEET). Aux revendications des étudiants qui ont traits au fameux système LMD et à l’amélioration de leurs conditions d’études, les autorités universitaires ont répondu en sollicitant des éléments de la Police Nationale pour les disperser. S’en est alors suivi des échauffourées entre étudiants et forces de l’ordre. Jets de gaz lacrymogènes, matraquages et arrestations d’un côté, jets de projectiles de l’autre.
Ce jeudi les heurts ont été particulièrement violents et se sont transportés dans certains quartiers avoisinants l’UL où les agents de la Police dans leur furie, ne faisaient plus la distinction entre étudiants, simples passants ou même journalistes.
Devant ce qu’elles ont sûrement considéré comme un échec, les forces de l’ordre étaient particulièrement sur le pied de guerre et prêts à en découdre avec les étudiants ce jeudi matin. En effet, la veille, contre toute attente, elles ont dû se replier précipitamment devant les jets de pierres et autres projectiles des contestataires non sans avoir pendant plusieurs minutes procéder à des jets de gaz et au matraquage des étudiants à travers tout l’Université. Les étudiants répondant à l’appel du MEET, venaient de prendre part à une Assemblée Générale motivée selon leurs délégués par les difficultés liées à l’application du LMD. Les revendications portaient sur son abolition ou son amélioration qui consistera à organiser deux sessions dans les universités du Togo, une revalorisation des bourses, la gratuité des tickets de bus et la construction de nouveaux amphithéâtres. C’est alors qu’ils convergeaient vers la Direction de l’UL pour faire part de leurs ressentiments aux autorités universitaires qu’ils trouveront sur leur chemin des policiers armés de matraques et de gaz lacrymogènes. Il n’en fallait pas plus pour susciter leur colère. L’affrontement fut inévitable et prendra fin en fin d’après-midi avec le départ des forces de l’ordre.
On apprendra plus tard que c’est sur ordre de leur hiérarchie et ce en vertu des accords existants entre les étudiants et les autorités universitaires interdisant l’envahissement du campus par les forces de l’ordre que ces dernières ont dû plier bagage. Visiblement, hier, les ordres étaient tout autres. Très tôt donc, matraques et gaz lacrymogènes en main, les policiers ont pris position à divers endroits du campus ainsi qu’aux voies d’accès y menant. Les entrées et sorties étaient pratiquement interdites. Les étudiants décidés à se faire entendre avaient en effet afflué sur le campus. Devant le dispositif mis en place par les forces de l’ordre ; ils furent donc obligés de se replier aux abords des différentes entrées de l’Université pour crier leurs revendications. Ainsi, des attroupements s’étaient formés sur le Boulevard de la Kara, au niveau d’Adewui, ainsi qu’à l’entrée du Campus Nord. Outre les pancartes qu’ils brandissaient appelant à l’amélioration de leurs conditions d’études, leurs cris de protestation « Ahadzi Nonou, démission ! » ; « LMD, nous n’en voulons pas » ; « Etudiant togolais a faim », les étudiants érigeaient des barricades sur ces différents axes routiers empêchant ainsi le passage des véhicules.
Des journalistes brutalisés et molestés
Les policiers entrent alors en action pour disperser les étudiants. Ils n’iront pas de main morte. Tirant à tout va les gaz lacrymogènes en direction des étudiants et les pourchassant. Dès que l’un d’eux étaient arrêtés par l’un des leurs, c’est par des « Tue-le » ; « casse-lui la tête ; frappe-le » que les autres policiers rappliquaient en lui assenant aussitôt des coups de matraques et de bottes. Toute personne qui portait un pantalon jeans ou avait un sac en bandoulière était assimilé à un étudiant et matraqué sans aucune forme de procès par les forces de l’ordre déchaînées. C’est ainsi que dans leur excès de zèle, elles passeront à tabacs aussi bien des riverains que des journalistes venus couvrir les évènements. Ces derniers se verront retirer leurs appareils photographiques et leurs badges. Ils seront traités come de vulgaires bandits, poussés dans le dos, frappés à la tête, injuriés, giflés et même matraqués. Toutes leurs tentatives pour justifier leur présence sur les lieux donneront lieu à plus de brutalités. Les policiers obligeront même l’un des journalistes à dégager les blocs de pierre ayant servi aux étudiants à ériger une barricade.
Le mouvement atteint d’autres quartiers
Les étudiants quant à eux réfugiés un peu plus loin dans le quartier d’Adéwui répondent par des jets de pierres sporadiques. Ils seront pourchassés à travers le quartier et finiront par se retrouver au niveau de Tokoin Trésor. Là, ils érigeront des barricades et empêcheront les véhicules de circuler. Installés dans leurs pick-up, les policiers sillonneront ces quartiers à la poursuite des étudiants causant des débandades aussi bien des riverains que des étudiants. Parmi eux se trouvaient Amenya Yao, étudiant en 3ème année d’Histoire. Pour lui, il n’est pas question de céder à l’intimidation des autorités universitaires à travers la répression de leur mouvement de revendications « On est nullement impressionné par les policiers. Aussi longtemps que nous nous réveillerons, nous viendrons revendiquer nos droits sur le campus. Les dirigeants de l’UL nous ont assez tournés en bourrique. Depuis des années, ils nous demandent d’attendre mais on ne voit rien venir. Cette fois-ci nous sommes décidés à nous faire entendre. Nos conditions d’étude sont misérables et en même temps, ils veulent nous imposer un système LMD qui nécessite beaucoup de moyens. Nous tiendrons jusqu’au bout » déclare-t-il.
Ainsi on voit que c’est n’est pas le système LMD en soi qui pose problème mais plutôt ses conditions d’application. Ce que confirme un autre étudiant, Abalo Essowé, lui en 2ème année de Droit « le système LMD devait plutôt nous avantager mais on déplore que la direction de l’UL ne veulent pas réunir toutes les conditions avant de l’appliquer. Nous devons pratiquement photocopiés tous les cours, où veulent-ils qu’on trouve de l’argent ? Qu’ils augmentent nos bourses et LMD passe sans problèmes. Sinon… » laisse-t-il tombé.
Les étudiants sont loin de rendre leurs armes. Ils promettent de reprendre leur mouvement aussi longtemps qu’une suite favorable ne sera pas donné à leurs revendications. Pour l’instant la Direction de l’Université se garde de tout commentaire et tardent à appeler les étudiants à la table des négociations. On verra jusqu’où durera le bras de fer.
Aghu, Koaci.com Lomé
Source: http://www.koaci.com