Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Après la surprise à propos de la démission du Premier ministre, le temps est désormais aux supputations sur les raisons du départ de Gilbert Fessoun Houngbo, de la tête du Gouvernement.
Ce jeudi 11 juillet au lendemain de l’inattendue démission de Gilbert Houngbo, c’est le calme plat au siège du Gouvernement.
Si aucun de ses collaborateurs n’était en mesure de donner des raisons de ce coup de tonnerre, ils sont unanimes à reconnaître que rien ne présageait une telle éventualité. Mais dans les rangs des observateurs ainsi que des hommes politiques et des journalistes, on avance une kyrielle de raisons liées à une guéguerre entre clans rivaux autour du Chef de l’Etat, Faure Gnassingbé.
« Visiblement, deux stratégies s’affrontent dans l’entourage du Président de la République à propos de la façon dont on doit gérer la contestation amenée par le collectif « Sauvons le Togo » relatives à des réformes », analyse le journaliste Ferdinand Ayité.
Selon des indiscrétions, Gilbert Houngbo est favorable au dialogue et a indiqué à des diplomates européens qu’il va œuvrer à créer les conditions en libérant les 53 manifestants détenus à la prison civile de Lomé et en restituant le matériel de sonorisation confisqué au CST.
Le mardi 11 juillet, l’administration pénitentiaire a effectivement commencé par enclencher le processus de libération des 53 manifestants, mais un officier a appelé pour exiger leur maintien en détention. « L’officier a demandé, le Premier ministre, il est qui ? », a révélé une source proche de l’administration pénitentiaire. « Comment le Premier ministre issu du système des Nations-Unies peut-il rester en poste, alors même que le Procureur général près la Cour d’Appel se refuse à exécuter un arrêt de mise en liberté provisoire d’un détenu dans une affaire qui oppose deux hommes d’affaires », se demande un proche de M. Houngbo. Ceci, dans un contexte où le PNUD investit des millions de dollars pour accompagner un programme de modernisation de la justice togolaise.
Le lundi 09 juillet, le Premier ministre interpellé par une organisation a dû intervenir dans une affaire où un directeur d’une radio privée à Dapaong, dans la région septentrionale, était menacé par un officier de gendarmerie pour qu’il ne donne pas une suite favorable à une demande d’un droit de réponse introduite par les responsables locaux du CST, à propos d’allégations de certains ministres sur la radio. Menacé par l’officier de gendarmerie ainsi que le préfet de la localité, le Directeur de la radio avant saisi le Conseil National des Patrons de Presse, qui à son tour a porté l’affaire devant le Premier ministre, dont l’intervention en faveur du libre exercice du journalisme a déplu aux thuriféraires de leur bord.
Par ailleurs, les « sécurocrates » autour de Faure Gnassingbé, dont certains sont cités dans le rapport de la CNDH sur la torture, promettent de rééditer s’il le faut le massacre de 2005, si le pouvoir devrait perdre les prochaines élections. « L’ancien Directeur du Bureau-Afrique du PNUD ne saurait assumer un génocide », conclut notre interlocuteur qui n’exclut cependant pas que Gilbert Houngbo, continue par militer dans la nouvelle formation politique créée par Faure Gnassingbé, à qui les tenants de la méthode forte ont réussi à faire croire que Gilbert Houngbo a des ambitions présidentielles pour 2015.
« Le système le tient en respect. Il n’a pas multiplié la construction des palais en 3 ans, sans un dossier compromettant pour lui », explique un leader de l’opposition qui confirme cependant la volonté démontrée de Gilbert Houngbo en faveur d’un dialogue franc pour sortir le pays de la tension permanente.
Source: www.koaci.com