Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Comme bien d’autres scandales dans la gestion des fonds publics ces dernières années, le plus récent a laissé de marbre le Chef de l’Etat et son nouveau Premier ministre. Plus indicatif encore, les deux ministres au centre du scandaleux décaissement en faveur de la FTF, sont maintenus au sein du Gouvernement.
Alors que le Premier ministre Gilbert Houngbo avait déposé sa démission ainsi que celle de l’ensemble de son Gouvernement, des jours plus tard, le Ministre des Finances Adi Ayassor met à la disposition de la FTF auprès de son collègue des Sports, comme lui sensé se contenter de la gestion des affaires courantes, la somme de 54 millions de nos francs. Contrairement à la pratique en cas de subvention accordée par l’Etat à la FTF, Christophe Tchao qui était alors, loin de savoir le sort qui lui sera réservé dans le prochain Gouvernement, remet clandestinement en espèce, une somme dont le montant reste à ce jour inconnu, à Gabriel Améyi.
Ayant eu fortuitement l’information au niveau du Ministère des Finances le vendredi 13 juillet 2012, nous contactâmes le Directeur des Sports pour plus amples explications. Ce dernier qui a dit être aux portes de l’entrée du Ministre, prit soin de poser la question à l’attaché du Ministre, qui confirme qu’une somme de 54 millions aurait été remise par Christophe Tchao à Gabriel Améyi. Plus tard, sorti de son entretien avec le Ministre, Eloi Salokofi nous appelle pour nous confirmer la nouvelle. « Le ministre m’a chargé de vous dire, qu’il a remis 54 millions au président de la FTF, à raison de 3 millions par clubs, ce, pour 18 clubs », a-t-il précisé.
A notre réaction consistant à lui rappeler que seulement 14 clubs avaient droit à une subvention et que seuls 16 clubs participent réellement au championnat de D1, le Directeur des Sports a indiqué que le décaissement effectué correspond à ce qui était prévu au budget pour le compte du championnat 2012-2013, et que le ministère ne pouvait rien y changer. Tout ceci se passe tout de même, en plein scandale sur la gestion par Gabriel Améyi et une partie du bureau de la FTF, des fonds alloués à la structure par la FIFA, ainsi que des plaintes sur l’absence de moyens pour préparer la journée FIFA du 15 Août pour les Eperviers.
Quand les ministres décalent, Améyi coupe
Juste au lendemain de la diffusion de la nouvelle sur le montant (3 millions destinés aux clubs), Gabriel Améyi réagit à travers certains de ses confidents. Ces derniers nous confient que le controversé président de la FTF jure n’avoir reçu que 50 millions avec instructions de donner 2 millions à chacun des clubs. Dans la foulée, contrairement à la coutume qui veut que les bénéficiaires viennent retirer les sous à la FTF, lors d’une cérémonie médiatisée pendant laquelle on vante le soutien de l’Etat au football, Gabriel Améyi envoie donner 2 millions voire moins pour certains clubs, aux dirigeants.
Tout compte fait, si chacun des 14 clubs ne devrait bénéficier que de 2 millions chacun, le total ferait 28 millions. A quoi va donc servir la différence (22 millions) dans ce cas ? Rappelons au passage qu’une fois le pot aux roses découvert, Christophe Tchao, ministre du Tourisme au sein du nouveau Gouvernement, a rendu public un communiqué pour expliquer qu’il avait opéré une retenue de 4 millions sur les fonds, en vue des préparatifs des Eperviers locaux. Le Ministre qui soutenait ne pas en tant de plein exercice de ses prérogatives, avoir le droit de réajuster l’utilisation des fonds inscrits sur une ligne budgétaire, trouve les moyens de le faire en temps de gestion des affaires courantes.
Quant à Adi Ayassor dont on vante la rigueur au point de dire que pourquoi on lui envoie une liste de 18 à 22 joueurs pour un match de la sélection alors qu’une équipe de football n’est composée que de 11 joueurs, il trouve judicieux de remettre en espèce, la somme de 54 millions de francs, à un dirigeant soupçonné de délinquance dans la gestion des fonds de la FIFA.
Pour bien d’observateurs, ces écarts dans l’attitude des deux ministres, ne se justifient que par la stratégie du « décaler ». Alors à Gabriel Améyi à son tour de « couper » en toute impunité et impuissance des dirigeants de clubs, devenus sans repères face à des manœuvres de sommités gouvernementales, promptes à manigancer des choses avec un responsable qui mérite au mieux, le bannissement.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que la reconduction de ces ministres dans le Gouvernement Ahoomey-Zunu, sonne comme une contradiction avec ses proclamations en matière de lutte contre la corruption. Mais plus généralement encore, l’expression de la responsabilité de certaines autorités qui manifestement, tirent profit de la lancinante crise qui sévit au sein du football togolais, depuis 2006 suite à la participation de la sélection nationale à la Coupe du monde.
Aghu
Source: http://www.koaci.com