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Le gouvernement du Sud-Soudan a dénoncé hier dimanche 22 mai l'invasion illégale de l'armée nordiste à Abyei. Un compromis sur la répartition des ressources pétrolières permettra d'éviter une autre guerre meurtrière entre le Nord et le Sud-Soudan.
Le gouvernement du Sud-Soudan a dénoncé hier dimanche 22 mai l'invasion illégale de l'armée nordiste à Abyei, une région disputée à la limite entre le Nord et le Sud où les combats de ces derniers jours ravivent le spectre de la guerre civile.
Des milliers de civils fuyaient dimanche la ville d'Abyei, dont les troupes soudanaises (nordistes) ont pris le contrôle samedi après de violents combats, a rapporté l'AFP. Selon Médecins sans frontières (MSF), qui a dû fermer sa clinique sur place, « la population entière de la ville d'Abyei a fui ».
Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont condamné cette intervention nordiste. Washington a exigé samedi soir un retrait des forces nordistes de la ville, tandis que Paris et Londres ont dénoncé «une violation» de l'accord de paix qui a mis fin à la guerre Nord-Sud en 2005.
A Juba, capitale de la région autonome du Sud-Soudan, qui doit devenir indépendante en juillet, le ministre de l'Information, Barnaba Marial Benjamin, a dénoncé « une invasion illégale qui viole tous les accords de paix et met en danger la vie de milliers de civils ».
PÉTROLE
Les Nordistes « ont envie d'en découdre, mais nous ne pouvons accepter qu'ils entraînent le peuple soudanais dans leur caniveau », a-t-il déclaré, tout en assurant que le Sud-Soudan restait malgré tout engagé dans le respect de l'accord de paix qui a mis fin à la guerre civile en 2005.
Le porte-parole de la SPLA (armée sudiste), Philip Aguer, a évoqué des combats «très, très mauvais», avec «des bombardements aveugles». Il a, cependant, affirmé qu'aucune contre-attaque n'était prévue dans l'immédiat, précisant qu'il revenait au gouvernement de prendre une telle décision.
A Khartoum, le ministre d'Etat à la présidence, Amin Hassan Omer, a confirmé que l'armée soudanaise contrôlait la ville d'Abyei et «toute la zone au nord de la rivière» Bahr al-Arab, Kiir pour les Sudistes.
L'Onu, l'Union européenne et les Etats-unis d'Amérique et la Chine devront aider le Nord et le Sud-Soudan à trouver un bon compromis pour la répartition équitables des ressources pétrolières afin d'éviter que les divergences de vues sur Abyei ne provoquent une autre guerre civile plus meurtrière au Soudan.
Pierre Emangongo
Source: http://fr.allafrica.com