
Le chef de l'Etat sénégalais Me Abdoulaye Wade a exprimé jeudi à Copenhague (Danemark) son désaccord avec "les échos" qui semblent assigner au sommet mondial sur les changements climatiques l'objectif d'aider les pays pauvres à s'adapter au climat.
"Tout d'abord, je suis perplexe lorsque les échos de la conférence semblent en faire une rencontre principalement destinée à aider les pays en voie de développement pour l'adaptation au climat", a affirmé M. Wade dans une allocution prononcée dans la capitale danoise, à la veille de la clôture du sommet mondial sur le réchauffement climatique.
"Ensuite, je ne crois pas utile de discuter davantage sur des quantum de l'aide alors que les anciennes promesses sont restées sans lendemain. J'ai comme l'impression qu'il y aurait une stratégie de la promesse qui consisterait à faire de nouvelles promesses pour faire oublier les anciennes", a dénoncé le président Abdoulaye Wade dans son discours dont l'APS a obtenu copie.
"Les seules promesses faites dans le cadre du G8 seraient de l'ordre de 200 milliards de dollars", a rappelé M. Wade, souvent critique envers les pays riches pour le non-respect de leurs promesses envers les pays pauvres.
Ensuite, a-t-il souligné, "on discute sur des chiffres de l'aide, au demeurant très éloignés les uns des autres. On oublie que l'adaptation est en aval dans les phénomènes péjoratifs de la dégradation du climat" .
"Pour ma part, le vrai problème n'est pas là, il est en amont. Le vrai problème est de savoir quels engagements vont prendre les pays développés pour cesser de polluer l'atmosphère, de détruire l'environnement, d'émettre des gaz à effet de serre qui provoquent le réchauffement de notre globe avec ses conséquences désastreuses", a-t-il poursuivi.
"Quoi qu'il en soit, a-t-il préconisé, nous devons trouver un accord global ici et maintenant. Pour cela, au lieu de recommencer à rechercher un nouvel accord, il nous faut partir de Kyoto qui comporte quand même quelques aspects positifs et le perfectionner. Il serait déraisonnable d'effacer les efforts déjà faits".
Ouvertes la semaine dernière, les négociations sur le réchauffement climatique achoppent encore sur l'impossibilité, entre pays riches et pays pauvres, de trouver un accord sur le niveau de réduction des gaz à effet de serre.
"L'Afrique est physiquement menacée, comme en témoignent l'érosion côtière, le rétrécissement du Lac Tchad qui disparaît progressivement, la forêt du Bassin du Congo...", a souligné le chef de l'Etat.
"L'Union africaine a confié au Premier ministre d'Ethiopie la mission de vous exposer la position de l'Afrique sur les changements climatiques, position dont, évidemment, je suis solidaire", a-t-il fait savoir.
Aux négociations sur le réchauffement climatique prennent part 192 pays, sous l'égide des Nations unies.
Source Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)