Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Sans être le scandale du siècle, les révélations de Robert Bourgi sonnent très mal et affichent à la face du monde, le vrai visage de la France. Pendant longtemps, certaines personnes ont eu le courage de mettre le doigt dans la plaie. Aujourd’hui, et avec beaucoup de regrets, on constate que les anciennes colonies respirent encore sur les poumons des métropoles et cela est bien dommage.
Les révélations du libano-français Robert Bourgi, porteur de valises et courtier politique de la françafrique, sont un secret de polichinelle. Elles dévoilent aux yeux du monde qui ne l’ignorait guère la tutelle de la classe politique française sur ses partenaires obligés. Elles étalent au grand jour la complicité structurelle qui les lie dans la politique de prédation exercée sur le continent.
La cruauté des pays colonisateurs d’hier, décidés, telles des sangsues, à exterminer le bien-être des pays pauvres, notamment africains. On est très mal à l’aise et on comprend mal que l’Afrique finance les élections françaises. On croyait que la tutelle d’après indépendance n’était qu’apparente et faite de quelques contrats et combines dans les milieux d’affaires. Mais on se rend à l’évidence avec beaucoup de tristesse que le sadisme va au-delà. Et dans cette veine saignante des pauvres populations africaines, condamnées à vivre avec un démi dollar par jour, on peut se poser certaines questions.
Les chefs des Etats africains indépendants étaient-ils obligés de financer les campagnes électorales des partis politiques français ? Pourquoi ?
A la tutelle politique et au souci de la conservation du pouvoir politique aux mains de dictateurs sans pitié, peu soucieux du développement et très préoccupé par un pouvoir à vie s’ajoutent les retombées de l’attribution gracieuse des marchés publics aux milieux d’affaires français.
La leçon fondamentale à retenir des révélations plutôt scandaleuses de Robert Bourgi, c’est l'incongruité de ce trafic des chefs d'Etat africains qui préféraient renflouer les caisses personnelles des présidents français plutôt que d'utiliser ces mannes financières pour améliorer le bien-être des citoyens de leurs pays respectifs. Soucieux de préserver leurs fauteuils et partant, jouir des privilèges qui s'y rattachent, ils préféraient convoyer des mallettes de billets de banque à l'Elysée pendant que leurs peuples meurent de faim. Et comble du ridicule, ce sont les mêmes qui défilent après à Paris pour demander des prêts pour leurs Etats.
En somme, c’est un marché de dupes entre dirigeants français et africains. Un assassinat lent, mais très certain de la prospérité des pays africains. C’est le vrai visage de la françafrique. Un complot dans lequel les producteurs de richesses africaines n’ont pas aucune existence. De gauche ou de droite, les classes politiques africaines ont au détriment de l’intérêt général de leurs propres peuples, payé aux différents pouvoirs français une sorte de tribut politique pour la conservation de leur pouvoir et avantages matériels particuliers. Les dictateurs africains de droite ou de gauche payaient, sous la forme de financement des partis politiques ou d’attribution de marchés publics aux entreprises françaises, leur maintien au pouvoir en vue de la conservation et de la perpétuation de leurs intérêts particuliers. Les dictateurs africains conservaient leur pouvoir et leurs avantages matériels au détriment de leurs peuples. Les entreprises françaises prospéraient en Afrique. Les classes politiques, les lobbies et milieux affairistes français renflouaient leurs trésoreries et satisfaisaient leurs divers intérêts politiques et financiers. Le dévoilement public de ce système de domination et d’appauvrissement concerté des populations par les aveux d’un Robert Bourgi au pouvoir déclinant, qui règle des comptes personnels, révèle toutefois trois vérités. Il brise le mythe de la domination non consentie des Etats africains par les Etats occidentaux. Il déconstruit le mythe de la résistance héroïque contre le néo-colonialisme dont se parent encore les dictateurs africains. Et il établit la réalité de la servitude volontaire et de la soumission consentie et intéressée des classes politiques africaines à l’emprise des pouvoirs politiques et financiers étrangers.
Au vu de tout ce qui précède, nous nous rendons compte tout simplement que l’Afrique des indépendances n’existe pas et que dans le souci de préserver leurs fauteuils présidentiels et partant, jouir des bonnes grâces de l’Elysée, les dirigeants africains préféraient convoyer des liasses de billets de banque au palais de l'Elysée pendant que leurs peuples respectifs meurent de faim. Les Etats africains, au lieu de chercher véritablement à être indépendants, choisissent la voie la plus facile qui est de lécher les bottes des présidents français pour ne serait ce que s’éterniser au pouvoir. Et si vous tentez de sortir de cette confrérie, vous êtes appelé à payer le prix fort comme c’était le cas, il y a quelques mois en Côte d’Ivoire, et tout récemment en Lybie et que sais-je encore. Le peuple africain est appelé aujourd’hui à se lever comme un seul homme pour faire bloc définitivement contre cette pratique qui n’a fait que arriéré notre continent depuis les indépendances jusqu’à ce jour.
C’est le visage tristement célèbre d’une France sans pitié qui est ainsi affiché au grand jour. Plus d’un ont souvent reconnu le visage peu humain du colonisateur français par rapport aux autres. L’affaire Robert Bourgi n’en sera qu’une illustration grandeur nature. Les peuples africains l’apprendront à leurs dépens. Le fruit de leur travail est convoyé par mallettes vers l’Elysée. Ils peuvent comprendre que leur développement n’est plus hypothéqué, mais anéanti. Et cela, pendant très longtemps encore. Nous appelons d’autres voix à se lever pour continuer à dénoncer la pratique pour une Afrique meilleure que par le passé.
Madame Félicité RITSMA
Présidente du Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA)