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Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.

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Politique nationale: Comment Me Houngbédji sauve la démocratie depuis vingt ans !

Adrien HoungbedjiLa présidentielle de 2011 a livré son verdict avec des vagues de contestation massive. Personne ne pouvait imaginer que Me Adrien Houngbédji dont les vertus démocratiques sont incontestables, puisse aujourd’hui rejeter les décisions du scrutin du 13 mars dernier. Et pourtant, il y a cinq ans, ce démocrate reconnaissait sa défaite à la présidentielle en félicitant le Dr Boni Yayi qui venait ainsi d’être porté à la magistrature suprême de notre pays. Cette attitude louable du leader des Tchoco-Tchoco avait dérouté certains adeptes de la pensée unique qui étaient aux aguets. Bon nombre de nos concitoyens pensaient alors vers la fin de la tempête. Erreur ! C’était sans compter avec le naturel des humains, car les indices d’un retour à la pensée unique sont visibles dans le Bénin d’aujourd’hui.
Le combat de Me Adrien Houngbédji contre l’injustice et la privation des libertés, date des années 60. En 1967, le gouvernement dahoméen s’était lancé dans une campagne de moralisation de la vie politique en déclarant la guerre aux prévaricateurs. Un Tribunal spécial chargé de juger les corrompus fut alors créé. Me Adrien Houngbédji revenu tout fraichement au Bénin fut ainsi nommé procureur de la République à vingt-cinq -ans, pour accompagner le gouvernement dans sa mission. Quelle chance ! pouvait-on dire. Mais hélas ! il a dû quitter sa fonction parce que le gouvernement d’alors voulait l’instrumentaliser pour régler des comptes à certains compatriotes. Il a dû quitter la magistrature.

Le 8 août 1968 débute pour lui une nouvelle carrière d’Avocat spécialisé dans les affaires commerciales. En peu de temps Me Adrien Houngbédji a fini par devenir l’avocat des opprimés. L’assistance juridique a valeur de sacerdoce à ses yeux. Ce qui a permis à bon nombre de compatriotes accusés à tort à cette époque d’avoir accès à une défense.

Dans cette noble mission, M Adrien Houngbédji sera arrêté le 5 mars 1975 pour avoir pris la défense de feu Bertin Borna dans l’Affaire Kovacs. Un vaste scandale politico-économique dans lequel les barons du régime militaro-marxiste dirigé par le commandant Mathieu Kérékou étaient impliqués. Le soir même de son arrestation, il a dû fuir la prison civile de Cotonou à 20 heures avec une serviette de toilette autour de la hanche. Obligé de fuir le Bénin, Me Adrien Houngbédji a dû passer quinze ans de sa vie entre le Sénégal, la France, le Gabon et la Côte d’ivoire. Il a foulé le sol Béninois en 1989 grâce à loi d’amnistie que les autorités béninoises furent conduites à adopter sous la pression internationale.

Vingt ans de combat démocratique

De retour au pays, le combat politique de Me Adrien Houngbédji peut être résumé en ces termes : instauration de l’Etat de droit, le respect des libertés, transparence dans la gestion des affaires publiques et politiques, lutte pour la bonne gouvernance etc…

A la faveur des résolutions de la Conférence nationale des forces vives de la nation, il crée avec certains compatriotes le premier parti politique officiellement enregistré sous l’ère du renouveau démocratique. Le Prd ( Parti du Renouveau Démocratique) ainsi né va prendre à toutes les consultations électorales. Ainsi avec quatre députés en 1991, Me Adrien Houngbédji fut élu président de l’Assemblée nationale du Bénin sous l’ère démocratique. Son passage à la tête de cette institution a renforcé la démocratie dans notre pays. On peut citer la suppression des taxes civiques, et beaucoup de lois qui servent de base pour la consolidation de la République.

Après dix-huit années de régime marxiste-léniniste, il fallait reconstruire l’Etat de Droit. Me Adrien Houngbédji et tous les députés de la première législature y ont contribué massivement. Il faut signaler qu’au cours de cette période Me Adrien Houngbédji a dû mettre ses deniers personnels au profit de nos paisibles à travers la construction de plusieurs infrastructures socio-communautaires sur toute l’entendue du territoir national et surtout dans la partie septentrionale de notre pays. A cet effet, cette déclaration de Feu Moucharaf Gbadamassi en 1998 suite à la démission duPrd du gouvernement Kérékou II était édifiante « Nous avons tout donné à nos frères du Nord. Au nom de notre alliance avec le Pndd de Hubert Maga, nous avons eu à construire des écoles, des mosqués, que sais-je encore …. et voilà ce ……. ».

Des témoignages émanant de plusieurs leaders politiques à la retraite aujourd’hui existent dans ce sens. Ce n’est pas non plus un conseiller de Boni Yayi grand connaisseur de la classe politique nationale qui ne reconnaitra pas que dès les premières heures du Renouveau démocratique, au moment où les caisses de l’Etat étaient vides, certains hommes politiques qui ne sont pas du Prd et bon nombre de députés de la première législature ont eu à bénéficier des voitures 504 Peugeot SR à eux offertes par Me Adrien Houngbédji afin de les aider à accomplir leur mission politique.

Tout cela était fait pour accompagner les acteurs de notre démocratie naissante.

D’autres informations non confirmées par le personnage au nom du secret d’Etat font état de ce qu’il aurait aidé le régime révolutionnaire à payer le salaire des fonctionnaires vers la fin des années 80. Selon la même source, c’est ce qui l’aurait empêché d’être premier ministre de la transition au profit de Nicéphore Soglo. Sur cette rumeur, Me Adrien Houngbédji écrit de la page 31 à la page 32 de son livre Il n’y a de richesses que d’hommes ceci « …… les plus hautes instances du parti de la révolution populaire du Bénin venaient de prendre l’importance décision de faire bénéficier d’une amnistie totale des Béninois exilés qui manifesteraient le désir de rentrer au bercail. Fallait-il douter de leur bonne foi ? Ou fallait-il au contraire tester la volonté affichée par ces autorités de mettre fin à la chasse aux sorcières qui avait rendu le pays exsangue ?

Résidant au Gabon, je pris conseil auprès du président Omar Bongo Ondimba. Il m’encouragea à rentrer dans mon pays. Mais comme rien n’est jamais sûr dans ce domaine et que j’étais le tout premier à vouloir tenter l’aventure, il offrit de me faire accompagner par l’un de ses ministres d’Etat, après avoir mis un avion à ma disposition- geste d’amitié et de prudente confiance, auquel je resterai sensible le reste de ma vie. A Cotonou, le président Mathieu Kérékou me reçut en audience pendant une trentaine de minutes dans le strict dans la strict limite des civilités échangées entre deux personnes qui se connaissaient à peine. Après quoi j’allai me retirer m’incliner sur sur les tombes de mon père et de ma mère et repris l’avion. En tout , j’étais resté deux petites heures pour ce premier contact avec mon pays après tant d’années en absence. ………….. la rumeur courut que , par ce voyage , j’étais venu négocier auprès du président Kérékou un poste de premier ministre. En trente minutes et après un si long exil ! ……..la rumeur me poursuivit jusque dans la salle de la Conférence nationale et me fit apparaître comme un allié du régime, alors que j’en étais un adversaire éclairé."

Les rumeurs et autres intoxications contre Me Adrien Houngbédji ne datent donc pas d’aujourd’hui. Il est accusé à tort au mépris de la vérité.

1995, un tournant décisif

En récompense à sa bonne gestion du Parlement de 1991 à 1995, à travers les débats démocratiques qui s’y menaient, le parti de Me Adrien Houngbédji a connu un succès éclatant aux législatives de 2011. Le Prd a obtenu 19 sièges 20 à la Renaissance du Bénin au pouvoir. A eux seuls, le Prd et la Rb avaient la majorité au Parlement. La voie était ainsi tracée pour un heureux mariage du couple Soglo-Houngbédji pour longtemps. Malheureusement, les conseillers occultes et faux experts-politiques spécialisés en intrigues en ont décidé autrement. Contre toute attente, la Rb a porté son choix sur un autre candidat pour le perchoir. Un an après cette même Renaissance du Bénin sollicitait les suffrages du Prd au second tour de la présidentielle de 1996. La suite est connue. Le Général Mathieu Kérékou fut porté au pouvoir. Me Adrien Houngbédji fait les frais de ce choix politique jusqu’à ce jour à travers une haine féroce contre sa personne.

Et pourtant à travers ce choix politique, il a contribué à l’enracinement de la démocratie au Bénin. On a tôt fait d’oublier qu’à l’époque, notre pays avait des relations conflictuelles avec ses voisins au point d’amener une rébellion dans notre pays. Une fois encore, c’est Me Adrien Houngbédji qui a dû peser de tout son poids pour faire échec à ce plan machiavélique. Aujourd’hui, bon nombre de ces acteurs sont dans les arcanes du régime au pouvoir et se posent en donneur de leçons. Ces nouveaux princes au pouvoir, donc à l’ombre, oublient certainement que c’est quelqu’un qui a dû planter cet arbre sous lequel ils se reposent. Parmi ces personnalités figurent Me Adrien Houngbédji.

De 1996 à 1999

Dès leur accession au pouvoir, le premier réflexe des thuriféraires du régime de Kérékou 2 a été la tentative d’arrestation du président Nicéphore Dieudonné Soglo. Les ex –révolutionnaires ayant retrouvé le pouvoir étaient prêts à tous les excès. Dans leur plan machiavélique, le président Soglo fut convoqué au Tribunal de première instance de Cotonou pour détention de voitures administratives. N’eut été l’implication personnelle de Adrien Houngbédji, premier ministre du gouvernement, cette conspiration allait aboutir. Certains avocats de Nicéphore Soglo sont encore en vie et peuvent témoigner.

A vrai dire, les pires ennuis politiques de Me Adrien Houngbédji au sein du premier gouvernement de Kérékou ont commencé à partir de cette affaire. C’était le départ des ennuis politiques du personnage qui par la suite, a démissionné du gouvernement du Général Mathieu Kérékou pour des question de bonne gouvernance.

Dans l’histoire politique du Bénin sous le renouveau démocratique, outre la démission de feu Jean Florentin Féliho du gouvernement de Nicéphore Soglo, c’était la première fois qu’un homme politique démissionne de son poste par conviction. Une belle leçon de démocratie qui a valu en son temps des inimitiés au leader des tchoco-Tchoo. « On ne démissionne pas quand on est aux affaires » lui a-t-on reproché au point où dans l’optique de nuire à son image, ses adversaires ont dû le présenter aux populations comme celui qui démissionne souvent de tout. Quelle aberration à la béninoise ?

Depuis lors, à part le cas Pierre Osho, combien de ministre ont eu à démissionner de leur fonction malgré les pires humiliations qu’ils subissent. Le carriérisme et le matérialisme étant devenus les seuls indicateurs du bien-être , plus aucun repère idéologique n’existe dans le Danhomey d’hier jadis quartier latin de l’Afrique.

En poursuivant la lecture de l’histoire politique de notre pays , on retiendra qu’en 1999, Me Adrien Houngbédji a été porté à nouveau au perchoir de l’Assemblée nationale grâce au soutien de la Renaissance du Bénin. Le peuple béninois a pu voir et apprécier la qualité du débat Parlementaire sous sa présidence et surtout la vitalité de notre démocratie compte tenu du fait que toutes les institutions jouaient pleinement leur rôle. Ce fut le bon vieux temps. Bon nombre de béninois sont nostalgiques compte tenu de la qualité actuelle des débats sous l’hémicycle.

Les germes de la contestation

Les germes de la contestation des résultats électoraux au Bénin étaient en gestation depuis 1996. Nicéphore Soglo en a fait les frais et plus de quinze ans après que certains acteurs de cette mascarade ont reconnu qu’on a dû lui annuler des milliers de suffrages pour le faire partir. Au cours de la présidentielle de 2001, la même mascarade a été observée. Le président Nicéphore Soglo a dû renoncer à un second tour desdites élections pour ne pas cautionner la mascarade et le tripatouillage à cette époque. Il a été soutenu dans sa décision par Me Adrien Houngbédji. Au finish, on a dû assister à un match amical entre le Général Mathieu Kérékou et son ministre d’Etat, le président Bruno Amoussou. En 2001, les populations béninoises étaient inspirées de l’exemple malgache pour organiser des villes mortes à Cotonou. La première étape a été l’interdiction de la marche pacifique des militants de la Rb par le commandant Azinlo. Les anciens barons de la Renaissance du Bénin qui soutiennent aujourd’hui l’action du Dr Boni Yayi peuvent témoigner du rôle déterminant que Me Adrien Houngbédji a joué pour dissuader les uns et les autres dans cette entreprise. Il n’est plus question de rappeler les dérapages de l’ancien commandant de la garde présidentielle à Vidolé , ou son ordre d’abattre un des garde-corps de Me Adrien Houngbédji président de l’Assemblée à l’époque quand ce dernier et le président Mathieu Kérékou s’étaient retrouvé à Parakou lors des obsèques de feu Hubert Maga. N’eurent été la sagesse et le sens du dialogue du leader des Tchoco-Tchoco, notre pays allait basculer dans une violence car les positions politiques à l’époque étaient tranchées. Les témoins de ces scènes sont encore vivants.

Le danger de 2006

Pourquoi Me Adrien Houngbédji s’est empressé de reconnaître la victoire de Boni Yayi dès la proclamation des résultats de la présidentielle de 2006 ? Etait-il tenu de le faire compte tenu du désastre qui a caractérisé ces élections ? Malgré la pression et les ballets incessants en son domicile par des révisionnistes bon teint devenus aujourd’hui chantres du Changement, le leader du Prd a eu une fois encore pris ses responsabilités devant l’histoire en prenant à contre –pieds, tous les ennemis de la démocratie.

La suite, le nouveau président était allé au domicile de son adversaire. De mémoire des observateurs, tout était mis en œuvre pour une gouvernance concertée au vrai sens du terme. L’opposition devait avoir un statut afin de contribuer à l’enracinement de la démocratie et à l’Etat de droit. Mais qu’est ce qui a été constaté par la suite ? Les mauvais génies et autres faux-experts ont dû influencer négativement le président Boni Yayi.

Le chantre du changement qui devait au non de la gouvernance concertée avoir des entretiens avec son opposant n’a rien entrepris dans ce sens. Il a préféré suivre les griots et autres courtisans qui ne pensent qu’à leurs intérêt inavoués. Il s’en est suivi une rupture de dialogue entre acteurs politiques. En cinq années de pouvoir, le seul et vrai entretien entre le Boni Yayi et Nicéphore Soglo n’a duré que cinq minutes à la présidence de la République. Parmi ceux qui ont accompagné Me Adrien Houngbédji à cette rencontre, figure l’honorable Tidjani Serpos.

L’enlisement

La conséquence immédiate de cette rupture de dialogue entre acteurs politiques a été le dialogue de sourd qui a caractérisé le processus de la Lépi. Un précieux outil de développement voulu par les acteurs politiques qui est devenu la source des graves menaces qui planent sur notre démocratie. Qu’est ce qui a empêché le régime du Changement d’accéder à la requête de l’opposition qui ne demandait qu’une Lépi consensuelle. Pourquoi certains thuriféraires du Changement continuent d’utiliser les médias pour affirmer que l’opposition avait empêché ses militants d’aller se faire enregistrer. Ce qui n’était pas exact dans la mesure où il ne revenait pas aux citoyens d’aller chercher les agents recenseurs mais plutôt l’inverse. Les nombreuses irrégularités dénoncées par l’opposition au cours du processus de la Lépi sont confirmées par le fait que l’honorable Nassirou Arifari Bako n’a pu fournir la liste électorale dans les délais. Pire, des milliers de nos concitoyens ont été laissés en rade. On comprend alors les origines du Hold-up électorale orchestrés. La Cour constitutionnelle ayant proclamé les résultats définitifs de l’élection présidentielle, il revient aux forces politiques de l’opposition et à travers elles, leurs militants, le droit de les accepter et les rejeter à travers des manifestations pacifiques. C’est la règle dans toute démocratie. Pour la paix et au nom de la paix les militants de l’opposition ne peuvent être brimés deux fois.

Séverin ZOHOUN
Sociologue, Militant du Prd
Email : severinzohoun@gmail.com

Source: http://www.24haubenin.com

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