Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Ouattara a décidé de venir par tous les moyens, à bout de son Premier ministre. Il a profité de sa visite à Paris pour régler les détails de son débarquement-transfert. On dit souvent qu’il ya des apparences qui trompent. Pour Ouattara et son Premier ministre Soro Guillaume, il y a des apparences qui ne trompent plus. L’homme a beau fait bonne mine à l’égard de son petit, la réalité est que plus les jours passent, plus le fossé entre les deux s’agrandit. Car du côté du palais, l’homme est bien convaincu que son propre caïman risque de le broyer. Il sait par exemple que le petit commence à nourrir des ambitions «dangereuses.» C’est même pourquoi il ne veut plus le voir à la tête du Parlement ivoirien. «Ses proches lui ont vivement déconseillé de faire de Soro Guillaume Soro, la deuxième personnalité de l’Etat. C’est une option très dangereuse pour lui et pour la Côte d’Ivoire», révèle un cadre du Pdci. Ouattara a en tête, cette confidence de son Premier ministre. «Les gens oublient que moi, je ne suis pas n’importe quel Premier ministre. J’ai une armée avec moi». C’était alors libéré l’homme fort des forces dites nouvelles face à la nouvelle de son transfèrement à la Haye.
C’est aussi vrai que Ouattara qui épie Soro Guillaume de jour comme de nuit, est au fait de tous ses faits, gestes et dires. Il est bien convaincu que son Premier ministre qui n’y est que juste pour un temps, regrette quelque fois, les bons moments qu’il a passés avec le Président Gbagbo. Il sait en plus qu’en privé, l’homme se permet souvent avec certains chefs de guerre qui lui sont proches, de vanter les qualités humaines de son rival qu’il fait déporter à la Haye avec la complicité da la france.
Ce qui n’est pas fait pour lui plaire. Ouattara sait aussi qu’il n’incarne aucune des valeurs que les Ivoiriens trouvent en Gbagbo. En plein Conseil des ministres, Soro ne s’est-il pas permis de le chahuter comme il le faisait avec le Président Gbagbo. «Président, je sais que vous allez faire mal au stade», lui a-t-il lancé en pensant au match amical que le gouvernement devrait en ce moment, livrer contre la fif. Soro qui pensait peut être que c’est tout le monde qui a de l’humour comme le Président Gbagbo en a eu pour son compte. Il a pris une bonne claque en plein visage, car Ouattara n’aime pas ça. «Je n’aime pas ça», lui a-t-il répondu sèchement, au grand dam du gouvernement ahuri et étonné que le grand chef puisse s’emporter pour ces plaisanteries de bon goût qui devaient en fait, détendre l’atmosphère.
La vérité est qu’entre les deux, ce n’est plus la lune de miel. Et chaque jour qui passe, en rajoute à la pression que Ouattara subit de la part de ses parrains pour transférer Soro au tribunal onusien. L’homme sait très bien qu’en brusquant les choses, la partie risque d’être sanglante, car lorsque Soro dit qu’il a une armée avec lui. Il ne plaisante pas en le disant. C’est vrai qu’il regrette sérieusement le Président Gbagbo. Car la main qu’il lui a tendue en le faisait Premier ministre, l’avait complètement réhabilité aux yeux des Ivoiriens. Mais bon, c’est le passé. Soro doit donc assumer jusqu’au bout. Mais est-ce pourtant qu’il doit boire le calice jusqu’à la lie, alors qu’il s’est véritablement sacrifié pour que Ouattara arrive au palais. En tant qu’un de ses plus proches, il connaît presque son patron comme la paume de sa main.
Depuis le palais présidentiel, il est convaincu que Dramane n’hésitera pas à le sacrifier pour sauver son image au niveau de ses parrains occidentaux. Et dans ce jeu de poker menteur, il reste épaté par un fait qui passe inaperçu, mais qui marque l’une des différences entre Ouattara et le Président Gbagbo. Pendant que Gbagbo demande qu’on libère tous ses proches qui sont en détention, pour qu’il soit le seul responsable de ce qu’on lui reproche, Ouattara lui faire le contraire. Il n’a jamais rien fait.
Et se permet même de rejeter toutes les fautes sur Soro et ses chefs de guerre. Alors qu’à la vérité, il est le réalisateur et le metteur en scène de tout ce que l’ex-rébellion a posé comme acte. Mais comme le dit le président Affi, aujourd’hui dans le goulag du nord à Bouna, «Ouattara est le seul homme politique ivoirien qui n’a jamais rien fait. Il refuse même d’assumer ce qu’il pose comme acte», bien dit en tout cas. Le Premier ministre qui n’a plus le choix est convaincu de la logique de son maître. Un homme qui reste lié à l’Occident par tous les moyens.
En fait, le contraire de Gbagbo qui croit en l’intelligence des Ivoiriens. A Paris, le cas Soro était à l’ordre jour entre Ouattara et Sarkozy. Dramane qui sait qu’il ne peut pas compter sur l’armée ivoirienne, a donc mis son sort entre les mains de son ami Président. C’est l’un des objectifs de cet Accord de défense qu’il vient de signer dans la capitale française. Il demande en fait, à la france de protéger son pouvoir par tous les moyens. Le confrère Nord-Sud qui visiblement, reste quelque peu bleu dans cette affaire a cru bon de mettre à sa Une que «la France attend les putschistes». Alors que Ouattara regarde de plus près, son Premier ministre qui ne veut pas se laisser faire.
Ce sont en tout 300 militaires français qui seront mobilisés pour protéger le pouvoir que les Ivoiriens aiment tant au point d’aller chercher des protecteurs à mille lieux. Alors que c’est bien simple. Lorsqu’ on est le choix de son peuple, on ne courre pas à la recherche de protection dans des pays étrangers. Il y aura certes trois cents gendarmes comme c’est décidé, mais cela ne suffit pas. Le pouvoir qui dans le bourbier ivoirien, a le soutien de l’Onuci a décidé de faire aussi jouer la carte du mercenariat.
Plusieurs mercenaires principalement, en provenance de certains pays de la sous-région seront de la partie pour sécuriser le pouvoir de Sarkozy à Abidjan. Ces derniers seront habillés aux couleurs onusiennes, l’objectif étant de se faire passer pour des Casques bleues.
Leur mission, contrecarrer Soro et ses hommes lorsqu’il sera question de vouloir le transférer dans la prison onusienne. Car déjà dans les casernes des frci, la colère ne fait que monter depuis qu’il a été question d’envoyer les patrons des forces nouvelles à la Cpi. «On vous dit que notre chef sera transféré, nous entendons cela chaque jour. Nous attendons que ceux qui veulent le faire, passent aux actes, et on va voir qui est qui dans ce pays», fait à ce propos, remarquer un chef de guerre qui garde l’anonymat pour des questions évidentes de sécurité.
Simple plaisanterie de Com’zone? On attend de voir car c’est bien le temps des bruits en Côte d’Ivoire. Pour se protéger, Ouattara a donc décidé de livrer la Côte d’Ivoire mains et pieds liés à la france. En fait, c’est l’avenir de plusieurs générations d’Ivoiriens qui est ainsi sacrifié sur l’autel des intérêts d’un homme qui a peur de sa propre peur. Parvenu au pouvoir dans les conditions que tout le monde sait, Ouattara voit des ennemis partout, même dans ses propres rangs. Il est aussi presque hanté par les partisans du Président Gbagbo qu’il a fait fuir par milliers dans les pays de la sousrégion.
Tout ce qui se fait et se dit surtout dans la capitale ghanéenne est vu comme une tentative de coup d’Etat. Pour obtenir leur retour forcé, toutes sortes de pressions ont été faites sur les autorités ghanéennes. Avec en plus, les promesses les plus mirobolantes. Comme par exemple le pétrole ivoirien qu’il est prêt à brader rien que pour avoir les pro-Gbagbo exilés dans ce pays frontalier de la Côte d’Ivoire. Manque de pot pour lui, Accra n’est pas Ouagadougou, ou Dakar. Des capitales qui sont quotidiennement, soumises au bon vouloir de Paris. Le réalisme d’Accra a conduit Paris à prendre certaines décisions vis-à-vis de son pouvoir d’Abidjan. Le ministre de la Défense de Sarkozy, en visite de reconnaissance en Côte d’Ivoire, n’a pas caché les visées de l’Hexagone. Comme au bon vieux temps. «La France va sécuriser les frontières de la Côte d’Ivoire», s’est permis de dire Longuet en visite au palais d’Abidjan. Depuis même son arrivée au palais, plus un jour ne passe sans qu’un officiel ou un officieux proche de Sarkozy ne vienne dans la capitale ivoirienne. Pour laisser les consignes de Paris.
Guehi Brence
Source: Le Temps