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Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.

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Meeting du 06 avril 2011 à la Bourse du Travail : Les déclarations de Gaston Azoua et de Philippe Noudjènoumè

azoua000-copie-1.jpgAlors que le Chef de l’Etat prêtait serment à Porto-Novo ce mercredi 06 avril 2011, les centrales syndicales, le Parti communiste du Bénin et les organisations de la société civile se sont retrouvés à la Bourse du Travail à Cotonou le même jour pour un meeting. Voici les déclarations de Gaston K. Azoua, S.G. de la CSTB et Philippe Noudjènoumè , 1er Secrétaire du PCB.
Allocution de Monsieur Gaston K. AZOUA, S.G. de la CSTB – Au grand meeting du 06 avril 2011 à la Bourse du Travail

A PROPOS DU POUVOIR DES TRAVAILLEURS ET DES PEUPLES

Camarades et chers amis,
Les travailleurs et la jeunesse sont en train de créer une nouvelle tradition depuis l’avènement du régime dit du Renouveau : se réunir régulièrement au cours des élections présidentielles pour faire entendre leurs voix, pour indiquer leur volonté et se battre pour son triomphe. Ainsi nous avons lutté contre les élections frauduleuses et déclaré ouvertement que tout vainqueur de ces élections serait frappé d’illégitimité. Le pouvoir de Boni YAYI qui était l’organisateur de ces fraudes a été déclaré vainqueur de ces élections et le monde entier peut se rendre compte qu’il s’agit d’une mascarade, d’un hold-up électoral où la souveraineté du peuple a été niée, piétinée, bafouée. La honte couvre le pays. Mais plus grave, c’est qu’à la fraude s’ajoutent la répression de tout contestataire, les états de sièges des villes, la violation de la liberté d’expression et de presse. Seuls les zélateurs du vainqueur de la fraude ont droit à la parole et à la presse. A tous ces épigones, je leur dis de la façon solennelle en me faisant aider de La Bruyère : sans liberté de critique, il n’y a pas d’éloge flatteur..Les thuriféraires de la HAAC et autres sont mis à nu et condamnés d’avance par l’histoire. Mais ce que tout cela montre, c’est que les libertés chèrement conquises sont en danger. Une nouvelle autocratie s’abat sur le pays, un nouvel autocrate s’installe pour opprimer et exploiter davantage les travailleurs et les peuples. Les travailleurs et les peuples, tous les démocrates et patriotes sont devant un défi : résister jusqu’au renversement de la nouvelle autocratie.

Les travailleurs et la jeunesse qui ont été au cœur de la résistance ont un rôle central à jouer. C’est heureux que nous en prenions de plus en plus conscience en prenant des résolutions indiquant que tout pouvoir désormais doit se baser sur la volonté des travailleurs et des peuples. Jusqu’à présent, les travailleurs se battent, mais au bout, ils s’arrêtent et laissent d’autres se faufiler au pouvoir sous le prétexte de ne pas faire de la politique. Mais aussitôt, la politique des nouveaux dirigeants les rattrape et les travailleurs, producteurs des biens, sont obligés encore de tendre la gamelle pour réclamer un peu de bien être. Il faut que cela s’arrête maintenant

Les impérialistes, leurs théoriciens et journalistes présentent le pouvoir d’Etat comme un organe neutre dont la nature et la forme dépendent seulement de celui qui l’exerce.

Mais, le pouvoir d’Etat n’est pas neutre. Il n’appartient pas à tout le monde mais à la classe sociale qui le détient. Dans notre pays, le pouvoir depuis la colonisation appartient à la haute bourgeoisie coloniale puis néo-coloniale. Le système politique en place exclut, opprime et exploite les travailleurs salariés, les paysans et artisans, piétine nos langues et cultures, étouffe notre émancipation et empêche tout développement.

Vu le constat de léthargie cinquante ans après notre indépendance, vu le constat d’enlisement dans la corruption vingt ans après la conférence nationale, il faut des mesures patriotiques pour notre émancipation et notre décollage réel. Le succès de la lutte au quotidien contre l’arbitraire, contre la confiscation et l’exercice du pouvoir personnel, contre le pillage et les bradages des ressources nationales exige des mesures à la portée de chaque citoyen, exécutables par lui.

Ainsi :

1-Garantie des libertés

Libertés politiques complètes pour les travailleurs et les peuples. Jugement et châtiment des tortionnaires et des auteurs de violation des libertés des travailleurs et des peuples. Châtiment des fraudeurs et des corrupteurs pendant les élections

2.- De la désignation des Directeurs Généraux, gestionnaires du bien public

Election et révocabilité sur la base de critères à définir par l’Assemblée Générale des travailleurs. Le pouvoir appartient aux travailleurs.

3.- Suivi et contrôle de la gestion du bien public

Assemblée Générale des travailleurs et/ou des usagers concernés avec leurs comités. Publication des accords ainsi que des contrats avec les adjudicataires. Félicitations des dirigeants méritants. Sanctions des auteurs de pillage et de mauvaise gestion à déférer à la justice. Les travailleurs étant les mieux placés pour connaître de ces faits.

4.- Rémunération des dirigeants

Réduction des salaires et avantages des dirigeants. Aucun salaire de dirigeants de l’Administration ne doit dépasser celui du professeur d’université. Amélioration de la rémunération et des avantages des basses couches. Réduction de l’échelle des rémunérations. Lutte contre la corruption par les Comités et Assemblées générales des travailleurs.

5.- Langues officielles et d’instruction

Aucun privilège pour aucune langue. Toutes les langues parlées sont langues officielles. Instruction de chacun et de tous à partir de sa langue maternelle, à commencer par les adultes. Organisation de l’instruction et de l’éducation de masse avec utilisation de tous les outils de communication, notamment l’Internet.

6.- La liberté de produire

Aide matérielle en formation et accès aux crédits aux entrepreneurs nationaux et notamment aux artisans organisés en coopératives sous des formes diverses. Facilités fiscales à ces entreprises. La recherche scientifique et technique orientée vers les besoins nationaux.

7.- Sauvegarde du patrimoine national

Maintien et gestion rigoureuse des entreprisses publiques. Retour dans le patrimoine public des entreprises des secteurs stratégiques de l’économie nationale . La terre est propriété éminente de l’Etat.

8.- Attitude vis-à-vis des ressources traditionnelles

Appui et déploiement de toute la richesse du passé. Autonomie administrative jusqu’au niveau du village et quartier de ville. Langues locales comme langues d’instruction et d’administration. Dans chaque village et quartier de ville : Justice locale aux mains des notables dans des tribunaux de conciliation ; Centre de santé associant médecins modernes et guérisseurs traditionnels reconnus comme agents de santé public; Bureau de poste avec connexion à l’Internet ; les chasseurs et les brigades de jeunes reconnus en tant que force de sécurité officielle.

Il s’agit bien de conquête de droits nouveaux démocratiques afin d’aller de l’avant ; droits à inscrire dans une nouvelle Constitution qui doit prévoir, à côté d’une chambre de députés, une Chambre des Nationalités, composée de représentants des dignitaires traditionnels qui aura pour tâche d’apprécier la conformité des lois votées par l’Assemblée nationale avec les traditions positives de nos peuples.

Voilà ce qui distingue le pouvoir des travailleurs et des peuples de tous les pouvoirs connus dans notre pays jusqu’à ce jour. Le gouvernement, mis en place en concertation avec leurs représentants, est alors mandataire des travailleurs et des peuples, des producteurs nationaux. C’est l’exemple que nous donne la COSATU, organisation syndicale d’Afrique du Sud avec l’ANC et le Parti Communiste d’Afrique du Sud.

C’est tout cela qui nous motive, lorsqu’on prend en considération le programme liberticide et antinational de Boni YAYI déclaré élu par imposture, pour poursuivre le combat. On ne peut accepter les bras croisés le déploiement d’une nouvelle autocratie. C’est l’occasion d’en finir avec toute autocratie et d’établir enfin la souveraineté réelle du peuple, le gouvernement réel du peuple par le peuple et pour le peuple, le pouvoir des travailleurs et des peuples du Bénin. C’est là une véritable révolution dont le chemin nous est encore montré par les peuples tunisien, égyptien.

Vive la révolution !

Vive le pouvoir des travailleurs et des peuples !

PARTI COMMUNISTE DU BENIN (P.C.B)

01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)

Tél. :21 30 03 22/97 98 35 65 – Site : www.la-flamme.org

Message de Philippe NOUDJENOUME, 1er Secrétaire du PCB

Au grand meeting du 06 avril 2011 à la Bourse du Travail

Camarades

Responsables des Centrales et Fédérations Syndicales

Responsables de L’ODHP,

Responsables des Organisations de Jeunes, de femmes, d’étudiants,

Chers concitoyens

Ce jour 06 Avril 2011, sera gravé en lettres noires dans l’histoire centenaire des peuples du Bénin unis sous une même domination, celle des colonialistes français. C’est la date qui rappelle les sombres moments de conquête coloniale où par la force des armes nos braves aïeux BEHANZIN, BIO GUERA, KABA, SAKA YERIMA, TOFFA, se sont vus imposer le joug colonial et l’asservissement à l’étranger. La scène qui se déroule en ce moment dans notre capitale, Porto-Novo – la prestation de serment de YAYI Boni pour un deuxième mandat – donne tout l’air de ces événements tragiques évoqués plus haut.

Pourquoi nous en sommes là aujourd’hui ? C’est parce que par vos luttes, vous travailleurs avez mis à l’ordre du jour l’émancipation de notre patrie. Les pôles de ces combats sont connus de tous : le ministère des Finances et la Bourse de Travail. Vous avez combattu les institutions instrument du capital financier international que sont le FMI et la Banque Mondiale et leurs mesures meurtrières au Bénin. Vous vous êtes dressés dès les premiers signes contre l’autocratie naissante de YAYI Boni et en particulier contre la LEPI truquée. Et si je me suis présenté comme candidat à ces dernières échéances électorales, c’est pour y porter vos voix et revendications « POUR LE POUVOIR DES TRAVAILLEUS ET DES PEUPLES ».

Chers camarades, chers amis et concitoyens.

Le scrutin électoral du 13 Mars ne constitue pas des élections à proprement parler. Il s’agit purement et simplement d’un hold-up électoral coiffé d’un coup d’Etat électoral.

Avec les élections présidentielles de 2011, notre peuple fait une chute dans l’abîme. L’histoire retiendra que les auteurs principaux d’une telle tragédie ont pour noms YAYI Boni, DOSSOU Robert, BAKO ARIFARI Nassirou et GNONLONFOUN Joseph. Ils ont servi d’instruments d’une politique d’asservissement et de guerre des puissances impérialistes notamment française contre les peuples africains dont l’exemple est en train de nous être servi par l’agression en cours contre les peuples de Côte d’Ivoire et de Libye. La fabrication par ces puissances et le soutien accordé à une LEPI truquée en faveur de YAYI Boni ne vise pas d’autre but.

Face à cette forfaiture qui représente les premières annonces de l’enfantement d’une nouvelle autocratie, celle de YAYI Boni, les travailleurs et les peuples du Bénin se sont indignés, se sont révoltés. Ils refusent d’accepter l’inacceptable. En tant que fils de ce peuple et à l’écoute de ses intimes impulsions, avec les responsabilités qui sont les miennes, j’ai en date du 21 mars 2011, appelé « toutes les forces politiques, sociales, économiques, religieuses, militaires attachées à la démocratie, à la dignité du pays et à la paix et au développement réel de notre pays à s’unir dans le combat pour sauver la patrie (…) et à organiser par tous les moyens la résistance ». Dans ce sens je ne peux que saluer toutes les expressions et manifestions de la résistance à la tyrannie d’où qu’elles proviennent à l’intérieur comme de la diaspora béninoise à l’extérieur.

Je salue en premier lieu les Responsables des Centrales et fédérations syndicales, particulièrement ceux de la CSTB et de la FESYNTRA-Finances ainsi que de l’ODHP qui, de façon ferme et constante, ont combattu à travers les multiples luttes et manifestations (et ceci tout au long du processus), la mascarade électorale et l’ont rejetée ainsi que celui qui en est l’auteur et le bénéficiaire, YAYI Boni. Il est incontestable et heureux que vous constituez aujourd’hui le premier pôle et le plus solide de résistance à la tyrannie. Je salue votre détermination à affirmer votre pouvoir, le pouvoir des travailleurs et des peuples qui est la seule alternative pour une bonne gouvernance au Bénin.

Je salue la déclaration de refus de l’imposture de Me Adrien HOUNGBEDJI selon laquelle «Nous devons résister à la liquidation de notre démocratie»

Je salue la déclaration de rejet de l’imposture par le candidat Abdoulaye Bio TCHANE et son appel à la résistance.

Je salue les autres expressions de résistance à la dictature, diffuses comme précises, à l’instar de celles des soldats patriotes et opprimés de notre armée.

Je salue enfin la diaspora béninoise à l’étranger qui de Paris à Lagos, de Londres ou de New-York, à Lomé, etc. à travers des organisations ou individuellement rejettent l’ignominie et l’infamie.

Je vous dis « Poursuivez dans le rejet de l’inacceptable ! La patrie vous appelle. Il ne reste à l’homme qui a tout perdu que l’honneur ! »

Le nouvel autocrate YAYI Boni dès son forfait réalisé poursuit dans la voie de l’instauration de la dictature. Il réprime dans le sang des manifestations pacifiques à Cotonou et Porto-Novo, met Porto-Novo en état de siège.

Je voudrais ici m’associer aux douleurs des populations de Porto-Novo devenues les martyrs de la nouvelle autocratie de YAYI Boni. Les réprimer dans leur indignation n’est que de l’arbitraire et de l’injustice. Je les soutiens et leur dis de ne pas baisser les bras. Il n’existe pas d’autre voie que les pentes escarpées pour parvenir à la liberté, à la dignité.

C’est le lieu de dire aux membres de la HAAC qu’ils se trompent d’époque en tentant de réduire au silence, par leur mesure scélérate, toute voix critique contre la nouvelle autocratie. Qu’ils sachent autant qu’ils sont que l’histoire ne leur permettra pas de réaliser leur forfait de liquider la liberté d’expression et de presse si chèrement conquise et nous ramener à la période d’EHUZU de sinistre mémoire et qu’ils répondront de tels crimes.

On ne saurait frapper un enfant et lui interdire de pleurer dit l’adage populaire. C’est pourquoi tous ceux qui appellent à la paix sans situer la cause du trouble à la paix sont des soutiens de la nouvelle autocratie de YAYI Boni.

Chers camarades, chers concitoyens,

Comme vous l’avez souligné, tous ceux qui sortiraient élus de ces élections frauduleuses sont frappés d’illégitimité et d’illégalité. Le pouvoir de YAYI Boni qui prête serment ce jour à Porto-Novo est illégal et illégitime. Et la Cour Constitutionnelle devant laquelle ce serment se prête n’est qu’une Cour au service du monarque YAYI Boni. Face à cette imposture, je réaffirme qu’aucune loi, aucune Constitution, aucun Destin ne nous condamne à subir le règne d’un despote.

Ce que ces élections nous donnent comme leçons pratiques, c’est qu’il ne reste d’autre voie de chasser YAYI Boni que de faire la révolution.

C’est pourquoi, je vous appelle, travailleurs, jeunes, femmes, citoyens de ce pays à l’intérieur comme à l’extérieur à développer les formes de résistance les plus variées contre la nouvelle autocratie (dans la défense de vos intérêts et des libertés) jusqu’à la formation d’un Gouvernement de Salut National de Transition basé sur les exigences populaires et patriotiques, seul à même d’organiser des élections libres et crédibles au Bénin.

Alors vive la Résistance populaire !

Non à la dictature fasciste !

Vive la Révolution pour que vive le pouvoir des travailleurs et des peuples !

Cotonou, le 06 avril 2011

signature illisible

Philippe NOUDJENOUME

Journal LA TRIBUNE DE LA CAPITALE 07/04/11

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