Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Pour Jean-Louis Billon, président de la Société Immobilière et Financière de la Côte Africaine (SIFCA) et président de la Chambre de commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire, l'Afrique redevient fréquentable pour les entreprises qui voudraient investir.
Que de chemin parcouru! Souvenons-nous des premières éditions, au début des années 2000, du rapport de la Banque mondiale sur l'environnement des affaires, le fameux Doing Business. Pour l'Afrique, le constat dressé était sans appel.
Lourdeurs administratives, insécurité juridique, corruption endémique, etc: le message lancé aux investisseurs par l'institution internationale était plus que dissuasif. Le continent était une terre hostile pour les entrepreneurs.
Les décideurs économiques et politiques avaient beau dénoncer – à juste titre – une approche anglo-saxonne dans la définition des indicateurs d'évaluation, le discours lancinant et déprimant s'était imposé. Seuls ceux qui avaient une parfaite maîtrise du «risque-pays» pouvaient s'aventurer en Afrique. Les autres étaient priés de déverser leurs capitaux en Asie.
L'Afrique monte en gamme
Dix ans plus tard, le dernier Doing Business vient d'être publié (1). Les indicateurs sont les mêmes, mais plus le classement. Sur les cinquante pays dans le monde qui ont le plus amélioré leurs réglementations des affaires cette dernière année, dix-sept sont subsahariens. Entre juin 2011 et juin 2012, vingt-huit des quarante-six gouvernements de la région ont entrepris au moins une réforme pour faciliter la vie des entreprises.
Certes, en queue de classement, on retrouve toujours les mêmes mauvais élèves, mais d'une manière générale, l'Afrique monte en gamme, devient attractive, «bancable»... Autrement dit, les technocrates de Washington moulinant leurs batteries d'indicateurs n'étaient pas de mauvaise foi. Les gouvernants africains – pas tous encore, mais la plupart – l'ont bien compris et ont enfin intégré des stratégies de développement économique dans leur exercice du pouvoir.
Des banquiers ou des patrons détiennent des portefeuilles ministériels, les argentiers ou les conseillers économiques des chefs d'État peuvent discuter sans complexe avec les experts surdiplomés envoyés par le Fonds monétaire international (FMI), des fonctionnaires internationaux subsahariens reviennent au pays pour servir..., la gouvernance progresse. Les décideurs économiques avaient pris les devants sans attendre les sermons de la Banque mondiale.
Source: http://www.slateafrique.com