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Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.

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L’ONU en Côte d’Ivoire : Promotion de la démocratie ou lynchage d’un président gênant

onuci_choi.jpgL’organisation des élections présidentielles les plus chères au monde se sont tenues les 31 octobre et 28 novembre 2010. Ces échéances étaient censées ramener la paix dans ce pays en proie à des violences politiques depuis le décès du premier Président (Félix Houphouët Boigny, le 7 décembre 1993). En même temps qu’ils ont montré de la patience, les contribuables ivoiriens ont dû payer 93 % des 400 millions d’€ qu’il a fallu débourser pour l’organisation de ces élections. La réalité est que les Ivoiriens ont attendu plusieurs années en vue de voir se dérouler des élections justes, transparentes, ouvertes à tous et donc crédibles. De la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire L’opération des nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) avait pour mission de réaliser le désarmement des rebelles et la réunification du pays en vue de l’organisation d’élections justes et transparentes. Les élections se sont tenues sous la pression de la Communauté internationale sans que les conditions posées soient réunies (désarmement, réunification du pays, …). Il importe de noter que l’Onuci, dans l’habit de forces impartiales qu’elle est censée porter et affirmer, doit cultiver des solutions de paix. Il s’agit donc d’être juste afin d’amener les différentes parties à s’entendre sur un compromis. Du déroulement du deuxième tour des élections du 28 novembre 2010 Il convient de rappeler que le procès fait sur la légitimité des deux structures que sont la Commission électorale indépendante (CEI) et le Conseil constitutionnel s’apparente à une opération de diversion qui consiste à éluder le fond des faits visés dans ce qu’il est convenu d’appeler la crise postélectorale. Dans la mesure où, malgré des insuffisances que l’on veuille leur imputer pour telle(s) ou telle(s) raison(s), on peut constater que les Ivoiriens ont bien intégré les missions dévolues à chacune de ces deux structures. Concernant la Commission électorale indépendante, elle « est chargée de la supervision et du contrôle du déroulement de toutes les opérations électorales dans le respect des lois et des règlements en vigueur (article 2 nouveau de la loi n°2004-642 du 14 décembre 2004 modifiant la loi n°2001-634 du 9 octobre 2001 relative de la CEI). A ce titre, elle est notamment chargée de la garantie sur toute l’étendue du territoire national et à tous les électeurs, du droit et de la liberté de vote ; le contrôle de la régularité des opérations de vote, de dépouillement des bulletins de vote et de recensement des suffrages ; la proclamation provisoire ou définitive de toutes élections à l’exception de l’élection présidentielle et du référendum pour lesquels la proclamation définitive des résultats relève de la compétence exclusive du Conseil constitutionnel. » Quant au Conseil constitutionnel, « conformément aux articles 32 et 94 de la Constitution, il contrôle la régularité des opérations de l’élection du Président de la République, statue sur les contestations y relatives et en proclame les résultats définitifs. » L’article 63 nouveau du code électoral dispose que « Le résultat définitif de l’élection du Président de la République est proclamé par le Conseil constitutionnel, après examen des réclamations éventuelles … ». Aux élections du premier tour du 31 octobre 2010, le protocole conforme aux dispositions évoquées plus haut a bien fonctionné. A savoir que la CEI a proclamé les résultats provisoires ; le Conseil constitutionnel a proclamé les résultats définitifs après avoir examiné la régularité des opérations de vote. Ce sont ces résultats définitifs proclamés par le Conseil constitutionnel que le représentant du secrétaire général de l’ONU, M.Young-Ji Choï a certifiés. Après le deuxième tour des élections, M. Choï a certifié des résultats donnés par M. Youssouf Bakayoko, Président de la CEI et donc censés être provisoires. Le fait que des résultats qui devraient avoir un caractère provisoire, ayant été donnés hors délai, par le seul président de la CEI, en l’absence des autres commissaires et ce, au quartier général du candidat Ouattara n’émeut pas les grands démocrates du monde entier. Plus parlant encore est que 70 % de taux de participation ont été annoncés par le porte-parole de la CEI, M. Yacouba Bamba, juste avant de donner les premiers résultats. Ces derniers concernaient ceux des Ivoiriens de l’étranger. Les résultats qui donnent le premier ministre Ouattara vainqueur ont été donnés avec un taux de participation de 81,12 %. Ce qui correspond à une affectation de 600 000 voix arbitraires ou fictives. L’emballement suscité par le président français et l’ONU Au mépris des observations d’observateurs, la CEDEAO, l’Union africaine, l’Union européenne et l’ONU ont été abreuvées de considérations qui les ont sans doute induites en erreur. Le Président français dans son inclination systématique à faire d’un ami, Président de Côte d’Ivoire, a appelé à reconnaître l’élection de M. Alassane Ouattara. L’opinion commence à se poser des questions car comment un président élu – comme il est dit à 54,10 % -, n’arrive pas à concrétiser des « opérations villes mortes » et/ou exercer la plénitude du pouvoir. La difficulté à accréditer la neutralité du Président Burkinabé, facilitateur dans la crise ivoirienne et de l’ONU, arrivée en Côte d’Ivoire comme force impartiale Au mépris des observations d’observateurs accrédités par la CEI (de la CEDEAO, de l’Union africaine, l’Union européenne) qui pointent de graves entraves à la liberté scrutin et donc à la sincérité du vote dans les zones assiégées par les rebelles, M . Young-Ji Choï, Représentant du Secrétaire général de l’ONU, a certifié des résultats provisoires, en totale contradiction avec la loi électorale. Il revenait à ce moment-là au facilitateur, le Président Blaise Compaoré de recadrer les choses. D’autant plus que pendant son séjour (à Abidjan le 27 novembre 2010, la veille du deuxième tour), les candidats Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo ont co-signé un document relatif à un code de bonne conduite . Mais il a pris fait et cause pour Ouattara en soutenant la forfaiture de Choï. Dès lors, ces deux personnalités Blaise Compaoré et Young-Ji Choï) perdent leur crédibilité. Et nous comprendrons pourquoi leur contribution à la croisade contre le Président Gbagbo déclaré vainqueur par le juge des élections qu’est le Conseil constitutionnel, utilise tous les moyens pour éluder la découverte de l’imposture qui alimente la forfaiture. Ce qui se passe donc en Côte d’ivoire est crée artificiellement pour évincer à tout prix Laurent Gbagbo. Une manipulation pour contrôler la direction d’un pays afin de puiser sans difficultés ses ressources au profit de pays impérialistes et de multinationales Au regard de ce qui précède, l’opinion commence à se demander si ce qui est présenté comme un contentieux électoral en Côte d’Ivoire, n’est pas en fait une diversion. Car comment comprendre que, alors qu’aux Etats Unis, le recomptage des voix a été fait pour départager Georges W. Bush et Al Gore, il est brandi dès les premières heures du contentieux électoral, la menace de traduction devant la Cour Pénale internationale, le gel d’avoirs de façon précipitée par l’Union européenne, la proposition rapide d’une intervention militaire, la mise à contribution des médias à un lynchage, à une diabolisation de Laurent Gbagbo, et un parti pris pour Ouattara, de nature à intoxiquer l’opinion ? De la fissure du bloc des belliqueux vers une proposition par l’Union africaine d’un panel De bonne foi, le Président sud-Africain a d’abord reconnu l’élection de Ouattara. Il n’y avait pas de raison de douter de la position du Représentant du Secrétaire général de l’ONU surtout que l’organisation mondiale intervient comme force impartiale. Mais l’arrivée de chaque émissaire à Abidjan levait un coin du voile jusqu’à mettre au grand jour que Choï n’a pas dit la vérité sur les élections. L’Union africaine se retrouve dans une difficulté historique où elle peut être amenée à se dédire. Prévu pour donner les conclusions de leurs travaux le 28 février 2011, le panel reporte l’annonce des conclusions au lendemain de la visite officielle de Jacob Zuma, organisée par Nicolas Sarkozy. Nous pouvons rappeler les phrases célèbres tenues par Jacob Zuma sur CNN : « en Côte d’Ivoire, il n’y a pas eu d’élection. Les rebelles n’ont pas déposé les armes (…) des citoyens ont été empêchés de voter (…) Si ce qui s’est passé, vous appelez cela une élection, alors c’est Laurent Gbagbo qui a gagné (…) ». Le rêve brisé de Sarkozy de ne pas réussir à « tordre le bras » à Zuma le conduit à d’autres manœuvres Le Président Sarkozy gagnerait à se montrer réaliste au lieu de s’entêter dans cette « chasse à l’homme Gbagbo ». Nicolas Sarkozy (voir la conférence de presse à l’Elysée, le 2 mars 2011) répond à un journaliste : « … Après la reconnaissance par l’ONU, par l’Union Africaine et par la CEDEAO, de l’élection du Président Ouattara, nous la France avons été amenés à reconnaître l’élection du Président Ouattara … » . Or l’attitude de M. Sarkozy dans ces élections et les films existant sur ses prises de position antérieures montrent exactement le contraire. Est-ce l’affirmation d’une duplicité ? Des propositions du panel et la tension de guerre palpable en Côte d’Ivoire Aider les Ivoiriens voudrait dire de trouver des solutions pour purger le contentieux électoral en toute objectivité. Louvoyer avec la volonté des Ivoiriens est manifestement l’attitude du pyromane qui s’érige ensuite en pompier. Il faut dire que ceux qui profitent de l’économie de cette guerre n’ont pas intérêt à ce que le pays recouvre sa normalité. Tout le monde s’attendait à ce que le panel commis par l’Union africaine, se rende à Abidjan pour donner ses conclusions. Mais c’est plutôt une invitation à se rendre à Addis Abéba qui est adressée à Laurent Gbagbo Président déclaré vainqueur par le Conseil constitutionnel ; Alassane Ouattara, Président reconnu par la Communauté internationale et Paul Yao Ndré, président du Conseil constitutionnel. Par ailleurs, au lieu d’adopter une position neutre afin d’aider la Côte d’Ivoire à sortir de cette impasse, la Force Licorne et l’ONUCI reçoivent des armes lourdes et des avions de combat. Il est établi que : - Le Burkina Faso qui n’a aucun pied de cacaoyer exporte du cacao, et du diamant ; - Des containers d’armes transitant par le Tchad au bénéfice de l’ONUCI afin d’équiper les forces rebelles ont été encore saisis ce lundi 7 mars au Cameroun ; - L’ONUCI et la Force Licorne instruisent les rebelles et tirent sur des populations ; - Une campagne de désinformation et d’intoxication, notamment des montages de tueries (l’histoire de sept femmes tuées pendant une « marche pacifique » à Abobo qui s’avère fausse), la commande d’armes par le Président Gbagbo à la Bélarus est un mensonge. M. Alain Le Roy, Secrétaire général Adjoint de l’ONU a présenté ses excuses à ce pays accusé à tort. La norme voudrait que ces mêmes excuses soient présentées à Laurent Gbagbo et à la Côte d’Ivoire ; - Un commando « invisible » terrorise les populations en brûlant tout sur son passage ; les personnes calcinées sont nombreuses dans les morgues ; - Le silence assourdissant de la Communauté internationale sur les nombreuses exactions des rebelles et des graves violations des droits de l’homme, avec la complicité de l’ONUCI et de la force licorne est affligeant ; En fait, tout ce qui n’accable pas Laurent Gbagbo n’est pas bon à prendre. Tout ceci ne nous amène-t-il pas à nous interroger sur les rapports des organisations humanitaires qui commencent à devenir sujets à caution. Au total, lorsque l’on regarde les parcours du Président Gbagbo et du Premier ministre Ouattara, on ne peut pas dire que le premier est le démon et le second l’ange. Enfin, il n’est pas normal que les démocrates de ce monde se taisent sur ce qui se passe en Côte d’Ivoire. Au stade où nous sommes, vu que le Président Laurent Gbagbo reste ouvert depuis toujours, il y aurait une solution simple : par exemple, la mise sur pied d’un gouvernement transitoire pour préparer un troisième tour d’élections (justes et transparentes), et donc après un désarmement complet et la réunification effective du pays. Mais au prix déjà payé par les Ivoiriens, il faudrait ouvrir des modalités judicieuses. Dans un tel climat, si les forces extérieures mettent en avant la souveraineté de la Côte d’Ivoire et donc le choix effectif des Ivoiriens sur toutes autres considérations, la Côte d’Ivoire pourra recouvrer la paix et sortir des griffes des terroristes d’horizons divers aux appétits inavoués. Une leçon à tirer est que la gestion de la crise ivoirienne a complètement édifié les Africains sur l’observation des critères démocratiques en Afrique. Ces critères sont considérés avec une géométrie variable, suivant les objectifs que les grands pays poursuivent. Il ne faudrait pas s’étonner que dans les échéances électorales à venir dans l’Hexagone, les Français d’origine africaine s’expriment amplement dans les urnes de façon protestataire. Dr Claude KOUDOU, Enseignant-Ecrivain, Président des « Convergences pour la Paix et le développement de l’Afrique » ; claude_koudou@yahoo.fr

 Claude Koudou, contribution
Source: http://www.gbagbo.ci

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