Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Notre compatriote Firmin Mahé ne pourra pas être au rendez-vous aujourd'hui; il ne sera pas possible pour lui de fixer ses bourreaux français. Parce qu'il est passé de vie à trépas depuis si longtemps déjà. Au mois de mai 2005, à l'âge de 29 ans, il a été étouffé par des militaires-occupants de la Force Licorne. Ceux-ci, envoyés par Jacques Chirac en Côte d'ivoire pour parfaire le plus long coup d'état de l'histoire ont, transformé pléthore de nos compatriotes en leurs souffre-douleurs et en leurs balles de ping-pong. Ayant emmagasiné un stock important de négrophobie depuis leur enfance, formatés par leurs supérieurs à dessein de casser du nègre ad vitam aeternam, le colonel Eric Burgaud, l'adjudant Raugel, le brigadier-chef Schnier puis le simple piou-piou Lianrifou ont commis l'irréparable. Pour un Firmin Mahé dont l'assassinat, au demeurant très révoltant a été médiatisé, combien d'autres anonymes ivoiriens, jeunes et moins jeunes, ces soudards français du néocolonialisme n'ont-ils pas enterrés vivants, massacrés ou bien encore étouffés, loin des yeux témoins ? Dans l'article consacré au procès qui s'ouvre actuellement, le quotidien français Ouest-France d'aujourd'hui est entré dans la danse de dévaluation des Africains en tombant son masque de colon moral. Effectivement, on y lit ceci : "les faits, d'abord couverts par la hiérarchie, ont été révélés par des militaires embarrassés. Parmi eux, un ancien général commandant la zone de défense nord-ouest. L'état-major a finalement saisi la justice en 2005." Ces écrits aux relents coloniaux et racistes sont inexacts. Au surplus, le fait d'affirmer de façon elliptique que la France et sa hiérarchie militaire sont respectueuses des droits de l'homme est une insulte à la Côte d'ivoire, aux Ivoiriens, à la mémoire de Firmin Mahé et à tous ceux qui sont tombés sous les balles assassines des Gaulois. Et ce, depuis ce jour que leurs premiers bateaux ont accosté aux abords de nos terres, puis ont mouillé dans nos eaux territoriales. Que la cour d'assises de Paris juge des criminels, cela va de soi. C'est le rôle qui lui est dévolu. Que la nature criminelle de la Force Licorne ne soit pas mise en exergue dans cette même cour, c'est une anomalie du droit. Au-delà de ce jugement destiné à camoufler la myriade de crimes commis par le général Poncet et ses troupes en terre ivoirienne, il est une néocolonisation outrageante dont il importe de faire le procès. Dès maintenant. Car demain, à l'instar des massacres de l'armée française à Thiaroye (Sénégal), à Mouandé (Cameroun) et dans d'autres contrées d'Afrique, il sera trop tard. Tous les témoins oculaires auront vécu leur vie et seront morts. Certes, la France qui n'est pas plus démocratique que l'Union Soviétique de Staline lorsqu'il s'agit d'évoquer ses actes immondes sur le continent noir, n'a jamais souhaité que nous publiions sur sa vraie face. Néanmoins, la conjugaison de nos efforts doit faire plier ceux qui, en France, condamnent Staline, même mort, tout en dédouanant leur propre pays de ses forfaits actuels en Côte d'ivoire et ailleurs. Dans un de ses livres intitulé La haine de l'Occident, le sociologue suisse Jean Ziegler analyse avec une grandeur d'esprit les animosités entendues de-ci de-là envers l'Occident. Le triomphe jubilatoire de l'Occident en train de commettre des crimes contre les autres peuples est inacceptable. Je suis du même avis que lui. La haine que certaines personnes vouent à l'Occident découle de cette attitude qui consiste pour cet Occident-là à minimiser ses actes les plus répréhensibles à destination d'autrui. Juger les personnes qui ont étouffé Firmin Mahé sans demander à la France de rompre avec ses pratiques néocoloniales, c'est comme offrir un fusil d'assaut à un tueur en série reconnu tel quel. Condamner ceux qui ont mis fin aux jours de Firmin Mahé sans condamner les senteurs nauséabondes de la françafrique, c'est offrir un blanc-seing de nouvelles tueries au général Poncet, citoyen français rompu aux massacres des Noirs. Que ce soit au Rwanda d'abord puis en Côte d'ivoire ensuite, cet homme, ce Gaulois, ce criminel en série a agi en toute impunité. Pour le compte de la France, lui et ses hommes ont assassiné des milliers de personnes en Côte d'ivoire. C'est ce que le dernier regard de Firmin Mahé à l'adresse de ses bourreaux, nous apporte en guise de témoignage.
Henry Agré
Source: http://ivoire-politique.blogspot.fr/