Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Les leaders politiques toutes tendances confondues et les Ghanéens font fi des menaces de coupure d’aide de la Grande Bretagne au Ghana si le pays ne revient pas sur la loi qui interdit l’homosexualité.
Dans une interview à la radio BBC, le Premier ministre Britannique, David Cameron, a menacé de suspendre l'aide aux pays anti-gay y compris le Ghana, ajoutant que les pays bénéficiant de l'assistance de la Grande Bretagne devraient « respecter les droits humains appropriés » des homosexuels. Le gouvernement du Président John Atta Mills dit attendre une correspondance officielle du gouvernement britannique avant de réagir.
L’injonction indirecte du PM Britannique David Cameron aux autorités ghanéennes à revenir sur la loi anti-homosexuelle dans le pays fait rougir les Ghanéens qui brandissent la souveraineté du Ghana. Les premiers à monter aux créneaux contre ce qu’ils considèrent comme une ingérence de leur ancienne métropole, la Grande Bretagne, dans les affaires du Ghana sont les députés.
Pour le professeur Mike Ocquaye, deuxième vice président du Parlement Ghanéen, les menaces de coupure d’aide du PM David Cameron aux pays anti-gay est « satanique ». Très amer, Ocquaye a invité les partis de l’opposition à se joindre au gouvernement pour résister à David Cameron. Il a poursuivi que s’ils veulent nous aider, qu’ils s’intéressent aux enfants de la rue, à ceux d’entre eux qui souffrent du kwashiorkor, du drépanocytose qu’au lieu de nous créer d’autres problèmes. Après avoir démontré que le Ghana peut survivre sans l’aide de la Grande Bretagne, il a ensuite exhorté le gouvernement ghanéen à ne pas courber l’échine devant les menaces de Royaume-Uni.
Pour Mustapha Hamid, le porte parole du candidat Nana Akufo Addo pour la présidentielle de 2012, « le Ghana ne peut pas tourner le dos à sa culture et à ses valeurs juste pour quelques miettes de la part de certains pays dits développés ».
Kwame Akkuffo, un praticien du droit, ira très loin jusqu'à qualifier les propos du PM Britannique de raciste. Pour lui, « le Ghana a suffisamment de ressources que, si elles sont bien gérées, elles nous permettrons de nous nourrir, sans attendre l’aide de la Grande-Bretagne. Le temps est venu pour nous Africains de nous lever, de défendre nos droits et notre dignité en tant que peuple souverain ... ».
La réaction la plus énergique est venue du Bureau National des Imams du Ghana qui considère cette menace comme un dénigrement. De ce constat, les Imams envisagent de déclarer une « fatwa » contre les gays, en ordonnant aux fideles musulmans à manifester contre les tentatives britanniques pour une légalisation de l’homosexualité.
Cependant une voix singulière et discordante, celle d’un député, Madame Gifty Ohene Konadu, a défendu les menaces de David Cameron en se demandant pourquoi certaines personnes sont si agacées. De l’avis de cette dernière, « les homosexuels sont des êtres humains qui doivent jouir de leurs droits et ne doivent pas être condamnés. La question mérite d’être débattue pour qu’on analyse les contours avant de prendre une décision finale ».
En marge de toutes ces réactions en cascades, la réaction du gouvernement Ghanéen se fait toujours attendre. John Tia Akologu, le ministre de l’Information du Ghana a révélé que le gouvernement se laisse guider par les dispositions de la Constitution de 1992 et veille en conséquence à préserver le droit des Ghanéens. Il a ajouté que le Ghana attend une note officielle de la part des autorités britanniques avant de faire connaitre sa position.
Mensah, ,KOACI.COM ACCRA,
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