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L’ex président John Agyekum Kufuor a confessé que le Ghana étant un pays démocratique, laïc et ouvert à toutes les religions, un musulman peut devenir le Président de la République et même un non religieux. Cette prise de position est contenue dans une interview de Kufuor suite aux révélations Wikileaks la semaine dernière, lesquelles dévoilent Kwettey Fiifi, le vice ministre de l’économie de l’actuel gouvernement, qui aurait avoué qu’un musulman ne peut jamais devenir un Président au Ghana.
Dans le dévoilement des secrets diplomatiques de Wikileaks concernant le Ghana, la révélation d’une confidence du vice ministre de l’économie continue d’entretenir la polémique parmi l’élite et plus particulièrement la communauté musulmane du pays. A en croire cette fuite diplomatique dans laquelle le nom de Kwettey Fiifi est mêlé, ce dernier aurait catégoriquement statué que la religion joue un rôle important dans la vie politique ghanéenne et que par conséquent il n'y a aucune chance pour un musulman d’être élu en tant que Président de la République dans un pays qui est en grande partie chrétien.
Le ministre Kwetey avait nié l'allégation de Wikileaks en prétextant qu'il a été mal cité. Il dit avoir cherché à mettre en évidence une pratique que le Nouveau Parti Patriotique (NPP) pratiquait en mettant à l'écart des musulmans et des gens du Nord sur la scène politique. Mais malgré cette précision, l’opinion publique digère toujours mal l’idée arrêtée de ce serviteur de l’Etat.
Réagissant au propos du ministre, Kufuor, avocat de formation, a d’abord exprimé son étonnement vis a vis des présumés propos de Kwetey à des diplomates étrangers. Pour rectifier le tir, il a estimé que c’est absurde que quelqu’un prétende qu’un musulman ne peut pas devenir un président du Ghana. « Le pays pratique la démocratie et en tant qu’un Etat laïc, la voie de la présidence est ouverte à tous. Peut être que demain, nous pourrons avoir un président issu de la communauté musulmane ou bien même quelqu’un qui n’a aucun lien avec une quelconque religion».
Se basant sur la loi fondamentale du Ghana, Kufuor a par ailleurs ajouté le Ghana à une Constitution laïque et à cet effet, elle prescrit la liberté de religion pour tous. Le désir de briguer la magistrature suprême est donc un droit pour tous les citoyens remplissant les conditions requises.
Prenant son propre cas, l’intéressé a affirmé que « je suis chrétien et j’ai été président non pas à cause de ma conviction religieuse mais parce que je suis un citoyen. Si demain, mon vice-président d’alors, Aliu Mahama, qui est un musulman se jette dans la course à la présidentielle et qu’il est élu par le peuple, qui pourra l’empêcher de prendre ses fonctions ?».
En somme, pour Kufuor, la religion n'a aucun rôle à jouer dans le choix de celui qui peut devenir le président du Ghana, car le pays est régi par une Constitution qui est au dessus de toute consideration.
Dans l’histoire du Ghana, aucun musulman n'a encore dirigé le pays, même si l'ancien président Hilla Limann, quoiqu’issue d’une zone à dominance musulmane dans le nord du Ghana, n'a jamais été un musulman.
Outre l'ancien président Rawlings qui a avait choisi, John Atta Mills, un chrétien du sud comme son vice président pour les élections de 1992 et 1996, tous les autres candidats à la présidence depuis les élections de 2000 préfèrent choisir leur colistier au Nord du Ghana de telle sorte à équilibrer les divisions religieuses.
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