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Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.

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Fermeture des banques : SGBCI, BICICI: OUVERTURE AU GRAND PUBLIC LA SEMAINE PROCHAINE

Banque_sgbci_ouverture.jpgLe ministre Désiré Dallo (face aux micros) lors de sa conférence de presse. On reconnaît à sa droite, le ministre délégué au Budget, Koné Katinan.La Banque internationale pour le commerce et l’industrie de Côte d’Ivoire (Bicici) et la Société générale de banque de Côte d’Ivoire (Sgbci) qui sont, depuis jeudi dernier, entrées dans le patrimoine de l’Etat de Côte d’Ivoire à la suite de leur nationalisation décidée par le gouvernement ont, chacune, un nouvel administrateur général par intérim. L’information a été donnée hier par le ministre de l’Economie et des Finances, Désiré Dallo. C’était au cours de sa première conférence de presse qu’il a animée en tant que ministre à son cabinet en fin d’après-midi. Par ces nominations, l’Etat traduit dans les faits, en plus de la possession des locaux, sa pleine autorité sur ces deux établissements de crédit qui ont décidé de fermer au mépris des règles qui régissent la profession bancaire et sans préavis, ni information des épargnants. Outre cette information, le ministre Désiré Dallo a indiqué, concernant ces deux banques nationalisées, que l’état des lieux devant précéder l’ouverture effective de leurs guichets aux épargnants a commencé depuis lundi dernier et devrait se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine. Parce que «c’est une opération très délicate. Il faut accéder à des données informatiques afin d’établir exactement pour chaque client la situation du compte en termes de ressources disponibles et d’engagements. Ce qui exige que nous prenions tout le temps pour pouvoir arriver à une appréciation exacte. Les informaticiens que nous avons commis à la tâche sont en train de travailler et nous pensons que très bientôt, nous aurons des informations fiables afin de reprendre très rapidement le service clientèle, et que les épargnants aient accès à leur argent», a dit l’argentier du gouvernement. Qui insiste sur le fait que cette situation le préoccupe et qu’il en fait une urgence de premier ordre. « Nous faisons tout pour que cette opération se déroule rapidement mais de façon précise pour un meilleur service à la clientèle».

Un audit en vue
Un état des lieux qui se veut exhaustif, notamment au plan informatique, et ce, à l’effet de restaurer toutes les données de la clientèle. Une fois achevé, l’ouverture de ces banques au grand public sera communiquée par voie de presse. Il a cependant fait savoir que depuis hier, la Bicici a été ouverte momentanément pour permettre aux agents d’y accéder afin de percevoir leur salaire. Il en est de même de la Société générale qui a ouvert sous la supervision de l’Inspecteur général des finances, mais l’état des lieux va s’y poursuivre pendant quelques jours encore. En tous les cas, le conférencier assure que ces deux banques devenues étatiques pourront s’ouvrir à nouveau aux épargnants probablement la semaine prochaine. Mais il se veut incisif sur un aspect : «Nous allons aller au-delà de l’appréciation des actifs de ces banques en procédant à un véritable audit». Le ministre Dallo a tenu au cours de cette rencontre avec la presse à rassurer les fonctionnaires et agents de l’Etat ainsi que les militaires dont la solde était en général payée à partir du 22 du mois, que leur paie est imminente, et comme d’habitude, ils recevront leur solde prioritairement dès que les banques nationales commenceront à payer le salaire des fonctionnaires.

Salaires: les banques nationales sont prêtes
A ce niveau justement, le directeur général de la Caisse nationale des caisses d’épargne (Cnce), Marcellin Zahoui, a, au nom des autres dirigeants des banques publiques, rassuré tous ceux qui ont désormais leurs comptes domiciliés chez eux sur leur capacité à faire face au flux. « La banque est un métier, et nous le démontrerons dans cette situation. Nous avons pris des dispositions pour payer dans de bonnes conditions ces nouveaux clients. Nous sommes prêts, et vous le verrez ! ». Pour lui, certes, c’est un héritage inattendu que les banques internationales laissent aux banques nationales, mais n’évoluant pas dans leur stratégie à vue, les fonctionnaires et militaires bénéficieront des meilleurs services bancaires. « Nous ferons en sorte que ces fonctionnaires qui sont venus chez nous restent et continuent avec nous », a révélé le porte-parole des banquiers ivoiriens.
Pour tout dire, les dispositions sont prises pour que la semaine prochaine, tous ces agents de l’Etat perçoivent leurs salaire et solde. Ce décalage est dû au fait que la fermeture, notamment de la Sgbci et la Bicici qui cumulent à elles seules plus de 80 000 fonctionnaires, est intervenue à un moment critique, c’est la période de la paie. Il fallait donc s’adapter et c’est ce qui a provoqué ce léger décalage de date.
Relativement aux autres questions liées aux soldes des compensations qui n’ont pu être réglés parce que les banques internationales qui ont fermé ne participaient aux séances de compensation, le ministre Dallo a indiqué que la direction nationale de la Bceao s’attelle à les solutionner rapidement. Il a, par ailleurs, souligné que les deux banques nationalisées que sont la Sgbci et la Bicici ne porteront plus les dénominations actuelles, elles en changeront sous peu dans le cadre de la restructuration à venir du système bancaire ivoirien.
 
Difficultés des entreprises, un souci
Dans ses échanges avec la presse, l’argentier du gouvernement du Premier ministre Aké N’Gbo n’a pas passé sous silence la situation difficile provoquée par la fermeture des banques internationales chez les entreprises privées ayant leurs comptes domiciliés dans leurs livres, et celle que traverse également les employés desdites entreprises en cette fin du mois. « Nous en sommes très préoccupés, mais nous allons doucement pour faire l’état des lieux pour éviter de se tromper. Nous oeuvrons à ce qu’elles (les entreprises, ndlr) sortent le plus tôt possible de cette mauvaise situation ». Pour Désiré Dallo, c’est une exigence pour l’Etat d’y trouver rapidement une solution, car la relance des activités productives et donc de la croissance en dépend. «Le système bancaire est certes perturbé du fait des fermetures, mais la Côte d’Ivoire a des banques publiques capables de le remettre en selle», a dit convaincu le ministre ivoirien de l’Economie et des Finances. N’a-t-il pas lancé à l’endroit de tous que « le gouvernement est soucieux de bâtir un système bancaire viable et crédible, à même de répondre convenablement aux besoins et attentes des populations? ». Aussi a-t-il appelé au calme et à éviter toute attitude de nature à provoquer une panique bancaire. «Les solutions idoines seront trouvées ».
Soulignons que le système bancaire est réduit aujourd’hui à 7 banques, soit 5 d’Etat (Bfa, Bni, Bhci, Cnce, Versus bank) et deux privées, Cofipa et Bridge bank, après la fermeture de 13 banques à capitaux étrangers. Selon le conférencier, après la prise de contrôle de la Bicici et de la Sgbci, d’autres mesures suivront à l’encontre de celles qui ont fermé.  .

Brève historique
Le ministre Désiré Dallo a, dans ses propos liminaires, rappelé toutes les péripéties et actes illégaux posés par le conseil des ministres de l’Uemoa depuis sa session extraordinaire tenue en Guinée-Bissau, en violation des textes régissant l’Union, dont le seul objectif était d’écarter le Trésor public ivoirien du système financier de l’Uemoa afin de bloquer le fonctionnement de l’Etat de Côte d’Ivoire et de la rendre totalement incapable d’honorer ses engagements via la Bceao. Objectif qui s’est traduit par la démission forcée de l’Ivoirien Philippe-Henri  Dacoury-Tabley au poste de gouverneur de la Bceao, le 22 janvier dernier, par la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union, lors de sa 15è session tenue à Bamako. Ainsi qu’à l’isolement de la Côte d’Ivoire du système informatique par le tout nouveau gouverneur par intérim, le Burkinabé Jean-Baptiste Compaoré. Lequel a menacé les banques internationales de sanctions au cas où elles participaient à la compensation sous l’autorité de la direction nationale de Bceao réquisitionnée par les autorités ivoiriennes. La suite, on la connaît…

Gooré Bi Hué
• LE PERSONNEL DE LA SOCIETE GENERALE  RASSURE
Hall du siège de la Société générale de banque en Côte d’Ivoire (Sgbci), au Plateau, Abidjan. Mardi, il est 11h. Il fait très chaud. La climatisation n’est pas en marche. Tous les guichets sont fermés. Cela fait déjà quelques minutes que l’inspecteur général des Finances, Yapi Koffi Bernard, s’entretient avec la cinquantaine d’agents qui ont effectué le déplacement pour participer à «l’état des lieux» qui leur a été annoncé. Ils l’écoutent religieusement leur rappeler que «le gouvernement de Côte d’Ivoire a pris ses responsabilités… ». Et qu’il s’agit, ce jour, de procéder à l’état des lieux de la banque. «Parce que l’Etat de Côte d’Ivoire qui est désormais le nouvel actionnaire principal de ces structures (Sgbci, Bicici), se doit de se rendre compte de la situation». D’ores et déjà, il pense que d’ici à jeudi ou vendredi, le travail pourra reprendre normalement à la Société générale. Tout dépendra de la tâche qui aura été effectuée ce jour.
Pour faire le boulot, l’inspecteur général des Finances s’est fait accompagner par des huissiers et des experts de l’inspection générale des Finances et de la direction générale du Trésor.
Etat des lieux, certes, mais Yapi Koffi Bernard précise que «la journée d’aujourd’hui est une rentrée symbolique pour montrer à la face du monde que l’Etat a pris ses responsabilités…».
L’inspecteur général des Finances termine le bref entretien par une invitation aux chefs de service présents à rester en place pour le démarrage de l’état des lieux. Les autres peuvent se retirer. Immédiatement, l’un de ses collaborateurs procède au recensement des chefs de service. Certains ayant pourtant effectué le déplacement hésitent à donner leurs noms et à prendre part au briefing. Encouragés par des collègues, ils finissent par se faire identifier. La liste est dressée. Plusieurs services sont représentés au moins par un représentant. Ce sont, entre autres, les Moyens de paiement, la Logistique, la Compense, les Virements, les Portefeuilles, le Tri chèques.
Pendant le briefing des chefs de service, les commentaires vont bon train chez les autres travailleurs pourtant invités à rentrer à la maison. En fait, nombre d’entre eux ont décidé de s’attarder dans le hall par curiosité. C’est le cas de cette dame, la quarantaine, habillée d’une robe qui tombe sur les genoux. Elle est plutôt perplexe quand à la représentativité des personnes présentes. Elle exprime son inquiétude à un collègue. «Il n’y a pas assez de responsables présents. Combien de chefs de service vois-tu dans le groupe ? Ils ne sont même pas nombreux», dit-elle. L’autre, plus optimiste, lui répond que ce n’est pas important. Parce qu’ «en pareilles circonstances, le plus important est de constituer un noyau dur pour commencer… Les responsables absents sont restés à la maison parce qu’ils ont d’autres intérêts à défendre». Un autre agent, grand, en pantalon clair, chemise bleue à carreaux, fait partie de ceux qui encouragent les autres. Il parle beaucoup. Il explique. Il rassure un petit groupe de collègues, aux regards interrogateurs quant à la justesse de «cette action gouvernementale». «Certains pensent que ce qui se fait-la est un jeu. Ce n’est pas un jeu du tout. Celui qui joue, il perd son emploi. L’inspecteur dit qu’il n’y a aucun problème au niveau de l’informatique. Ils ont les hommes pour ça», soutient-il, entre autres.
En effet, à propos du verrouillage du système informatique des banques «nationalisées» qu’on présente comme étant l’équation impossible à résoudre, l’inspecteur général a soutenu, hier que «le gouvernement a pris toutes les dispositions, y compris les dispositions techniques pour que la banque recommence à fonctionner normalement». A ce sujet, il a même révélé que son équipe est sur les lieux (siège de la Sgbci) depuis 72 heures.
11h35, les petites équipes formées prennent les escaliers et ou l’ascenseur. C’est le début de «l’état des lieux» qui pourrait prendre fin aujourd’hui, si l’on s’en tient aux propos de l’inspecteur général des Finances. Il a été tout de même demandé au personnel de la banque de rester à l’écoute. La date de la reprise effective leur sera communiquée par voie de presse.
Une doléance que les travailleurs de la Générale souhaiteraient voir satisfaite par l’inspection générale des Finances, c’est l’accès de l’ensemble des clients à la banque le jour de l’ouverture. L’un d’entre eux, Sériba Raphaël, l’a fait savoir à Yapi Koffi Bernard, en expliquant que cette précaution éviterait tout acte de vandalisme de la part de clients insatisfaits.
Quant à la Bicici, l’autre banque «nationalisée», il n’y a pas eu de visite hier.

Alakagni Hala
Source: http:\\www.fratmat.com

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