Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Les lycées et collèges de la place sont les portes ouvertes aux différentes relations entre enseignant et enseigné. Elles naissent des plus simples familiarités et éclosent avec des rapports les plus intimes qui conduisent souvent l’enseignant à « épouser son élève ». Drôle manière qui ternit souvent l’éducation en compromettant l’avenir de nombres de jeunes élèves en proie à tous les harcèlements sexuels. Pour les enseignants et enseignés rencontrés, ce phénomène en cours dans nos différents lieux de savoir peut s’expliquer de diverses manières et appelle à une réflexion profonde afin d’arrêter la saignée.
« L’école est un sanctuaire autant que la chapelle » dit le poète qui y voit toutes les qualités pour forger un type de citoyen capable de s’auto adapter aux réalités et exigences de notre ère. Aller à l’école, c’est avant tout se préparer pour la vie. Aller à l’école, c’est découvrir la société par le truchement d’une nouvelle famille qu’on forme avec ses camarades de classe. L’enseignant, véritable guide, a dans ce cas deux rôles à jouer. Surveiller et éduquer.
La surveillance et l’éducation, pédagogiquement, doivent donc aller de paire dans un ensemble d’homogénéité où l’élève est appelé à côtoyer chaque fois l’enseignant. Dans cette franche familiarité, l’enseignant quelque fois abuse de son pouvoir d’éducateur, d’éveilleur de conscience. Salut les mésaventures qu’on observe çà et là dans le monde scolaire voire universitaire où l’élève devient la proie, la cible à abattre de l’enseignant. On va jusqu’à maudire ou à prendre en vedette tel ou tel élève qui aurait rendu des services indignes ou loyaux pour l’enseignant.
Dans les coulisses, l’enseignant mijote des plans machiavéliques pour qu’une de ses élèves par exemple puisse rentrer dans sa gibecière. Comment rengainer tout le temps son désir face aux fortes poitrines de ces charmantes demoiselles qui démangent du regard ? Il faut agir pour assouvir sa libido. Délicate mission à accomplir, n’est-ce pas ?
Ces enseignants très virils…
« Professeurs virils », « enseignants plaisantins », « maître coureurs de jupons ». Ce sont là les vocables appropriés pour qualifier la plupart du temps ces enseignants qui dorlotent sur leurs genoux leurs élèves dont ils tombent fréquemment amoureux. Pour Cyrile Ahouantchédé, jeune enseignant dans l’un des établissements de la place, ce n’est pas un amour intime qui s’établit entre l’élève et son professeur. Poursuivant sa réflexion, il avance que c’est un amour circonstanciel câblé sur le besoin pressant de « dominer sa libido ». Et les élèves filles qui s’y adonnent le font pour deux raisons. La première, s’attribuer de meilleures notes pour faciliter le passage en classe supérieure. La deuxième raison, briser le tabou ou le mythe selon lequel « l’enseignant est comme un Dieu qu’il faut vénérer ». La deuxième raison est plus perceptible de nos jours où les élèves filles préfèrent aller avec leur professeur par simple curiosité. « Elles charment l’enseignant le plus en vu pour démontrer à tout le collège leur force de frappe » déclare Sylvain, un enseignant du secondaire. Selon lui, arriver à décrocher le sourire d’un professeur méchant au terme strict du mot ou parvenir à avoir dans son collimateur un enseignant très admiré de la classe, c’est à coup sûr gagner le jackpot de l’année. Et la mentalité de la plupart de ces jeunes filles élèves est conçue de telle façon que plus rien ne peut émousser leur ardeur à « fragiliser », « démystifier » ou « adoucir » un enseignant aux mœurs difficiles. C’est pourquoi il est fréquent de voir qu’en pleine récréation par exemple ou sur la cour du collège, une jeune élève chemine avec son enseignant en le caressant dans le sens des poils.
L’amour, l’instinct de tous les déboires !
Les signes qui ne trompent pas quand la jeune élève aime son enseignant ou vis-versa sont des signes de cachoterie, et de taquinerie. Ces actes frisent la mauvaise éducation de la part de la jeune élève qui n’a plus un grand respect pour son enseignant déjà fragilisé. Ces jeunes élèves jouant à la séductrice, aux cours, sont celles des plus taquines qui sapent sur les recommandations de l’enseignant tombant dans leur panneau. C’est bien sûr au grand déshonneur de celui-ci qui ne détient plus un pouvoir réel sur cette cohorte de jeunes filles qui ploient à ses pieds. Ses menaces sont comme de l’eau versée sur le dos du canard aux yeux des jeunes filles qui ne tardent pas à se constituer pour aller en croisade contre les mauvaises notes. Le sexe ouvre ainsi la porte à tous les déboires entre l’enseignant et l’enseignée qui se séparent souvent à queue de poisson. Dans ces aventures ambigües, combien de jeunes filles élèves n’ont pas perdu le chemin de l’école après avoir contracté des grossesses non désirées ? Combien ne gisent pas au foyer de leur enseignant sans un amour réel ?
Harcèlement sexuel, une pratique en vogue
La Police judiciaire de nos commissariats, ne cessent d’enregistrer souvent des plaintes relatives aux cas de viol et de harcèlement de jeunes filles. Le témoignage de Samirath B., élève en classe de 3ème à Porto-Novo est on ne plus édifiant. En effet, Samirath confie qu’elle est souvent victime de harcèlement sexuel, non seulement de la part de ses camarades, mais aussi de certains de ses enseignants et d’autres grandes personnes de la société. C’est une situation que vivent beaucoup de jeunes filles dans la majorité des établissements secondaires. D’où les séances de sensibilisation régulières initiées par certaines ONG de place comme Equi-filles pour préparer les filles à surmonter ce phénomène.
Jérôme TOSSAVI