Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Excellence, avez-vous été dérangé par les soubresauts de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, qui visent à remettre en cause votre légitimité?
Non. Ni ma vie, ni ma mission n’ont été affectées en Ethiopie du fait de cette crise à laquelle vous faites allusion. Parce que les pays africains, généralement, ne tiennent pas compte des lettres ni des informations anonymes distillées à travers internet. Je suis l’ambassadeur ici (Ethiopie), et je continue d’être l’ambassadeur et le représentant permanent de la Côte d’Ivoire auprès de l’Union africaine et de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique. Quelle est alors la situation de la Côte d’Ivoire vis-à-vis de l’Union africaine à la veille de la 16ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation panafricaine? Est-ce une fuite en avant de ne pas inviter la Côte d’Ivoire à ce sommet?
La décision de la Cedeao de sanctionner la Côte d’Ivoire a été suivie de manière automatique (parce que c’est comme ça la procédure) et a été entérinée par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. La Côte d’Ivoire est donc actuellement sous sanction. Cela veut dire qu’aucun délégué venant de notre pays, même moi, ne peut participer aux activités de l’Union jusqu’à nouvel ordre.
Le procès de la Côte d’Ivoire se fera-t-il donc en son absence.
Oui. C’est la règle, cela n’est pas propre au cas ivoirien. Le règlement intérieur de la Conférence dit qu’un pays sous sanction n’est pas autorisé à participer aux activités de l’Union africaine. L’application pure et simple de cette disposition ne permet donc pas à notre pays de prendre part aux travaux de la 16ème session ordinaire de la Conférence. C’est ce qui me fait dire qu’aucun délégué venant de la Côte d’Ivoire ne sera autorisé dans les salles des différentes réunions.
Alors que les Ivoiriens ont tous les yeux tournés vers l’Afrique de l’est. Que va-t-il se passer? Est-ce que la réunion d’Addis-Abeba peut vraiment changer quelque chose en Côte d’Ivoire?
La réunion ne va pas changer quelque chose en Côte d’Ivoire en tant que telle. Mais au plan international, le sommet peut changer quelque chose. Puisque, actuellement, les médias français parlent d’unanimité au sein de la communauté internationale. Or, en Afrique, il n’y a pas d’unanimité sur la condamnation de la Côte d’Ivoire et la non reconnaissance du gouvernement légitime de notre pays, celui formé par le Président de la République, Laurent Gbagbo et conduit par le Premier ministre Gilbert Aké Marie N’Gbo. En clair, sur ces questions, les Africains sont divisés en trois grands groupes. Il y a un premier groupe constitué de pays qui supportent le Président Laurent Gbagbo et qui le dit ouvertement. Puis il y a un deuxième groupe qui ne le supporte pas, dont le Nigeria est tête de liste. Le troisième groupe est celui des pays qui supportent le gouvernement actuel mais qui ne le disent pas pour le moment.
Il y a une réunion du Conseil de paix et de sécurité (Cps) de l’Union africaine ce soir (hier, vendredi 28 janvier, ndlr) où il sera uniquement question de la Côte d’Ivoire et une décision devra obligatoirement en sortir pour que l’Afrique reprenne la main sur la situation en Côte d’Ivoire. Et, selon la décision qui va sanctionner la réunion du Cps de l’Union africaine, les choses peuvent changer favorablement pour la Côte d’Ivoire parce qu’il est de plus en plus question que les Africains s’occupent de leurs problèmes. Il y a des Chefs d’Etat africains (et non des moindres) qui sont irrités par l’attitude du Président français et de la communauté internationale. Cette communauté internationale qui a pris des sanctions avant de s’enquérir de ce qui était. Or, quand une situation se produit, on va prendre des informations, on réfléchit, et puis on décide après. Mais dans le cas de la crise actuelle, ils ont sanctionné la Côte d’Ivoire avant d’aller sur le terrain s’enquérir de la réalité. Et après des enquêtes, ils se rendent compte que ce n’est pas aussi facile que ça. Alors, il y en a qui disent : «Il y a quelque chose de suspect». La réunion du Conseil de paix et de sécurité de ce soir va en discuter et sortir une décision pour la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement (qui s’ouvre dimanche pour prendre fin lundi. Ndlr) qui devra se prononcer sur la situation en Côte d’Ivoire.
Propos recueillis parn Pascal Soro
Sources: http://www.fratmat.info