Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Pour la cérémonie d’ouverture solennelle de sa session « parlementaire » dans la salle Emmanuel Dioulo de l’Hôtel du District d’Abidjan, la Fédération nationale des Agoras et parlements de Côte d’Ivoire (Fenopaci) présidée par Jean-Marie Konin, a choisi de réfléchir sur un thème d’actualité : « Crise post-électorale en Côte d’Ivoire, quelle perspective pour l’avenir ».
Pascal Affi N’guessan, ancien Premier ministre et président du Front populaire ivoirien, l’invité spécial de cette session, avec beaucoup d’entrain et un réel plaisir, a traité cette problématique à la lumière des décisions du 16è sommet des chefs d’Etat de l’Union Africaine qui s’est déroulé du samedi 29 au lundi 31 janvier à Addis-Abebba, dans la capitale éthiopienne.
Les conclusions de ce sommet qui « visent le règlement global de la crise ivoirienne et la recherche de la vérité sur le scrutin présidentiel » marquent pour lui la fin de la première phase, celle «de la forfaiture, de la diabolisation des autorités ivoiriennes et toute cette nation déclenchée par Choï qui a été instrumentalisé par Alassane Ouattara et la françafrique puis ses satellites pour opérer le hold-up électoral et étouffer la voix du peuple ivoirien ». Il reconnaît qu’«il existe aujourd’hui des éléments d’analyse solides, vu les comportements, les forces et faiblesses d’Alassane Ouattara, le jeu des arbitres, les défis à relever et ce en regard des forces et faiblesses du camp présidentiel » Avec cette nouvelle donne, il urge et il est important de l’avis du président du Front populaire ivoirien de mettre un accent sur les perspectives, c’est-à-dire «d’organiser l’avenir dans le temps et avoir de l’ambition à court, moyen et long terme ». Les principaux chantiers qu’il a identifiés consistent à gagner la bataille de l’évaluation contenue dans la feuille de route du Groupe de haut niveau de l’Union africaine, à affirmer la légitimité de Laurent Gbagbo puis à bâtir une nation africaine libre, prospère et solidaire. Il a analysé le communiqué qui a sanctionné les travaux du Conseil de sécurité de paix de l’Ua puis en a dégagé 4 éléments : le dessaisissement de la Cedeao du dossier de la résolution de la crise post-électorale ivoirienne, la solution politique pour la paix négociée au détriment de la solution militaire, le Groupe de Haut niveau avec 5 chefs d’Etat puis des experts internationaux.
Les enjeux de l’évaluation
Dans une lecture expliquée du communiqué, Pascal Affi N’guessan a mis le doigt sur les véritables enjeux de l’évaluation, élément central de la feuille de route du panel des 5 chefs d’Etat. Pour lui, il s’agit au total d’évaluer, d’établir avec précision les faits à travers les contextes pré-électoral, électoral et post-électoral donc de faire un audit du processus électoral pour faire éclater la vérité et pour une solution d’ensemble. Mais que viennent évaluer les chefs d’Etat dans le processus électoral et comment vont-ils l’évaluer ? Affi N’guessan note que les différents accords politiques de paix depuis Marcoussis jusqu’à Ouagadougou vont servir de corpus de travail au panel de chefs d’Etat et aux experts. Comment ces accords ont-ils été mis en œuvre, le désarmement, la réunification du pays, le redéploiement de l’administration et l’autorité de l’état sur toute l’étendue du territoire étaient-ils effectifs pour créer un contexte sécurisé et favorable à un scrutin électoral apaisé ? La Commission électorale indépendante (CEI) était –elle équilibrée et indépendante, son mode de fonctionnement répondait-elle à des critères de neutralité et d’impartialité ? La liberté de vote avait-elle été reconnue et assumée effectivement par tous les citoyens ? La certification des résultats s’est-elle passée dans le respect de la constitution et des procédures ivoiriennes ? Ce sont autant d’éléments, soutient le porte-parole du candidat de la Majorité présidentielle, qu’il faudra soumettre aux experts et qui fait dire à Affi N’guessan que « l’évaluation ne sera pas un simple recomptage des voix ».Il est donc nécessaire pour le camp présidentiel «de remporter la bataille de l’évaluation » en démontrant que Laurent Gbagbo jouit de la « légitimité populaire et de la légalité constitutionnelle ». Le conférencier a préconisé comme moyens pour gagner cette bataille, la fourniture de documents fiables et inattaquables pour constituer une documentation qui prenne à la fois en compte le contexte pré-électoral, électoral et post-électoral puis donner des preuves que le Gouvernement du Président Laurent Gbagbo a la maîtrise de la vie économique et sociale.
Le Groupe de Haut niveau, ne sera jamais le GTI
Pour lui, la présence du Groupe de Haut niveau doit permettre au camp présidentiel de progresser dans sa lutte pour la libération de la Côte d’Ivoire. Il a salué la composition de ce Groupe de haut niveau auquel il ne prédit nullement le même sort que celui du Groupe de Travail International (GTI) qui avait objectif «la déplanification des institutions ivoiriennes » selon Mè Appia Kabran Aimé. Il estime que personne « quel qu’il soit ne pourra prendre en otage la résolution de la crise ivoirienne », il ne fait donc pas avec la Majorité présidentielle de la recusion souhaitée de Blaise Compaoré, facilitateur de la crise ivoirienne, une « question fondamentale ». Il pense que c’est une « question de dignité » : «Nous jugeons les gens aux actes et l’évaluation pour nous, est comme un procès où il faut instruire des dossiers, rechercher avec les interrogatoires qu’on fait aux prévenus ou aux acteurs les éléments de preuves pour la manifestation de la vérité. Les chefs d’Etat qui arrivent ne viennent pas avec des idées reçues et peut-être il voudrait mieux pour nous de triompher avec Compaoré dans le panel ».
Franck A. Zagbayou
Sources: http://www.fratmat.info