Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Conduire en téléphonant. Voici une pratique à même de rivaliser avec le football, sport national tant les passionnés sont nombreux. Pourquoi les ivoiriens sont-il si friands d’une habitude aux conséquences si désastreuses et de surcroît considérée comme une infraction par la loi ?
Il ne se passe pas un seul jour sans que les cas d’accidents et d’accrochages entre véhicules sur les routes ivoiriennes ne soient enregistrés. Si la majeure partie de ces collisions est due au mauvais état de la voirie ou des véhicules, il est tout aussi vrai de souligner qu’un grand nombre de carambolages sur les routes est le fait de l’imprudence des chauffeurs ivoiriens spécialisés dans la conduite au téléphone.
Alors qu'il est officieusement mais formellement interdit de répondre au cellulaire ou de lancer un appel quand on est au volant d'une voiture et malgré que des campagnes de sensibilisation sont menées (rarement peut-être) pour attirer l’attention des chauffeurs sur le danger que représente cette mauvaise habitude, les conducteurs ivoiriens semblent faire la sourde oreille. Et ce ne sont pas les multiples accrochages, accidents meurtriers, ou autres « papillons » délivrés par les agents de la circulation tous les jours qui pourront les freiner à en croire leur nombre croissant.
Au nombre des férus de ce comportement périlleux caracolent en tête de liste, les chauffeurs de gbaka et de wôrô-wôrô. Officiellement reconnus comme des abonnés au désordre et à l’indiscipline de tout genre sur les grandes artères du pays, ces fous du volant, pire cauchemar des piétons ivoiriens, sont malheureusement les plus nombreux à s’adonner à ce jeu. Au risque et péril de la vie des passagers coincés dans leurs engins, très souvent hors d’usage et sans assurance, ces automobilistes n’hésitent surtout pas à décrocher leur téléphone pour des bagatelles. Pire, ils sont souvent les initiateurs du coup de fil en question qui pourrait, à tout moment, être à la base d’un crash sanglant. S’il ne s’agissait que de ceux là, les dégâts auraient été peut-être minimes. Mais que non. Les conducteurs de poids lourds, de cars et de bus sont au nombre de ces automobilistes. Rien qu’à voir un gros camion arriver à vive allure sur l’autoroute qu’on retient son souffle à son passage. Imaginez donc la peur que l’on puisse ressentir à la vue d’un chauffeur de grumier parlant au téléphone, en pleine ville ou sur l’autoroute !
La vie des passagers pour ces conducteurs imprudents mais surtout inconscients n’est peut-être pas plus importante qu’un appel à passer à une « go » (copine) pour le rencard d’un soir, parfois, pour moins que ça. Et pourtant, il existe des kits mains libres prévus pour ce genre de situation. Pourquoi donc ce fléau persiste t-il alors que sur les routes policiers et gendarmes font leur travail ? La réponse est toute simple, soit les guetteurs ne jouent pas leur rôle qui consiste à mettre hors d’état de nuire ces chauffeurs, soit leur nombre est insuffisant pour voir tous ces chauffards qui mettent et les piétons et celle des usagers de la route en danger permanent.
C’est ici l’occasion de rappeler que chaque être humain a le droit à la vie et ce droit doit être scrupuleusement respecté par tous y compris les chauffeurs. Rien ne vaut une vie, raison première pour ne pas en détruire par cupidité, par entêtement ou même par ignorance. Attention, la route tue et conduire en communiquant au téléphone deux fois plus. Conduire avec son téléphone à l’oreille est tout aussi semblable que rouler en état d’ébriété.
François Mérouze, KOACI.COM ABIDJAN
Source: http://www.koaci.com