Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.

Publicité

Comment appréhender les dires de Robert Bourgi

robert_bourgi_avocat.jpgIl est essentiel que, suite à ses déclarations, considérées comme étonnantes par des mauvais plaisants, nul n’ait cherché à douter de l’état mental de l’avocat Robert Bourgi, et que nul n’ait songé non plus à pousser chez le psychanalyste les deux éminences négro-africaines qui l’ont bruyamment approuvé, savoir l’actuel président du parlement ivoirien et un ancien premier ministre du gouvernement gabonais. L’épais silence de la masse a été entendu et compris. Quant aux effets de manche sénégalais, père et fils, il faut les prendre pour ce qu’ils sont. Les Noirs curieux, qui ont parcouru les trois ou quatre tomes de ‘‘Foccart parle’’ et qui se sont farci ensuite deux ou trois ouvrages de Jean-François Verschave, savent que, dans la Françafrique triomphante, les dirigeants françafricains étaient gens serviables, de qui les marionnettistes pouvaient obtenir qu’ils remplissent d’argent noir africain mallettes et djembés et les convoyassent vers la mère patrie, confiés à des missi dominici aguerris.
Le passé est tout à fait certain. Le présent est instable. Le futur est tout à fait incertain. Les dires de l’avocat Robert Bourgi ne sont pas des révélations. Ils s’inscrivent dans le sillon de certitude ancienne des relations sud-nord françafricaines. Sur cet axe ascendant, on se souvient que ‘‘l’effort de guerre’’, lors des deux guerres mondiales, ne consista pas seulement dans le convoyage de bataillons de ‘‘tirailleurs sénégalais’’ mais se déclina aussi en estagnons et barils d’huile, entre autres, convoyés vers la mère patrie en détresse. Parlant du temps bien avant les deux guerres mondiales et expliquant l’une des manières de l’Europe de s’enrichir, Jaime Cortesâo s’épanche en toute simplicité : ‘‘Il faut remarquer que la fabrication du sucre, laquelle demande un labeur très pénible, exigeait l’emploi de travailleurs esclaves.’’ Il écrivait entre les deux guerres, en 1930, à une époque où l’on s’épanchait encore sans états d’âme.
Voilà pourquoi les épanchements, propos à cœur ouvert de Robert Bourgi, ont fait un bruit de tonnerre et causé une véritable panique dans le cercle des initiés. Les experts du développement de l’Afrique noire se sont arraché les cheveux, non pas que le célèbre avocat ait menti ou soit devenu dément, mais parce que, en initié de la chose françafricaine, il n’avait que le droit de parler des efforts gigantesques déployés au quotidien par la mère patrie pour le développement des Françafricains, de la lutte contre la corruption qui écume ces malheureux pays, de la lutte contre AQMI, qui les menace, etc. Voilà ce qu’il aurait dû dire en 2011 et pas autres choses. Or il a dit, à cœur ouvert, en toute sincérité et toute lucidité, ce qu’il ne faut pas dire, la vérité nue, que l’on sait mais qu’il n’est pas bon d’énoncer. Il l’a dite. Pourquoi ?
Pour appréhender convenablement les épanchements, propos à cœur ouvert, de Robert Bourgi, l’on fera appel, par atavisme négro-africain, à la superstition, qui a parfois du bon : 1- l’on se souvient qu’en 2008, le capitalisme a tremblé sur ses bases en son lieu de plein épanouissement et que l’onde de choc de ce tremblement s’est transmis à toute l’Europe et se fait sentir douloureusement jusqu’en 2011, l’année des dires à cœur ouvert de Robert Bourgi ; 2- l’on se souvient que le sémillant directeur du Fonds Monétaire International (FMI), c’est-à-dire l’un des plus grands commandeurs de l’ordre mondial de l’argent, en route, au surplus, vers le plus haut sommet de la mère patrie, s’est effondré brutalement sur le corps fatigué d’une soubrette, émigrée économique de la Françafrique ; 3- et par-dessus se pointe, cerise sur le gâteau, Robert Bourgi, avec ses dires sous forme d’aveux non autorisés. Pour le Noir Africain, pétri de superstitions, ces trois événements enchaînés sont la preuve que les choses bougent. On ne sait pas dans quel sens, à cause de la parfaite incertitude du futur. Mais il est très bon qu’elles bougent, car l’immobilisme c’est la mort. L’on sait aussi d’expérience en Afrique noire, qu’avant sa mort, le sorcier passe spontanément à des aveux sordides, après quoi il disparaît de la scène pour que la vie se renouvelle. A l’aune françafricaine, serait-ce en cours scénario semblable ? Disons simplement que, à condition de les mettre en perspective avec les deux événements majeurs qui les ont précédés, il n’y aurait que la superstition négro-africaine pour permettre d’appréhender convenablement les dires de l’avocat Robert Bourgi.

(Par Roger Gbégnonvi)

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article