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Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.

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CI: La fuite du cacao pas prête de s’arrêter

rci_san-san-kouao.jpgAlors que l’organisation internationale de café cacao revoit à la hausse la production ivoirienne de cacao en cette campagne, le pays est confronté à une fuite de ses fèves vers le Ghana voisin. La Côte d’Ivoire produira cette année plus de tonnes de cacao que prévu. La production du pays connaîtrait une hausse de plus de 100 mille tonnes de fèves de cacao, selon les prévisions de l’Organisation internationale de café et de cacao.
Même si le phénomène existe depuis plus de cinquante ans, cette embellie de la production de cacao risquerait de ne pas profiter au premier pays producteur et exportateur de fèves, si les autorités du pays ne penchent pas sérieusement sur phénomène de la fuite de sa production vers d’autres pays voisins. Ce fléau n’est pas un fait nouveau certes mais, il prend des allures inquiétantes ces temps-ci. «La production ivoirienne est toujours convoyée dans des pays voisins. Ces dix dernières années, au plus fort de la crise l’on assistait à la fuite du cacao vers le Burkina Faso. A un moment donné ce pays faisait de l’exportation du cacao l’une de ces principales activités commerciales,» a dénoncé un agent du ministère de l’agriculture s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. L’exportation illicite d’une partie de la production ivoirienne par le Burkina Faso se ferait selon ce dernier, avec la complicité des ex-Forces nouvelles de Guillaume Soro, l’actuel premier ministre du gouvernement Ouattara. Le cacao ivoirien ne prendrait pas uniquement la direction du pays de Blaise Compaoré, a en croire YT un autre fonctionnaire du ministère de l’Agriculture, affirmant qu’à l’heure actuelle, le Ghana et le Libéria seraient les principaux bénéficiaires de ce trafic illicite. « Malgré le prix élevé appliqué en 2010 (1000 francs le kg) des planteurs allaient vendre leurs productions chez nos voisins, notamment au Ghana et au Libéria, » a expliqué notre interlocuteur. Pourquoi, choisissent-ils de vendre leurs productions ailleurs qu’en Côte d’Ivoire ?
Les explications diffèrent selon nos interlocuteurs. Un producteur de cacao dans la région d’Aboisso affirme que cette pratique ne date pas d’aujourd’hui dans leur région et qu’elle serait liée à l’état défectueux des pistes qui relient des zones de production au chef lieu de département. « Les routes sont souvent impraticable. Pour sortir nos productions nous payons plus d’argent que prévu. Quand des acheteurs Ghanéens nous font des propositions alléchantes nous leur livrons notre produit sans hésiter,» a lâché ce planteur qui se prénomme Moïse, ignorant que cette pratique fait perdre d’énormes devises à son pays. Tout comme lui, Zoumana ne vend pas sa production en Côte d’Ivoire prétextant qu’il est plus facile pour lui d’écouler son produit au Ghana parce que ce pays est plus proche de sa plantation. « Nous sommes obligés de vendre notre produit au Ghana, parce que nous plus proche de ce pays que du port d’Abidjan. Et nous gagnons plus d’argent que lorsqu’on convoie notre produit sur Abidjan à cause des faux frais de route,» a-t-il ajouté. Info ou intox !
En tout cas tous les planteurs de cacao situés non loin des frontières du Ghana et du Libéria qui ont accepté de donner leur point de vue sur la fuite du cacao ivoirien ont tenu presque le même langage. Tous ont confirmé qu’en vendant leurs produits dans les pays voisins, ils sont mieux rémunérés. Du côté du ministère de l’agriculture, ont révèle cependant que la fuite du cacao serait liée à la mauvaise gestion du comité de gestion de la filière café cacao qui selon eux, ne dote pas les planteurs du minimum pour exercer convenablement leur activité.
« Les responsables de la filière connaissent les raisons de la fuite du cacao ivoirien vers d’autres horizons. Ils refusent de redonner les intrants qui sont destinés aux planteurs. Ceux qui ont des facilités pour acquérir ces produits ailleurs préfèrent vendre leurs produits dans les pays voisins,» ont conclu ces responsables du ministère de l’agriculture, reconnaissant que cette pratique s’étend désormais sur d’autres produits d’exportation de la Côte d’Ivoire, notamment la noix de cajou ivoirienne qui serait vendue au Burkina Faso.

Wassimagnon, Koaci.com Abidjan
Source: http://www.koaci.com

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