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Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.

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Ce que l’on doit reprocher au Colonel-Guide

kadafi_mains_tete-copie-1.jpgLe colonel Kadhafi dans un trou ( ?) comme Saddam Hussein avant lui, et sa tête mise à prix ? L’adage ici dit que les gisants au cimetière ne savent pas ce qu’ils ont perdu à s’être précipités dans l’Hadès, et qu’ils ne devront pas nous traiter de menteurs lorsque nous, qui aurons résisté longtemps à la mort, les rejoindrons et leur apprendrons que les poules ont désormais des dents et que les tyrans tombent comme ce n’était pas imaginable auparavant.
Que reprochent les Libyens au Colonel-Guide ? Rien sur le plan social, si l’on en juge par la réflexion d’un fonctionnaire de Tripoli, qui se dit lui-même ‘‘technocrate’’ aimant et servant son pays : ‘‘On mangeait, on buvait, on dormait…’’ Or c’est précisément cela que reproche au régime de Kadhafi ledit technocrate, qui s’empresse d’ajouter : ‘‘La vie, ce n’est pas ça…On ne pouvait rien critiquer, rien contredire’’. Et voilà pourquoi, informé de l’entrée imminente des insurgés dans la capitale, il s’est détourné de la mosquée où il se rendait pour prier, est allé chercher sa femme et ses enfants pour accueillir avec eux les libérateurs. Et quand on lui a demandé s’il n’avait pas peur d’être fauché par l’une des balles innombrables qui sifflaient, sa réponse fut socratique : ‘‘Mourir, oui, mais à présent dans la dignité.’’ Voilà le Colonel-Guide prévenu, s’il doit renaître officier putschiste dans une existence future : tous les animaux mangent, boivent et dorment ; l’homme est le seul animal à exiger liberté et dignité en plus du gîte et du couvert. Il n’admet pas d’être simplement gavé comme une oie.
Que reproche le monde au Colonel-Guide ? D’avoir manqué à son devoir de guide suprême, devoir de protection des personnes et de leurs biens. A la recherche d’un opposant politique, a-t-il ordonné de détruire en vol un avion de ligne sur lequel voyageaient des gens simples et paisibles ? Oui ! Il l’a reconnu et payé dommages et intérêts en sachant, on le suppose, que tout l’argent du monde n’a jamais ressuscité nos êtres chers assassinés, ni ne nous a rendu leurs corps réduits en cendres au milieu des décombres incandescents d’un avion abattu. Cet exploit luciférien suffit à lui seul à rendre méprisable le colonel Kadhafi, infiniment plus dangereux que Al-Qaïda, Aqmi, Boko Aram et autres Shébabes. Eux ne sont pas l’Etat, mais Kadhafi, oui ! Quand on est chef d’Etat doté de tous les pouvoirs et moyens, ce n’est pas pour nuire aux hommes et aux femmes, c’est pour les protéger et protéger leurs biens. Un chef d’Etat terroriste au plan national et/ou international s’apparente à un monstre.
La dangerosité de Kadhafi a été très vite perçue par le monde. Le président américain Ronald Reagan a tenté d’en débarrasser la terre à coups de bombes larguées sur son bunker. Echec et mat. Outre qu’il n’était pas très indiqué d’utiliser les mêmes méthodes terroristes que le tyran, il est connu que l’on n’arrive pas facilement à bout de l’ivraie, elle est d’une longévité insolente. Il a fallu donc faire avec, caresser la bête dans le sens du poil afin qu’elle ne se retourne pas brusquement pour ne faire de vous qu’une bouchée. L’occident a même rejoint récemment l’Afrique pour lui manger dans la main. Et dans les chancelleries, on s’amusait beaucoup du spectacle très coloré du ‘‘roi des rois d’Afrique’’. Le monde dut attendre que les Libyens eux-mêmes décident de lui faire la fête. Alors l’OTAN vint et donna la main à tout. L’Afrique y alla de son embarras d’abord et de quelques borborygmes et gesticulations de marionnette, puis elle finit par se calmer et se croiser les bras pour observer, du plus profond de sa silencieuse impuissance, le crépuscule du dieu, l’estocade donnée à son paradis et sa descente aux enfers. A ce spectacle couleur sang et fumée, de très nombreux fils et filles d’Afrique sont encore à remuer la tête en se demandant si c’est ainsi que finiront désormais nos dictateurs et autres apprentis autocrates, si puissants et si arrogants.
Pas nécessairement, car les peuples sont gentils, soumis et même résignés. Mais quand on en rajoute sans cesse, quand on ‘‘exagère trop’’, comme on dit ici, les peuples peuvent se fâcher et aller jusqu’au bout de leur colère. A Dakar, Ouagadougou et Cotonou, puisse la leçon être entendue, la constitution respectée en l’état, afin que les peuples n’aient pas une soudaine envie de faire des petits à Kadhafi dans quelque trou à rats. Eviter une telle chute.

(Par Roger Gbégnonvi)

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