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Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.

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CAMEROUN: Quand les repas de famille favorisent la propagation du choléra

cameroon_cholera.jpgDans le Nord du pays, on mange en famille et avec les mains. Pour se les laver, on utilise généralement un récipient unique. Conformément à des habitudes qui datent des centaines d’années. Cela n’est pas sans risques pour les populations. Dans une région où le choléra sévit tous les ans.
En 2010, le choléra a tué plus de 600 morts au Cameroun. Les régions du Nord ont enregistré les plus lourdes pertes. Selon le bilan établi par le ministère de la Santé publique au 19 octobre 2010, l’Extrême-Nord et le Nord totalisaient à eux seuls 552 décès. L’une des raisons qui explique la vulnérabilité de cette partie du pays est le partage du repas en famille.
« Dans le Nord, il y a surtout les familles musulmanes. On partage les repas ensemble. C’est un moment de communion. C’est aussi un symbole, une leçon pour les plus jeunes. On veut leur apprendre la solidarité et le sens du partage » explique Ndara S, originaire de l’Extrême-Nord du Cameroun. « Généralement, les familles nordistes et surtout musulmanes n’utilisent pas de cuillères et les fourchettes. Les gens mangent avec les mains. Le mal, c’est qu’il ya généralement un seul récipient où tous le monde lave ses mains. Ça peut expliquer la propagation de certaines maladies qui se contaminent à travers l’eau sale » réplique Maïmouna, infirmière. « Une main mal lavée a forcément des conséquences pour les autres puisque cette main touche les mêmes aliments consommés par ceux qui partagent le repas » ajoute-t-elle.
En effet, les familles ont l’habitude d’user d’un seau ou d’une calebasse où l’on verse de l’eau qui servira à laver les mains de ceux qui partagent le repas. En général, c’est le plus âgé qui commence par se laver les mains et les autres répètent le geste du plus âgé au moins âgé. « Cet ordre traduit aussi un message, celui du respect des aînés » justifie Ndara S. A la fin du repas, c’est le même rituel. Conséquence, l’eau se salit au fur et à mesure et, c’est le moins âgé qui est le plus susceptible d’être le plus contaminé.

Changer les habitudes
Dans le cadre de la lutte contre le choléra dans le Nord, les messages de sensibilisation ont beaucoup insisté sur la propreté. « On a demandé aux gens de se laver les mains avec de l’eau propre et du savon. Moi, j’ai personnellement demandé aux miens de se laver les mains individuellement. C’est vrai que c’est difficile parce que les gens sont habitués à le faire en groupes mais, on a aussi sensibilisé les gens sur le risque qu’ils couraient à se servir de l’eau sale »affirme Aliou, un volontaire ayant participé aux campagnes de sensibilisation effectuées par le ministère de la Santé publique.
Le message semble porter de fruit. « On essaie de s’adapter à cet état de choses. Désormais, chacun se lave les mains avant de venir manger. On n’utilise plus les mêmes récipients » déclare Alahdji Aminou, un père de famille. « Mais il faut avouer que cela enlève quelque chose de traditionnel et d’importants à nos repas » regrette-t-il. Cependant, ce n’est pas toujours toutes les familles qui observent cette règle de prudence. « On a beau sensibiliser les gens, il y en a toujours qui ne changent pas. Certains disent que pendant des centaines d’années, les familles nordistes ont partagé leurs repas sans que cela n’ait eu des conséquences dévastatrices. Ce n’est pas aujourd’hui que ça va changer. D’ailleurs, quand l’épidémie passe, les gens recommencent » constate Yabo F, étudiant à Maroua dans l’Extrême- Nord.
Une imprudence qui pourrait encore coûter des vies.

Mh, Koaci.com Yaoundé
Source: http://www.koaci.com

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