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Habitués aux jongleries juridiques, les fidèles du président Biya multiplient des interprétations et démarches contradictoires pour justifier la prolongation du mandat de son président national, Paul Biya. Un mandat qui s’achève statutairement ce 21 juillet 2011.
Le président Paul Biya avait été réélu à la tête de son parti le 21 juillet 1996. Depuis quelques temps, la presse camerounaise ne cessait de rappeler que son mandat s’achève demain, 21 juillet 2011. L’intérêt autour sa réélection à la tête du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au pouvoir, trouve sa source dans les textes même du parti selon lesquels, le président du parti au pouvoir est le candidat du parti à l’élection présidentielle. Ce qui revient à dire que si Paul Biya est réélu à la tête de son parti, il sera candidat à la prochaine élection présidentielle. Alors que la pression de l’actualité commençait à peser sur le parti à propos de la fin du mandat du président Biya, le secrétariat général du parti a servi à l’opinion, un communiqué indiquant que, d’une part, le bureau politique avait décidé de proroger le mandat du président Biya et, d’autre part, un congrès ordinaire du parti aura lieu avant l’élection présidentielle. Pour justifier ce flou artistique autour du mandat du président Biya, les lieutenants du parti se sont livrés à diverses interprétations des textes.
Curieuses interprétations
Pour la presse et l’opinion, le mandat du président Biya est de 5 ans. La preuve, c’est qu’il a été réélu en 1996, en 2001 et en 2006. D’ailleurs, selon les textes de ce parti, le congrès, « plus haute instance » du parti se tient « tous les cinq ans en sessions ordinaires ». Or, le dernier congrès de ce parti s’est tenu en …1996 ! En violation des textes du parti. Toutefois, pour, ne serait-ce que ne pas laisser sombrer le mandat du président Biya dans l’illégalité, le Rdpc a souvent convoqué une autre disposition des textes de ce parti selon laquelle « en cas de nécessité, cette échéance peut être avancée ou reculée par le Bureau politique ». C’est alors le cas des congrès extraordinaires qui n’ont souvent eu pour ordre du jour que de renouveler le mandat du président Biya, « l’homme dont la vie du parti est suspendue aux battements de son cœur » comme l’affirme un politologue. Alors que son mandat est en train de tomber en désuétude, les cadres du parti expliquent qu’aucune disposition ne dit que le mandat du président du parti est de 5 ans. Pourtant, l’article 19 des statuts de ce parti indique clairement que « le congrès élit le président national du parti ». Un congrès qui, selon les statuts « est de 5 ans ».
L’argument du bureau politique
Alors même qu’une partie de militants s’évertuent à expliquer que « rien ne dit que le mandat du parti est de 5 ans », le parti s’est empressé de trouver un subterfuge pour renouveler le mandat du président Biya. Le secrétaire général du parti, René Emmanuel Sadi indique que le bureau politique du Rdpc s’est réuni et a décidé de proroger le mandat du président du parti, Paul Biya. Certes, les textes autorisent cette jonglerie. Cependant, les textes indiquent bien que le bureau politique peut abréger ou proroger le congrès qui élit le président national. Mais, les textes mentionnent bien que cela se fait « en cas de nécessité ». Quelle nécessité y avait-il en ce moment ? Le communiqué du parti reste flou sur la question. En outre, la prétendue réunion du bureau politique qui a décidé de proroger le mandat du président Biya n’a pas fait l’objet d’une quelconque communication. Plus encore, plusieurs membres de ce bureau politiques sont soient incarcérés, soient démissionnés, soient décédés. C’est d’ailleurs, considérant cette dernière réalité que le quotidien satirique « Le Popoli » a titré à sa UNE, « Paul Biya investi par des cadavres ». Coincé souvent par la presse locale de plus en plus attentive à la vie du Rdpc et à la marche des institutions, les fidèles du président Biya servent souvent à l’opinion, des arguments farfelus et curieux pour expliquer telle ou telle violation des textes. « Le Cameroun, c’est le Cameroun » dit-on à Yaoundé.
Mh, KOACI YAOUNDÉ
Source: http://www.koaci.com