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Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.

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CAMEROUN: La polémique fait rage au sujet d'un câble diplomatique relayé par Wikileaks.

wikileaks_paul_biya.jpgWikileaks, le célèbre site du Suédois Julian Assange a attribué au ministre camerounais de la Justice, Amadou Ali, des propos à connotation tribalistes. Depuis, c'est une véritable battue dans les médias et dans l'opinion publique. Par Mohamadou Houmfa, à Yaoundé.
Amadou Ali, l'actuel vice-Premier ministre, ministre de la Justice est traditionnellement un homme réservé dont les déclarations publiques se comptent sur les doigts d'une seule main depuis plusieurs années. Même lorsqu'il a subi un lynchage médiatique en règle dans sa gestion de l'opération "Épervier" de lutte contre la corruption", certains le soupçonnant de faire arrêter ses rivaux politiques, il s'est illustré par un silence de cimetière. C'est cet homme là, l'un des poids lourds de la scène politique camerounaise, ministre depuis une vingtaine d'années qui, à en croire le site wikileaks, a déclaré à l'ancienne ambassadrice des Etats-Unis au Cameroun que les ressortissants du septentrion du pays (d'où il est originaire et d'où est originaire le premier chef d'Etat camerounais Ahmadou Ahidjo) n'accepteraient pas qu'un originaire du Sud (d'où vient Paul Biya, l'actuel président) ou de l'Ouest (région d'où viennent les principaux opérateurs économiques du pays) prenne le pouvoir.
« Les trois régions du Nord qui sont ethniquement et culturellement différentes du reste du Cameroun vont continuer à apporter leur soutien à Biya aussi longtemps qu’il souhaitera demeurer président, mais le prochain président du Cameroun ne viendra pas de l’ethnie beti/bulu de Biya. Les Betis sont trop peu nombreux pour s’opposer aux nordistes, encore moins au reste du Cameroun. Des Bamilékés ont fait des ouvertures à des élites du Nord pour forger une alliance entre leurs régions respectives, mais les nordistes étaient si méfiants sur les intentions des Bamilékés qu’ils ne concluraient jamais une alliance pour soutenir un pouvoir politique bamiléké » a-t-il déclaré selon Wikileaks.

Réactions
Depuis cette "révélation", c'est un tollé général. Toute la semaine dernière et même en ce début de semaine, il ne s'est pas passé une seule journée sans que ce sujet fasse les gros titres de la presse. les uns accusant le ministre de menacer l'unité nationale du Cameroun. Les autres affirmant qu'il ne fait que dire tout haut ce que les gens pensent tout bas. Denis Kwebo, journaliste au quotidien "Le Jour" dit qu'il n'est pas surpris compte tenu du "très faible niveau intellectuel de ce ministre". Jean De dieu Momo, candidat à l'élection présidentielle "condamne avec la dernière énergie ces propos inacceptables qui bafouent l’héritage des nationalistes et patriotes qui voyaient en la camerouneté, un concept transcendant les clivages ethno-régionaux et religieux et socle de la nation camerounaise à bâtir". John Fru Ndi, le leader de l'opposition se demande si "le fait pour le vice-Premier ministre, ministre de la Justice de faire de telles déclarations ne constitue pas une manière plus cruelle de préparer la sécession". Dans les rues de Yaoundé aussi, le débat fait rage. Devant un kiosque à journaux, Daniel qui se présente comme enseignant dans un lycée de Yaoundé soutient la position du ministre Ali. "Les gens du Sud (région géographique d'où est issue le président Paul Biya, Ndlr) ont pillé ce pays. La preuve c'est que plusieurs ministres de cette région sont en prison. Il faut redonner le pouvoir aux Nordistes qui sont des meilleurs gestionnaires" dit-il. "Faux ! s'enflamme un autre curieux dans le même kiosque. Le prochain président doit être élu démocratiquement. Quelque soit sa région d'origine" dit-il. "Justement, les Nordistes sont plus nombreux. Ils n'auront pas de mal à voter l'un des leurs".
Les Nordistes (plus de 30 % de la population camerounaise selon des études scientifiques) sont majoritaires. Mais, pour gouverner, les présidents successifs ont souvent fait recours des jeux d'alliances ethniques très complexes. Afin de préserver la paix dans ce pays qui compte près de 300 ethnies.

Mh, KOACI YAOUNDE, copyright©koaci.com
Source: http://www.koaci.com

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