Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Jeudi 14 avril. Les Ouagalais de retour du boulot sont pour la plupart chez eux. A 21h démarre du côté de la présidence du Faso des tirs sporadiques. Ils deviennent de plus en plus nourris plus la nuit avance. Des balles traçantes déchirent le ciel noir de Ouaga. Quelques badauds qui trainaient dans les parages de Ouaga 2000, le quartier qui abrite le palais présidentiel, croient un instant à un feu d’artifice. Que nenni, c’est plus grave. Les tirs ont lieu à l’intérieur du camp du régiment de sécurité présidentielle. On pense alors à l’irréparable, serait-ce un coup d’Etat ?
Les sms et les téléphone se mettent en branle. Un militaire à l’intérieur du camp rassure, « y a rien c’est entre nous ». Puis les armes lourdes entrent en jeu . vers 21h trente, un groupe de journalistes assis dans un maquis vers le SIAO à 10 km de la présidence du Faso, voit passer un cortège militaire. Ils reconnaissent le président qui est en train d’être mis à l’abri au Conseil de l’Entente, ancien QG de la garde rapprochée du président.
Les choses semblent donc sérieuses. Au loin on attend des tirs à l’arme lourde. Les Ouagalais se terrent chez eux. Au palais de Kossyam, on apprendra que le domicile du chef d’Etat major particulier du président a été mis à sac et que finalement le président du Faso a passé le reste de la nuit dans sa résidence privée à Ziniaré, situe à une cinquantaine de kilomètres de Ouagadougou..
Au cours de la nuit, le camp Lamizana situé à l’entrée Ouest de la ville est entré également dans la danse. Ce camp est à l’origine du mouvement de la nuit du 22 au 23 mars dernier, qui a vu la descente des soldats sur la ville de Ouagadougou saccageant tout sur leur passage, suite à l’arrestation de cinq des leurs.
Ce matin, les Ouagalais ont encore découvert une ville avec des magasins saccagés et vandalisés. Plusieurs magasins et boutiques du centre ville qui avaient échappé à l’assaut du 22 mars n’ont pu échapper cette fois. La radio savane FM a été attaquée par les militaires. Elle n’émet pas ce matin. Quelques soldats sillonnent toujours la vile dans des 4x 4 en tirant e l’air. Il n’y a pas encore eu de communiqué officiel sur cette mutinerie de la part des autorités. Les soldats selon certaines indiscrétions attendaient de voir l’effectivité de certaines primes promises le 15 de ce mois. Mais cela n’aurait pas été le cas.
La situation reste plus ou moins calme. De nombreux services sont fermés, notamment les stations pour éviter les pillages. Les alentours du camp lamizana sont actuellement barricadés.
Le président du Faso selon nos informations est à Ouagadougou, Il est prévu qu’il accorde une audience au représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Côte d’ivoire, Choï
Suite à la sortie des militaires le 23 mars et à la mutinerie de Kaya, une semaine après, le président Compaoré s’était adressé à la Nation et avait promis de larges concertations avec toutes les couches sociales. Il avait rencontré à cet effet toutes les composantes de l’armée et avait ensuite déclaré que la crise était terminée.
Apparemment, on a affaire à des revendications perlées au sein de l’armée.
L’inquiétude est d’autant plus grande que c’est la troupe d’élite de l’armée Burkinabè qui se mutine. Le fait qu’elle s’en prend à domicile de Gilbert Diendéré, chef d’ état major particulier du président du Faso et grand patron du régiment de sécurité présidentielle est révélateur d’un certain malaise. Il nous revient que lors des casses du 22 mars, les soldats avait visité son domicile après celui du chef d’état major général des armées.
Les soldats ont un problème avec leur hiérarchie. C’est une évidence.
Hasanata, Koaci.com Ouagadougou
Source: http://www.koaci.com