Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Le débat sur l’article 37 qui a été contenu lors de la campagne présidentielle de novembre 2010 qui a vu la très large victoire du président Compaoré par près de 80% des voix risque d’empoisonner son mandat d’actuel. Le parti au pouvoir n’a pas fait mystère de sa volonté de retoucher cet article de la constitution dans le sens de permettre à son mentor de se présenter au-delà de son second mandat qui s’achève en 2015.
L’opposition est contre cette révision et une bonne partie de l’opinion également. Le parti au pouvoir a cependant un atout. La révision qu’elle envisage n’a rien d’anticonstitutionnel. La loi le permet et elle a une majorité confortable pour arriver à ses fins.
Au lendemain de l’élection présidentielle, le président Compaoré a nommé un ministre d’Etat chargé des reformes en la personne de Arsène Bonyessan Yé. C’est un médecin militaire, un compagnon de la révolution des capitaines et se présente comme un des pères de la constitution de 1991 qui a consacré le retour à une vie constitutionnelle normale.
Les premiers contacts de ce ministre en charge des réformes a viré au flop. Un problème de forme dans l’invitation que ses services ont adressée au groupe de partis politiques de l’opposition appelé « les refondateurs ». Les refondateurs sont un groupe de 9 partis politique qui en 2008 ont fait le constat que le pays allait dans la mauvaise direction et qu’il était ugent de refonder l’Etat. Ce groupe a refusé l’invitation qui a été faite au téléphone. Pour un sujet de cette importance, les partis membres de ce regroupement auraient souhaité une lettre d’invitation en bonne et due forme avec mention d’un ordre du jour précis.
La rencontre finalement n’a pas pu avoir lieu. Mais selon nos informations, le groupe de partis risque de connaitre des dissensions en son sein. Un des partis, UNDD pour ne pas le nommer aurait voulu quand même répondre à cette invitation. Mais globalement, le groupe pense qu’il faut y mettre les formes et compte tenu de l’importance des sujets à débattre.
Ce premier contact raté est le signe que les choses ne vont pas être simples. Le pouvoir en plus de l’article 37 envisage de renforcer les pouvoirs de contrôle du parlement sur l’exécutif et la création d’un sénat.
Le débat devra donc s’ouvrir d’ici là. Mais force est de reconnaître que le contexte n’est plus favorable au parti au pouvoir.
Notamment sur la principale reforme qui consiste à permettre à sauter le verrou de la limitation du nombre de mandats. Avec les vents du changement qui soufflent sur le nord du continent, le risque est grand de voir les partis politiques de l’opposition surfer sur ce phénomène et refuser toute modification même légale de l’article 37. Ensuite, la tension suscitée par les incidents de Koudougou qui ont fait 6 morts n’est pas encore entièrement retombée.
C’est en cela que l’ouverture du débat sur les reformes risque d’être repousser à plus tard après les législatives de 2012 avec le risque évident que la majorité réduite à l’assemblée nationale. Toute chose qui n’est pas pour arranger les affaires du CDP, parti au pouvoir.
Hasnata, correspondant de Koaci.com à Ouagadougou
Source: http://www.koaci.com