Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Le 11 mars dernier, l’équipe de reportage de la télévision nationale du Burkina (TNB) a été prise à partie par les manifestants de l’association nationale dans étudiants du Burkina (ANEB).
La camera de l’équipe a même été retirée. Et à l’heure où nous tracions ces lignes,la direction de la télévision n’a toujours pas récupéré son outil de travail.
A l’origine de cet incident se trouve la couverture médiatique des manifestations des élèves de Koudougou dans le centre ouest du pays suite à la mort de l’élève Justin Zongo. Les reporters de la TNB qui étaient présents sur les lieux ont filmé les événements mais n’en ont pas fait un compte rendu. Une attitude qui a frisé la censure selon certains étudiants qui y voient la main du pouvoir en place.
L’association de défense des journalistes, Reporters du Faso a condamné la confiscation de la caméra par les manifestants et a demandé sa restitution sans condition. Pour cette association, le fait d’empêcher les journalistes de faire leur travail est une atteinte à la liberté d’expression.
On a appris cependant dans les coulisses que les étudiants auraient appelé courant la semaine dernière la rédaction de la TNB pour venir récupérer la caméra. L’opération de remise n’a pu malheureusement avoir lieu. La télévision aurait préférée que les étudiants la remettent à la gendarmerie.
Pour l’instant c’est le statu quo. Mais pour ne pas arranger les choses, la TNB lors de son journal télévisé du 13 mars 2010 a lu une déclaration du parti au pouvoir, le CDP accentuant la collision entre le pouvoir et la télévision publique. Cette déclaration qui condamnait les manifestations violentes qui essaiment le pays, dénonçait également des « des mains occultes » qui manipuleraient les élèves et les étudiants. A mots couverts, certains partis politiques de l’opposition et des associations de la société civile sont visés.
Rebondissant sur le précédent ainsi crée par la TNB, on apprend que une dizaine de partis politiques conduits par le chef de file de l’opposition a déposé, à son tour une déclaration sur la situation nationale. Ces partis s’attendent à ce que cette déclaration soit également lue au journal de la TNB. Une situation embarrassante pour la direction et la réaction qui réfléchit à la solution. En attendant c’est la radio nationale qui a failli être victime de la colère des manifestants à l’égard de la TNB. L’équipe de reportage de la radio nationale a été obligée de retirer son micro du perchoir du meeting des associations et syndicats contre la vie chère le samedi 19 mars. Le service de sécurité qui a vu les micros estampillés « rtb »a cru avoir affaire à ceux de la télévision nationale et les a faits retirer. Tout est rentré dans l'ordre après vérifications. La TNB a fait une brève sur le meeting du 19 mars en précisant que ses reporters n,ont pu avoir accès au lieu de la manifestation.
La télévision nationale est depuis quelque temps déjà dans le collimateur des partis politiques qui estiment que son traitement de l’information est partisan et que son accès n’est pas équitable. La lecture de la déclaration du parti au pouvoir est venue conforter ces présomptions
Hasnata, correspondant de Koaci.com à Ouagadougou
Source: http://www.koaci.com