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Le limogeage de Brou Aka continue de défrayer la chronique. Dans les milieux concernés, on « tique » sur les raisons officielles. Maintenant, on en sait un peu plus, pour affirmer que l’ex-DG a été victime d’un complot !
Par Franck-Harding M’Bra
« Cette décision (de limogeage, ndlr) est la conséquence de graves dysfonctionnements observés dans la gestion quotidienne de la RTI. Ces dysfonctionnements ont atteint leur paroxysme le samedi 30 juillet. En effet, la Direction générale de la RTI n’a dépêché aucune équipe de reportage pour assurer la couverture du retour du Président de la République de sa visite aux Etats-Unis d’Amérique… », indiquait le communiqué rendu public dimanche en soirée par le ministère de la Communication, dirigé par Souleymane Coty Diakité, pour situer l’opinion sur les raisons du limogeage de Brou Aka Pascal. Nombreux sont les Ivoiriens qui n’ont pas du tout pris cette version au sérieux, pensant fortement qu’avec ce dégommage subit, il y avait anguille sous roche.
Ce que Brou Aka a refusé de faire
Selon nos investigations, et d’après une source au sein de la Maison Bleue de Cocody, cette mesure tient du complot. En effet, Brou Aka Pascal aurait payé cash son opposition à certaines mesures proposées par l’entourage d’Alassane Ouattara. Mesures auxquelles il n’aurait pas daigné accordé de suite favorable. Brou Aka Pascal ne se serait pas montré très chaud à intégrer à la RTI un gros contingent des agents de TCI (la télé pirate devenue pour un temps la télé nationale) que lui auraient proposé des membres influents de l’entourage de Ouattara. Une mesure qui, si elle avait été appliquée, aurait débouché indirectement sur le renvoi, en douceur de certains agents officiels de la télévision taxés de rouler pour LMP et le Président Gbagbo. Un enrôlement récompense en fait pour ces agents de TCI qui ont « fait le boulot » pendant la crise post-électorale. De façon courtoise, Brou Aka aurait répondu que « ce n’est pas professionnellement faisable ». Un refus qui a apporté de l’eau au moulin des « durs » du sérail présidentiel qui le taxaient d’être un pro-Gbagbo caché. Surtout après que Brou Aka Pascal a gardé dans son organigramme certains de ces « indésirables ». Les « faucons » du ouattarisme décident donc d’avoir sa tête. Et mettent en branle leur coup sur le voyage aux USA.
L’équipe de reportage insidieusement trompée
Une équipe de reportage avait bel et bien été envoyé en reportage à l’aéroport. Sauf que celle-ci aurait été insidieusement trompée ! Le service de communication de la Présidence, au parfum de ce qui se tramait, aurait fait savoir au chef des reportages institutionnels, Habiba Dembélé, qui conduisait cette équipe, que le voyage du chef de l’Etat était une visite privée et qu’il n’y avait pas lieu de couvrir son arrivée. Il aurait été par ailleurs signifié aux équipes de la télévision que l’arrivée de Ouattara était prévu pour 14h GMT alors qu’en réalité c’était à 9h GMT. Suite à quoi, l’équipe de reportage est rentrée. Ce qui explique que, c’est seulement un cadreur qui a été envoyé en catastrophe pour la couverture, et qui s’est du coup transformé en journaliste, lorsque l’arrivée imminente du chef de l’Etat a été sue. D’où la mauvaise qualité du reportage diffusé sur les antennes. Sinon, comment comprendre qu’un tel voyage de haute portée politique pour la présidence aurait pu être délibérément boycotté par la direction générale, si ce n’est se faire hara-kiri ?
Des collaborateurs impliqués
Le coup étant réussi, les instigateurs n‘avaient ainsi qu’à désigner le DG de la RTI comme principal fautif de « ce dysfonctionnement ». Ouattara, très soucieux de son image et de la com’ qui l’entoure, ulcéré, ne pouvait que signer le décret de limogeage pour punir Brou Aka de ce crime de lèse-majesté. Il a été remplacé par un intérimaire, en la personne de son adjoint Aka Sayé Lazare. Là où le cynisme et l’hypocrisie sont à leur comble, c’est quand notre source fait savoir que le DG discutait même dans la cour de la télé avec ses adjoints, ce samedi en soirée, alors que l’un d’entre eux avait la décision de limogeage dans sa poche. Ce dernier aurait attendu que Brou Aka s’en aille pour faire passer le communiqué en bande déroulante. Le brillant journaliste, ex-Rédacteur en chef du JT de La Première se retrouve donc pour l’instant sur le carreau. Désappointé en plus. Et expérimentant, à l’instar de certains de ses collaborateurs d’hier qui l’auront appris à leurs dépens, les coups fourrés qui sont le lot quotidien de la Maison Bleue de Cocody. Et maintenant qu’il est écarté, la voie est toute dégagée pour ces comploteurs de l’ombre qui pourront façonner la télévision nationale à leur manière.
Un article du journal ivoirien "Le Nouveau courrier" (du mardi 2/08/11)
Source: http://www.afrik.com