Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
S’il est bien un sujet qui semble faire l’unanimité en cette période post crise c’est bien celui de la dissolution intégrale de la Fesci, le syndicat estudiantin, , issu du Fpi de Laurent Gbagbo. C’est en tout cas ce que KOACI a tenté de vérifier pour vous à travers une modeste mesure d’opinion ce samedi soir dans la commune de Yopougon à Abidjan entre la zone de la rue princesse, endroit de prédilection et très frequenté de la jeunesse ivoirienne et le quartier bel air. Au total, un panel hétéroclite de 95 personnes dont 61 hommes et 34 femmes tous âgés entre 17 et 34 ans, ont répondu à nos interrogations sur ce sujet jadis tabou voire interdit ou propice à engendrer une insécurité et même après la crise, l’abord du sujet reste sensible comme nous l’avons constaté. Parti pour faire un reportage vidéo, nous nous contenterons, du fait du climat toujours hostile aux caméras, de nous arrêter à l’emploi du stylo et du dictaphone.
Sur les 95, 89 ont avoué souhaiter que plus jamais la fesci ou des organisations similaires puissent exister en Côte d’Ivoire, 79 sur 95 estiment que la Fesci a sa part de responsabilité dans la crise ivoirienne, 80 sur 95 souhaitent voir juger les responsables de la Fesci.
Nous avons tenté aussi de savoir si nos sondés du soir souhaitaient voir un jour la Côte d’Ivoire dirigée par un ancien secrétaire général de la Fesci, évoquant les exemples Soro et Blé Goudé, la réponse fut sans appel, « non » pour 88 sur 95 avec l’argument récurrent sorti en réaction à notre question, des parcours scolaires quasi nuls des deux anciens leaders fescistes et d’un pays lancé sur de nouvelles bases qui devrait faire naître une nouvelle classe politique qualifiée sans passé sanglant ou armé.
Il faut dire que l’actualité n’aide pas les deux anciens élèves de Laurent Gbagbo et le mouvement syndicaliste. En effet, au delà des agissement arbitraire et sanglant du syndicat aux accents mafieux et digne d’une milice armée, entre un Guillaume Soro reconduit momentanément premier ministre et incapable d’inverser la tendance d’une crise sociale sans précèdent qui frappe la Côte d’Ivoire et un Blé Goudé traqué qui tente d’exister dans une indifférence surprenante à travers des médias peu scrupuleux, rien n’est fait pour séduire une population désireuse de lendemain meilleur et d’éradiquer un passé asphyxiant.
Sur les nombreux témoignages recueillis lors de notre enquête, nous retiendrons ceux de Jean, d’Ibrahim et de Sonia. Pour jean, étudiants dans une université privée d’Abidjan, abordé alors qu’il s’apprêtait avec un groupe d’amis à rentrer dans un club de la place, il est temps de passer à autre chose. « Gbagbo a créé la fesci pour déstabiliser le pays et vous avez vu le résultat, si on n’est pas vigilant les Soro, Blé Goudé, Serge Koffi et autre pourraient nous faire un sale coup et replonger la Côte d’Ivoire dans la crise, c’est leur travail, fesciste et fasciste sont proches et synonyme » ajoutant d’un ton décidé « Si Ado n’est pas vigilent ils vont le sauter vite fait, eux tous gesticulent chacun de leur côté mais son avant tout unis surtout quand il s’agit de tout mélanger ici, nous autres qui avons fait de longues et difficiles études, on veut plus les voir ». Pour Ibrahim, jeune comptable, la Fesci doit être un mauvais souvenir et tout doit être fait pour que s’impose la voie de la compétence : « L’heure est désormais à la compétence, sous Gbagbo c’était du n’importe quoi, tu pouvais briller même en étant nul tellement le niveau était bas, certes pour le moment c’est pas encore ça mais on attend qu’Ado nous sorte son équipe, il l’a promis d’ici la fin de l’année après les législatives ». Sonia, jeune ivoirienne de 25 ans en recherche d’emploi, venue assister sa sœur dans son commerce de vente de nourriture sur le bord de la chassée, regarde quant à elle l’évolution de la situation avec fatalité : « J’ai l’impression que pour le moment on soit libéré de tous ces mouvements qui ont gâté notre pays, y’a eu trop de morts ici à Yopougon et beaucoup de fescistes ont péri dans les combats, ils (les politiques ndlr) n’ont qu’à faire ce qu’ils veulent, nous on veut du travail car actuellement c’est dur ».
Sur tous nos sondés un seul a tenu à défendre la fesci, Serge, rencontré à la sortie d’un bar de la rue princesse et abordé alors qu’il montait à bord de sa voiture nous a avoué son désir de ne pas voir la fesci disparaître. Tout en nous avouant son passé fesciste à l’époque de Blé Guirao, nous indique-t’il, ce dernier estime qu’il est fondamental de refondre ce syndicat qu’il juge nécessaire. « Tout ce qui est arrivé à la fesci est dû à la manipulation le lavage de cerveaux des jeunes par les politiciens bien contents d’user de la naïveté et de la pauvreté de ces paumés », il conclu par ces termes avant de nous quitter : « pour ma part, j’estime nécessaire la présence de syndicat estudiantin mais nécessaire aussi que ces derniers s’inscrivent dans des démarches apolitiques et progressive pour la vie des étudiants ».
Au terme de notre travail, nous conclurons que la crainte de la critique ouverte sur ce type de sujet toujours sensible reste palpable, comme si là encore il fallait du temps pour que l’opinion soit à son tour, elle aussi publiquement libérée.
Amy, KOACI ABIDJAN
Source: http://www.koaci.com