Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Au lendemain de la cérémonie de prestation de serment du président Boni Yayi, des voix se lèvent pour s’interroger sur la constitutionnalité de l’acte du nouveau président. Certains puristes, la constitution n’a pas été respectée en son article 53 et beaucoup se demandent si Boni Yayi ne devrait pas reprendre le serment ?
« Devant Dieu, les mânes des ancêtres, la Nation et devant le Peuple béninois, seul détenteur de la souveraineté, Nous..., Président de la République, élu conformément aux lois de la République jurons solennellement
- de respecter et de défendre la constitution que le Peuple béninois s'est librement ;
- de remplir loyalement les hautes fonctions que la Nation nous a confiées ;
- de nous laisser guider par l'intérêt général et le respect des Droits de la personne humaine, de consacrer toutes nos forces à la recherche et à la promotion du bien commun, de la paix et de l'unité nationale ;
- de préserver l'intégrité du territoire national ;
- de nous conduire partout en fidèle et loyal serviteur du peuple.
En cas de parjure, que nous subissions les rigueurs de la loi ».
Voilà ce serment qu’a prêté Boni Yayi hier, conformément à l’article 53 de la constitution du 11/12/90. C’est le dernier alinéa de cet article qui cause problème aujourd’hui. « Le serment est reçu par le Président de la Cour Constitutionnelle devant l'Assemblée Nationale et la Cour Suprême» a dit cet alinéa. Mais l’observation faite des uns et des autres est que la cérémonie a d’abord été déplacée de l’hémicycle au stade Charles de Gaulle et que le parlement n’y était pas sauf quelques députés de l’opposition qui ont fait la surprise et ceux de la mouvance ce qui n’atteint pas le quorum de 42 députés.
Francis Z. Okoya, journaliste et expert en questions constitutionnelle note que sur le plan constitutionnel, la prestation de serment telle qu’elle s’est passée hier n’a pas respecté toutes les normes requises. S’il est vrai que ...l’article 53 de la loi fondamentale ayant rapport à ce sujet ne précise pas expressément le lieu où doit se dérouler cette cérémonie, il ne demeure pas moins vrai que le dernier alinéa de cet article 53 de la Constitution précise le serment prêté par le Président de la République avant son entrée en fonction « …est reçu par le Président de la Cour Constitutionnelle devant l'Assemblée Nationale et la Cour suprême ». «Robert Dossou président de la Cour Constitutionnelle était là de même que Ousmane Batoko, son homologue de la Cour Suprême. Mathurin Nago, président de l’Assemblée nationale était là de même que Antoine Dayori, 2ème Vice président de l’institution parlementaire. L’honorable Issa Salifou est venu accompagnant l’ancien président Mathieu Kérékou. Quelques autres députés ont été aperçus. Seulement ces parlementaires ne sont pas l’Assemblée nationale même s’ils en sont une émanation. Le serment devant l’Assemblée nationale induit la représentation nationale qui n'a de valeur qu’avec sa majorité c’est-à-dire au moins quarante deux (42) députés » argumente le journaliste. Il ajoute également que la Cour Suprême dans la même posture au regard de l’article 53 de la Constitution a d’ailleurs bien donné la leçon. Tous les membres de la Cour Suprême étaient présents. « Les puristes diront qu’il faille une plénière au cours de laquelle les membres de la Cour Suprême seraient présents et pour laquelle le Président de la Cour Constitutionnelle et le nouveau président de la République seraient invités, le premier pour recevoir le serment du second" déclare Francis Okoya.
Les gaffes de Boni Yayi hier…
La cérémonie d'investiture d’hier matin s'est tenue dans une ambiance très festive à Porto. Après avoir voté dans le calme le 13 mars dernier, le peuple s'est soumis à ce même principe pour que l'investiture du président élu selon la Cour Constitutionnelle présidée par Me Robert Dossou, se fasse sans à la capitale effusion de sang. Beaucoup redoutait le chaos pour ce 06 avril. Mais le génie béninois a envahi les coeurs et tout s'est passé dans une discipline catholique. Toute fois, au delà du cérémonial, on ne peut pas se permettre de faire un black out total sur certains événements qui ont survenu et qui ont quelques peu saboté tous les efforts consentis pour une bonne réussite organisationnelle de la fête. Le fait est que, comme en 2006, le Chef de l'Etat, chef du gouvernement, a buté deux fois en cette occasion aussi solennelle. Parlant de l'ancien président nigérian, Olunshegun Obasenjo présent à cette cérémonie et représentant le président Goodlook Jonathan, Boni Yayi a commis le lapsus de la prendre pour le représentant du président de la République Fédérale d'Allemagne. Comme si cela ne suffisait pas, il s'est totalement confondu en invitant l'assistance à observer une minute de silence en la mémoire de ''Ouinsavi" (ministre du Commerce de son gouvernement) dixit-il, au lieu de Copnceptia Houinsou, ancienne présidente de la Cour Constitutionnelle. Celle-là même qui l’a proclamé président e la République en 2006. Mais avant ces grosses bourdes, il faut rappeler que la fameuse cérémonie de ''lâcher de colombes''. L’innovation de cette investiture a tourné au ridicule, car les oiseaux lâchés ont refusé de volé. Ils ont plutôt préféré accoster au sol donnant ainsi le signe que la paix tant souhaité risque de ne pas être au rendez-vous de ce nouveau quinquennat.
Banquier et économiste de formation, Boni Yayi est à la tête de la République du Bénin depuis Avril 2006. Les expériences acquises dans les différentes institutions financières sous régionales notamment à la Bceao, à la Boad, avec un passage à la cellule macro économique de la Présidence de le République au début des années 90 lui ont permis de donner un nouveau souffle à l’économie Béninoise à son accession au Pouvoir en 2006. En cinq années (2006-2011) à la tête du Bénin, Boni Yayi relancé l’économie de son pays et repositionné le Bénin dans le concert des nations.
Réélu Président du Bénin avec 53,13% des suffrages exprimés lors des élections de mars 2011, YAYI Boni prête serment ce jour à Porto-Novo, devant l’Assemblée Nationale, la Cours Constitutionnelle et la Cours Suprême. Homme bourré d’ambitions, Yayi Boni est prêt à réengager de profondes réformes avec un accent sur l’assainissement des finances publiques.
Sékodo, Koaci.com Cotonou
Source: http://www.koaci.com