Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
En plus de l’ultimatum donné aux agents grévistes de l’administration de ce jour dans un message à la nation, le président de la République s’est rendu lui-même au ministère de la fonction publique ce mardi matin pour aller intimer l’ordre à ces derniers de travailler. Pour le président Boni Yayi, ce mot d’ordre de grève annoncé, d’où qu’il vienne et lancé à partir de ce mardi 14 juin 2011 est totalement illégal et irrecevable.
Ce début de semaine est chaud dans les administrations publiques du Bénin. En délivrant son son message hier, le président Boni Yayi armait ses ministre à agir contre les grévistes. «J’ai décidé, sans remettre en cause la liberté syndicale, de mettre un terme au désordre. C’est pourquoi, tous les ministres ont été instruits de relever dès le mardi matin à 8 heures les noms de tous ceux qui ne seront pas à leur poste de travail. Ces derniers auront ainsi pris leur responsabilité et je prendrai les miennes» a-t-il déclaré. Mais ce matin, c’est lui-même qui a pris son bâton de pèlerin pour sillonner quelques ministères afin de constater de ses propres yeux les administrations défaillantes du fait de la grève déclenchée depuis le 30 mai 2011 et reconduite pour 72 heures à partir de ce mardi 14 juin 2011 par les Secrétaires généraux des ministères de l’administration publique qui ne démordent pas. En effet, protestant contre la politique de deux poids deux mesures dont fait preuve le gouvernement dans l’attribution de l’indice de traitement salarial de 1.25 % aux agents du ministère des Finances, des secrétaires généraux des ministères de l’administration réunis au sein de la Coalition des organisations syndicales de l’administration publique (Cosynap), ont invité le gouvernement à leur accorder l’indice de traitement salarial... Ils estiment que c’est par cet acte que le gouvernement pourra réparer l’injustice qu’il a créée. « Plus qu’une injustice. L’acte posé par le gouvernement viole la constitution béninoise et les textes de la convention internationale de travail en matière de rémunération des agents du secteur public. S’il nous accorde les 1.25 %, il va mettre fin à l’injustice sociale » a indiqué le coordinateur de la Cosinap, Marcellin Bidossessi Sassé. Malgré les appels à la patience et à la trêve lancés par les représentants du gouvernement, ces syndicats des ministères n’entendent pas baisser la garde. Ils ont décidé de paralyser pour 3 jours les activités de l’administration publique.
« Je vous le répète, mes chers compatriotes travailleurs, ce mot d’ordre de grève annoncé, d’où qu’il vienne et lancé à partir de demain mardi 14 juin 2011 est totalement illégal et irrecevable ; il est contraire à l’éthique et à la morale sur la base des décisions consensuelles qui ont été prises à l’issue de la dernière rencontre et validées par vos propres centrales et acceptées par le Gouvernement en dépit de la protestation des partenaires techniques et financiers» se désole Boni Yayi.
Pour Boni Yayi, le Gouvernement, Conscient des responsabilités qui sont les siennes ne saurait concéder la moitié de la richesse nationale aux seuls fonctionnaires qui ne représentent que 1 % de la population nationale privant ainsi la majorité de nos pauvres populations déjà écrasées par la misère du bénéfice de la richesse nationale à travers la réalisations des infrastructures communautaires dans les domaines de la santé, l’éducation, l’agriculture, les routes, les pistes rurales, l’eau potable et l’électrification rurale, etc… Le Gouvernement ne saurait cautionner la paralysie du développement de nos communes. «Dans le contexte actuel de notre pays où plus de 50 % de notre population est constituée de jeunes sans emploi, l’on devrait privilégier l’investissement et la promotion de l’emploi décent au détriment de la consommation » note-t-il.
Le chef de l’Etat avoue que les arriérés salariaux d’un montant global de 180 milliards de FCFA dont son Gouvernement a hérités à ma prise de fonction en 2006 ont été entièrement apurés sous diverses formes pour tous les engagements arrivés à échéance. «Je puis donc dire sans me tromper que, au jour d’aujourd’hui, le Gouvernement ne doit rien aux Agents Permanents de l’Etat ; le contribuable béninois non plus. Pour ainsi dire, le Bénin est l’un des rares pays de la sous-région à ne pas devoir aux agents publics, ce qui démontre, si besoin en était encore, de la sollicitude de mon Gouvernement à l’égard des fonctionnaires surtout en cette période de crises multiformes. Non seulement le Gouvernement ne doit rien en matière salariale mais il a surtout contribué à améliorer le pouvoir d’achat des Agents de l’Etat avec la prise en compte de nouvelles mesures suite aux nombreuses revendications qui ont été exprimées. En raison de toutes ces actions, les dépenses de personnel de l’Etat se sont sensiblement accrues, passant de 135 milliards de francs CFA en 2006 à 270 milliards en 2011, soit une augmentation de 100 % » affirme Boni Yayi visiblement fâché contre les fonctionnaires.
Sékodo, Koaci.com Cotonou
Source: http://www.koaci.com