Le Mouvement d’Intérêts Politiques d’Actions pour l’Afrique (MIPAA) aspire à un mieux être social et pour un développement harmonieux du peuple africain à travers une paix durable. Parole de F.R.
Incontestablement la différence entre la place occupée par les instances sportives asiatiques et celles africaines est énorme. L'avantage allant évidemment plus à l'Asie qu'à l'Afrique, dont le retard ou plutôt la régression sur tous les plans n'en devient que plus inquiétant.
Le fait de disposer de cinq sélections africaines au cours de la coupe du monde ferait sans doute grincer des dents ceux qui considèrent que tout va pour le mieux dans le continent dans le domaine des sports en général et du football en particulier. Mais le nombre n'est pas forcément synonyme de qualité et encore moins de crédibilité, et ce n'est pas faute des formations ponctuellement présentes au quadriennal rendez-vous planétaire, sinon rien n'expliquerait cette présence autrement que par leur qualité sportive, mais plus particulièrement les instances nationales dont ils sont les ambassadeurs.
Contrairement au continent asiatique, celui africain fait trop souvent l'objet d'une actualité brûlante qui n'est pas forcément liée à la corruption, même si cette tare est présente chez un grand nombre de dirigeants africains d'abord au sein de leur propre fédération et ensuite dans celles continentales ou intercontinentales où ils sont, heureusement ou malheureusement c'est selon, les plus visibles et donc les plus faciles à confondre...
Pourtant avant que ne soit connue la confédération asiatique, l'Afrique, du fait de son statut d'ailleurs de continent entièrement colonisé, disposait déjà, quoique par procuration, de lettres de noblesse en la matière compte tenu de son statut, à son corps défendant forcément, d'essentiels fournisseur des pays européens, et plus particulièrement la France, de footballeurs de génie.
En obtenant l'augmentation du quota de sélections appelées à disputer la Coupe du monde, le continent africain est toutefois parvenu à rectifier la trajectoire d'une politique à contre-courant aussi bien de la loi du nombre que de la valeur de ses hommes, notamment ceux qui expriment leurs talents sur un terrain de football. Il est vrai tout aussi que cet avantage traîne derrière lui une odeur de soufre en ce sens qu'il ne justifierait que l'alignement du continent africain aux intentions de Sepp Blatter de se porter candidat pour la première fois à la présidence de la FIFA. Et c'est quelque part cette allégeance de certains pays d'Afrique noire aux relents coloniaux qui semble autoriser la fédération internationale à autrement considérer les pays de l'ensemble du continent, d'autant plus que plusieurs de ses dirigeants qu'ils ont dans les sphères politiques et/ou sportives ne font pas dans la discrétion en matière de corruption et d'addiction à d'autres moeurs sordides.
Des tares qui n'épargnent d'ailleurs pas la confédération asiatique de football sauf que ses dirigeants ont vite fait de comprendre que la discipline ne saurait survivre sur le continent du seul fait de sa pratique. Le football est, dit-on, l'opium du peuple. Les dirigeants sportifs des pays d'Asie ont rapidement saisi la dimension du challenge. Il y avait nécessité d'importer tout ce qui se faisait ailleurs. D'où d'abord l'apport de joueurs étrangers illustres au crépuscule de leur carrière, la réalisation de stades de football qui vont avec, l'hypermédiatisation d'abord locale et ensuite internationale notamment par l'organisation ou l'accueil de jubilés qui ne veulent rien dire ou des rencontres d'exhibition qui coûtaient une fortune au pays organisateur mais aux dividendes publicitaires plus que considérables.
Passé ce stade, des pays comme Qatar vont littéralement lancer une OPA sur tout ce qui touche au football à l'étranger et plus particulièrement en accaparant le monopole de la retransmission télévisée de l'ensemble des championnats du globe et, ce faisant, s'introduire dans tous les rouages du monde du spectacle, voire du showbiz. Autrement dit dans le monde de la finance, lequel tient en otage la politique.Serait-il vraiment sérieux de voir une Afrique tellement moins fortunée pour ne pas dire quasiment pauvre réaliser une telle performance. Encore moins les dirigeants de ses instances sportives nationales, des dirigeants très souvent installés par le fait du prince.
Autrement dit à l'image de ceux à la limite de la caricature qui dirigent le pays lui-même. Est-il alors besoin de rappeler ce qui se passe dans une majorité de pays agités par la guerre civile ? En fait, l'Afrique demeurera l'éternelle spectatrice de l'évolution du football dans le monde. C'est plus que certain. L'Afrique du Sud a obtenu l'organisation de la dernière coupe du monde, en réalité non pas dans le cadre d'une rotation géographique selon un calendrier proportionnel au nombre de chaque continent membre de la FIFA, mais plutôt pour des raisons politiques dans lesquelles la personnalité de Nelson Mandela à ce rendez-vous a beaucoup pesé. Quant à Qatar 2022, ce n'est ni plus ni moins qu'une question de fric. La cause était entendue bien avant et l'histoire un jour révèlera le dessous des cartes.
A. Lemili
Source: http://fr.allafrica.com